ARAIRE


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ARAIRE

Je t’écho bue

à la brouette du Mékong

ce jour ceint de Marguerite tropicale

Dans la cabane le cheval se tient plus

il réclame à la fourche

la paille qui fait chalumeau

D’un seau

je puise le souffle réclamé par l’accordéon et le vanne populaire

C’est araire qu’il nous faut.

Niala-Loisobleu – 22/11/19

2 réflexions sur “ARAIRE

  1. Pelouse / Claude-Michel Cluny (extrait)

    Vous devriez savoir que je laisse toujours mes yeux dans les arbres
    Attentifs sur les tiges de la menthe, ou dans la verte lumière du thé
    Cela me gène un peu quand je vais à la ville mais c’est vous que je veux voir rêvant sempiternel sur votre pelouse
    Grand lit d’asphodèles et de fleurs du Chili qu’épient le soir les naissantes étoiles du lynx
    Et je guette ce geste qui laisse paraître que vos seins s’ennuient….

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    • LES COLLINES
      PAR GUILLAUME APOLLINAIRE
      Guillaume Apollinaire
      Au-dessus de
      Paris un jour
      Combattaient deux grands avions
      L’un était rouge et l’autre noir
      Tandis qu’au 2énith flamboyait
      L’éternel avion solaire

      L’un était toute ma jeunesse
      Et l’autre c’était l’avenir
      Ils se combattaient avec rage
      Ainsi fit contre
      Lucifer
      L’Archange aux ailes radieuses

      Ainsi le calcul au problème
      Ainsi la nuit contre le jour
      Ainsi at taque ce que j’aime

      Mon amour ainsi l’ouragan
      Déracine l’arbre qui crie

      Mais vois quelle douceur partout
      Paris comme une jeune fille
      S’éveille langoureusement
      Secoue sa longue chevelure
      Et chante sa belle chanson

      Où donc est tombée ma jeunesse
      Tu vois que flambe l’avenir
      Sache que je parle aujourd’hui
      Pour annoncer au monde entier
      Qu’enfin est né l’art de prédire

      Certains hommes sont des collines
      Qui s’élèvent d’entre les hommes
      Et voient au loin tout l’avenir
      Mieux que s’il était le présent
      Plus net que s’il était passé

      Ornement des temps et des routes
      Passe et dure sans t’arrêter
      Laissons sibiler les serpents
      En vain contre le vent du sud
      Les
      Psylles et l’onde ont péri

      Ordre des temps si les machines
      Se prenaient enfin à penser
      Sur les plages de pierreries
      Des vagues d’or se briseraient
      L’écume serait mère encore

      Moins haut que l’homme vont les aigles
      C’est lui qui fait la joie des mers
      Comme il dissipe dans les airs
      L’ombre et les spleens vertigineux
      Par où l’esprit rejoint le songe

      Voici le temps de la magie
      Il s’en revient attendez-vous

      A des milliards de prodiges

      Qui n’ont fait naître aucune fable

      Nul les ayant imaginés

      Profondeurs de la conscience
      On vous explorera demain
      Et qui sait quels êtres vivants
      Seront tirés de ces abîmes
      Avec des univers entiers

      Voici s’élever des prophètes
      Comme au loin des collines bleues
      Ils sauront des choses précises
      Comme croient savoir les savants
      Et nous transporteront partout

      La grande force est le désir
      Et viens que je te baise au front
      O légère comme une flamme
      Dont tu as toute la souffrance
      Toute l’ardeur et tout l’éclat

      L’âge en vient on étudiera

      Tout ce que c’est que de souffrir

      Ce ne sera pas du courage

      Ni même du renoncement

      Ni tout ce que nous pouvons faire

      On cherchera dans l’homme même
      Beaucoup plus qu’on n’y a cherché
      On scrutera sa volonté

      Et quelle force naîtra d’elle
      Sans machine et sans instrument

      Les secourables mânes errent
      Se compénétrant parmi nous
      Depuis les temps qui nous rejoignent
      Rien n’y finit rien n’y commence
      Regarde la bague à ton doigt

      Temps des déserts des carrefours
      Temps des places et des collines
      Je viens ici faire des tours
      Où joue son rôle un talisman
      Mort et plus subtil que la vie

      Je me suis enfin détaché
      De toutes choses naturelles
      Je peux mourir mais non pécher
      Et ce qu’on n’a jamais touché
      Je l’ai touché je l’ai palpé

      Et j’ai scruté tout ce que nul
      Ne peut en rien imaginer
      Et j’ai soupesé maintes fois
      Même la vie impondérable
      Je peux mourir en souriant

      Bien souvent j’ai plané si haut
      Si haut qu’adieu toutes les choses
      Les étrangetés les fantômes
      F.t je ne veux plus admirer
      Ce garçon qui mine l’effroi

      Jeunesse adieu jasmin du temps
      J’ai respiré ton frais parfum
      A
      Rome sur les chars fleuris
      Chargés de masques de guirlandes
      Et des grelots du carnaval

      Adieu jeunesse blanc
      Noël
      Quand la vie n’était qu’une étoile
      Dont je contemplais le reflet
      Dans la mer
      Méditerranée
      Plus nacrée que les météores

      Duvetée comme un nid d’archanges
      Ou la guirlande des nuages
      Et plus lustrée que les halos Émanations et splendeurs
      Unique douceur harmonies

      Je m’arrête pour regarder
      Sur la pelouse incandescente
      Un serpent erre c’est moi-même
      Qui suis la flûte dont je joue
      Et le fouet qui châtie les autres

      Il vient un temps pour la souffrance
      Il vient un temps pour la bonté
      Jeunesse adieu voici le temps
      Où l’on connaîtra l’avenir
      Sans mourir de sa connaissance

      C’est le temps de la grâce ardente
      La volonté seule agira

      Sept ans d’incroyables épreuves

      L’homme se divinisera

      Plus pur plus vif et plus savant

      Il découvrira d’autres mondes
      L’esprit languit comme les fleurs
      Dont naissent les fruits savoureux
      Que nous regarderons mûrir
      Sur la colline ensoleillée

      Je dis ce qu’est au vrai la vie

      Seul je pouvais chanter ainsi

      Mes chants tombent comme des graines

      Taisez-vous tous vous qui chantez

      Ne mêlez pas l’ivraie au blé

      Un vaisseau s’en vint dans le port
      Un grand navire pavoisé
      Mais nous n’y trouvâmes personne
      Qu’une femme belle et vermeille
      Elle y gisait assassinée

      Une autre fois je mendiais

      L’on ne me donna qu’une flamme

      Dont je fus brûlé jusqu’aux lèvres

      Et je ne pus dire merci

      Torche que rien ne peut éteindre

      Où donc es-tu ô mon ami

      Qui rentrais si bien en toi-même

      Qu’un abîme seul est resté
      Où je me suis jeté moi-même
      Jusqu’aux profondeurs incolores

      Et j’entends revenir mes pas
      Le long des sentiers que personne
      N’a parcourus j’entends mes pas
      A toute heure ils passent là-bas
      Lents ou pressés ils von. ou viennent

      Hiver toi qui te fais la barbe

      Il neige et je suis malheureux

      J’ai traversé le ciel splendide

      Où la vie est une musique

      Le sol est trop blanc pour mes yeux

      Habituez-vous comme moi
      A ces prodiges que j’annonce
      A la bonté qui va régner
      A la souffrance que j’endure
      Et vous connaîtrez l’avenir

      C’est de souffrance et de bonté
      Que sera faite la beauté
      Plus parfaite que n’était celle
      Qui venait des proportions
      Il neige et je brûle et je tremble

      Maintenant je suis à ma table
      J’écris ce que j’ai ressenti

      Et ce que j’ai chanté là-haut
      Un arbre élancé que balance
      Le vent dont les cheveux s’envolent

      Un chapeau haut de forme est sur

      Une table chargée de fruits

      Les gants sont morts près d’une pomme

      Une dame se tord le cou

      Auprès d’un monsieur qui s’avale

      Le bal tournoie au fond du temps
      J’ai tué le beau chef d’orchestre
      Et je pèle pour mes amis
      L’orange dont la saveur est
      Un merveilleux feu d’artifice

      Tous sont morts le maître d’hôtel
      Leur verse un
      Champagne irréel
      Qui mousse comme un escargot
      Ou comme un cerveau de poète
      Tandis que chantait une rose

      L’esclave tient une épée nue
      Semblable aux sources et aux fleuves
      Et chaque fois qu’elle s’abaisse
      Un univers est éventré
      Dont il sort des mondes nouveaux

      Le chauffeur se tient au volant
      Et chaque fois que sur la route
      Il corne en passant le tournant

      Il paraît à perte de vue
      Un univers encore vierge

      Et le tiers nombre c’est la dame
      Elle monte dans l’ascenseur
      Elle monte monte toujours
      Et la lumière se déploie
      Et ces clartés la transfigurent

      Mais ce sont de petits secrets
      Il en est d’autres plus profonds
      Qui se dévoileront bientôt
      Et feront de vous cent morceaux
      A la pensée toujours unique

      Mais pleure pleure et repleurons
      Et soit que la lune soit pleine
      Ou soit qu’elle n’ait qu’un croissant
      Ah ! pleure pleure et repleurons
      Nous avons tant ri au soleil

      Des bras d’or supportent la vie

      Pénétrez le secret doré

      Tout n’est qu’une flamme rapide

      Que fleurit la rose adorable

      Et d’où monte un parfum exquis

      Guillaume Apollinaire

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