ET COMME  TOUJOURS


ET COMME  TOUJOURS

 

Pendant qu’il pleut cette sécheresse dans une terre assoiffée, j’ai du tuteurer la couleur des tiges tant la fadeur des fleurs faisait les yeux tristes à la rue encombrée. Le chanteur de rue enroué jetait les miettes d’un poème pour ramener les oiseaux autour du bassin . En radoub, c’est plus gros qu’un mérou le ventre d’un bateau. Et puis ça met à quai les filles de chaque port en matière de grand pavois. Que ce soit ici, à Hambourg ou ailleurs, le loueur de cerceaux en costume marin propose différents parfums. Je préfère la boîte des moins de cinq ans. Dans la courbe des bananes la vanille gousse comme une île au soleil. C’est toujours en bleu que l’on pose le nom sur la coque pour sertir les lettres de l’écume des jours. Mon premier on le baptisa Boris d’un naturel sans tabou. Le quartier-maître tenait enseigne à l’ombre du clocher de St-Germain-des-Prés. Au carré des littéraires rescapés des deux grandes-guerres. Je frissonne à ta chair de poule au contact de L4épiderme, le chat vient de se glisser entre les jambes de la chatière

Ballade du passant

Tes dents sont froides comme la neige
Enfoncées dans ma langue blessée
En allant de Marseille en Norvège
Qu’aurai-je fait d’autre que passer?
Je laisse la fenêtre entrouverte
Pour le chat et pour tous tes amis
Il y a du lait dans l’armoire verte
Et quelques tranches de pain de mie

Le chant du train est toujours le même
Quand il m’emmenait ici ou là
La bonne était toujours la prochaine
Désert de sel ou chant de lilas
Je te laisse un peu de ma salive
Mes lèvres sur ton ventre tremblant
Et plongé dans un seau de chaux vive
Mon coeur noué dans un mouchoir blanc

Tu sais le monde est partout le même
Certains bronzent quand les autres suent
Les uns mâchent des choux à la crème
Les autres du pain sans rien dessus
Faut-il serrer les poings et se battre
Pour tous ceux qui meurent en mai
Ou regarder les bûches dans l’âtre
Et chanter la tristesse d’aimer

Et tes dents froides comme la neige
Fondent très doucement pas pressées
Notre histoire fut belle mais n’ai-je
jamais rien fait d’autre que passer?
Tu finiras la chanson toi-même
Tu sais bien que mon temps est pesé
Voici l’air: il faut dire que je t’aime
Mais que je n’aurai fait que passer

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Paroles : Claude Semal
Musique : Claude Semal
Année de création : 1974

Je cherche les Eaux-Neuves comme le bruit qu’elles faisaient au Bateau-Lavoir en se préparant à sortir en Parade. Vous faites du Chagall m’a dit un illustre ignare en décapant le vernis de sa guitare. Orsay n’était encore que la gare où j’allais patiner  sans les canards. Entre les traverses l’océan s’est rapproché, La Rochelle ne traversait pas dans l’Île à pieds. Et c’est du Bois-Plage que je suis parti la première fois faire le tour du monde en vélo. Une poignée de sable dans la poche en guise de caillou. De l’ambre au poignet l’enfant va les vents. Montparno lui Delambre c’est la rue des poètes qu’il m’a construit. Autour du Luxembourg  transpire l’herbe folle où la marguerite ne détarit pas quand elle commence à prédire l’amour. Ernesto pourvu qu’il tienne , je crois que je serais capable de mentir pour pas qu’il soit renvoyé à l’école. Passera l’odeur des manifs avant que reviennent les marrons chauds. Aux carreaux des salines pourvu que la pluie bouffe pas le sel, j’ai mis une craie dans le casier pour les marelles.

Niala-Loisobleu – 11/11/19

 

Serge Sautreau (1943-2010) présenté par Guy Goffette


Serge Sautreau (1943-2010) présenté par Guy Goffette

REAJUSTEMENT


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REAJUSTEMENT

 

L’écuelle en avant le jour tire sur sur sa chaîne

juste des lambeaux de brouillard  à la surface des fenêtres

l’image que je porte sur moi de ta poitrine me sauvera de la monotonie durant son bercement solaire.

 

Niala-Loisobleu – 11/11/19