RÉVÉLATION


25beb7b4aac11fc067843f0801213171

RÉVÉLATION

 

A l’éblouie.

Douceur sans bornes à l’éblouie.

Infinie, infinie félicité de l’infime, du presque rien, à l’éblouie.

Hauteur.

Gouffre d’en haut.
Sans plafond, sans parois.
Velours plein ciel.

Harmonie, tout d’un coup.
Communauté souriante, tout d’un coup.
Le sel de la terre accède.
Le sel de la terre voit le miel.
Le sel de la terre

enfin

goûte

le miel.
Enfin touche le ciel.
Enfin se sait ciel.

Plus personne, en félicité, personne.

Rien que le cœur,

le vaste cœur

qui voit plus ample,

qui bat plus souple,

qui brûle-pleure,

qui part en joie, joie, joie.

Rien que le cœur, rien qu’une aile qui va.

Et il s’en va,
Tchaboudouradj, il s’évapore

dans l’infime infini, dans l’inentrevu.

Son verbe, son épée à concepts — plus besoin, plus

besoin dans la hauteur, dans la hauteur hors plafond, la hauteur sans parois où erre librement, non cloué à la sensation, aux pseudo-socles, aux lubies de la faim, le sel de la
terre qui vient goûter au ciel.

Qu’a-t-il à faire,
Tchaboudouradj, dans cet envers,

dans ces coursives,

dans ce repli de soi où l’univers accomplit des féeries

qu’un dieu comme lui évite de regarder en face, histoire

de ne pas aller se distraire,

de ne pas aller s’abstraire de l’histoire?

La liberté, l’hannonie dénouant les extases, lui.
Tcha-boudour, n’en vient-il pas, n’en revient-il pas depuis sans cesse,

depuis toujours?

Il s’en va,
Tchabou,

il disparaît au revers de la transe,

sur l’autre versant,

dans le tunnel-histoire,

là où il faut chercher, chercher sans fin la iin,

la fin des temps plombés,

des temps qui ploient, qui chutent, qui creusent.

Au-delà, du côté du soleil, du côté d’avant le soleil,

où la lumière crée le soleil :

Plein velours de l’instant

Infinie, infinie félicité de l’infime.

Éclaircie hors mirage.

A jamais désormais, à jamais.

Jusqu ‘au sommet central de. l’intérieur d« tout »

Fluide ébène, cette cascade,

et le courant

et l’onde de choc :

tout est dedans, même le dedans, même le non-lieu —

dedans, même l’histoire qui tombe au dehors

comme la neige. »

Hauteur, hauteur sans socle.

Flèches de feu,
Météores. Étoiles filantes.

Comètes en ubiquité.

Spirales simultanées du cri et du lasso.

Criquets, grillons au bord des braises, grésillements.

Quelle beauté, chuchote-t-il,

que ces fusées dans les coulisses du son !

Quelle beauté, ces torpilles !

Et sel, sel à crier soleil, sel à se taire au pied de l’arbre.
Sel pour eden à ciel ouvert.

 

Serge Sautreau

Je pense à elle tous les jours – Michel Jonasz


334fdd3a7c1eb8a95d3050905504aad3

Je pense à elle tous les jours – Michel Jonasz

Elle me poursuit sans relâche
avec son odeur de gouache
et de neige que j’aimais tant
(bis)
Toujours à la même distance
je peux sentir sa présence
qu’est ce qu’elle veut qu’est ce qu’elle attend
Un faux pas une maladresse
un léger malaise une faiblesse
et que je l’appelle au secours
(bis)
Viens ma belle sors de ta planque
viens me voir viens tu me manques
et je pense à toi tous les jours
Quand on est môme on s’attache
tous les deux on joue à cache-cache
tous les deux on joue comme avant
(bis)
Avant le
Michel Jonasz
Pile au moment où elle se passe le doigt sur les lèvres
le chat file dans son couloir
on est un manège sauf en bois
les fleurs qui lui tiennent les hanches
rentrent plus loin dans mes ongles
pris de souffle
j’ai plongé dans la capsule de son scaphandre
L’outremer fait tache d’huile
Nous voici au coeur de l’île sous le beff
tous les deux on joue la bête à deux dos
Avant que les zoos aient bouffé la viande qui reste vivante
la rue de Siam nous rade en Brest
Barbara qu’elle s’appelle…
Niala-Loisobleu – 10/11/19

MATIERE ORGANIQUE


67ca8c27af573cd6c1525d2f58b069e5

MATIERE ORGANIQUE

 

Restée au creux de la dalle sur lit de débris de vent, l’eau frissonne

les traits d’un visage ouvrent l’oeil sur le passage d’une immobile pensée tenue à deux mains par l’anse du panier de baie

les heures renouvellent  la résistance  qui permet au moineau de traverser jusqu’à l’autre branche

bien qu’il n’y paraisse ce n’est pas la même eau qui vient avec la vague mais l’inépuisable sel plus têtu qu’un espoir fondu

 

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2019

LA MAISON DE NUIT D’UN RÊVE


74bc1bd90c2beae78eb4a9bc56bd92ad

LA MAISON DE NUIT D’UN RÊVE

 

Si noire était la nuit que la plaque de rue avait disparu et le numéro avec. Cependant passé le seuil, plusieurs indices rassemblaient assez de reconnaissances pour rappeler qu’on avait vécu là en d’autres temps. La hauteur de la salle d’eau surprenait de par son importance, sans doute parce que l’eau qui tombait abondamment passait par le haut. Nous étions quatre à nous être réfugiés à l’intérieur. Comment était-il possible de penser à un refuge vu le désastre causé par l’orage. Il aurait  été plus sage de rester dehors. Pourtant cette force qui prenait pouvoir de maintenir devait être en rapport avec une nécessité première. A part moi et une femme, les deux jeunes enfants semblaient indifférents. Comme s’ils avaient été dans le rêve sans qu’on sache pourquoi. En fait comme dans toutes les histoires normales, il doit y avoir des gens qui n’ont rien à y voir mais qui rentrent. Des fois on ne pourrait croire qu’on vit toujours un rêve. Est-on vraiment en train d’imaginer où est-ce de vrai ? En tous cas cette maison prenait l’eau et pas par hasard. Handicapé et marchant avec difficulté je cherchais l’écope sans succès.  Le courant en prenant de la vitesse à tout renversé sur son passage, la femme et les enfants, j’ai reconnu le motif du carrelage au moment où tout a disparu dans l’entonnoir.

Niala-Loisobleu – 10/11/19