CE JARDIN D’EAU VIVE


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CE JARDIN D’EAU VIVE

 

Dehors tout déverse

Peindre à la pluie d’un seul coup me prend

Seul moyen d’en faire du soleil

La mer se tourne, roule, un gémissement de baleineau, plusieurs claquements d’albatros, deux enfants surgissent, secoué d’un bord à l’autre je monte et descend, quelle écume, ça décharge et tape aux flancs, mes intestins déplient leurs bretelles, la nacre du bouton luit  en se démultipliant

Ce tango soulève, renvoie, gîte à dessaler

A la place du mât la quille prend son tour, l’hélice mouille comme un orgasme à déplacement

Le Jardin sous la Mer

en poussant le noir des eaux usées met les Neuves en service

L’Atelier a tenu parole et j’ai repris mes marques.

 

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2019

L’ARBRE QUI


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L’ARBRE QUI

L’arbre qui cache la forêt

Rien ne peut cacher la forêt, même le grand inquisiteur sent battre son coeur. La forêt est la forme absolue et amoureuse du secret, elle est totalement nue et fardée. L’éloge de la forêt ne se peut concevoir que dans l’erre d’un éloge du maquillage, dans la présentation stalkée de l’animal fard. Forêt, fractalité, fougères, filles feuilles, familiarité permanente du feu.
Il y a quelque chose d’asphyxié-cyanosé dans la pensée, des prémisses d’incendie, elle ne manque pas d’air, certes, mais, mais dans les distances de freinage erratiques du big bang, la pensée est chez elle dans les rues ensevelies de la forêt, là, dans l’enchevêtrement des lianes et des fougères de vanille, dans l’invagination brûlante des feuilles, là, dans la boue faite de nous, la pensée, semblable à la carpe miroir avaleuse des vases, la pensée bleu vase de nuit, la pensée a l’air étranglé des selles de loup. La volonté et le désir formel, comme en croupe sur les cîmes, dès lors procèdent à de tenaces commandos de vent et de cravache et de programmes de pluies pénétrantes, apportent des lois de déports et de bivouacs aux idées mutiques et déliées, et c’est, dans le phare des troncs, par le battement de coeur des branches et de l’écorce, par l’amour vif et ciliaire de l’herbe, la main tendue sur l’objet de plus haute vertu.

La forêt, c’est Abélard dans la bouche d’Héloïse, c’est l’intégralité du désir bluté d’idées dans la nytroglycérine du hasard qui médite et ne préfère aucune carte.

L’incandescence de la parole en une bouche fermée tendue à rompre.
On sucera toutes les pierres du chemin, Natacha. Non loin, dans les tremblements de voile du soleil, la petite Tania danse. Pense. Lance toute sa retenue sur la terre. Alentours le sourire de l’eau suscite Boudjema à qui les règlements d’ombre dans le bois interdisent de se retourner sur Natacha.
Il pleut tout le temps des promesses fraîches. Il boit tout le temps. Ils rient très fort de tous les bois pris. On dit bois car la forêt, qui sait ce qu’elle fait et feuillette, la forêt n’est qu’immense boire.
La forêt est soif.
Comment cacher la soif ?
Ô Natalia Bellouve.

 

 

Olivier Allain

CHALEUR PROPRE


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CHALEUR PROPRE

 

Je l’ai amadou

mise au cou du briquet

le gentil chien de bas de porte

Elle m’a dit entre Nous appelle-moi plus que Salamandre

je te briquerai le centre du lit

L’attache que j’ai depuis dans l’oeil

sort du  cornet à musique

comme La Voix de son Maître ou un sang dit de forêt

 

Niala-Loisobleu – 21/11/19

DU SOLEIL QUI COULE


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DU SOLEIL QUI COULE

A TRAVERS LA CAGE

 

J’ai du repousser le vent qui me giflait de pluie

aucun loup ne hurle

juste des grands couteaux de phares de voiture donnant la charge

Une toux en travers va falloir que je mouche autour pour garder cette différence que donne ta présence

Je me col fourré chaud serré, un renard et la fable en leur laissant le fromage tes seins pour ramage et nos mains pour seul équipage

Porté loin par la porte de ton entrejambe.

Niala-Loisobleu – 21/11/19