Rue De La Grange-aux-belles – Jean-Max Brua


8330c55474411e15437f2896ad3c833a

Rue De La Grange-aux-belles – Jean-Max Brua

Les rêves s’accrochent aux crépis
Quand les murs-tombes sous la pluie
Dégrafent leurs masques de suie
Il pleut, il pleut rue de la Grange-aux-Belles
Où s’achève l’après midi
En cette saison l’heure est brève
A Saint-Nazaire ils sont en grève
Il pleut rue de la Grange-aux-Belles x2Le jour ressemble à peine au jour
Il se fait des soucis de vieux
J’ai des aurores dans tes yeux
Il pleut, il pleut rue de la Grange-aux-Belles
Où les chats tournent dans les cours
Athènes se tait dans ses murs
Le pain de mes frères est bien dur
Il pleut rue de la Grange-aux-Belles x2

Mort je ne bougerai plus de moi
De moi qui reviens du soleil
A travers l’eau de ton sommeil
Il pleut, il pleut rue de la Grange-aux-Belles
A Burgos on a eu si froid
Nos frères sont à Santiago
Ils ont tiré le vin nouveau
Il pleut rue de la Grange-aux-Belles x2

La la la la ……
Soleil, soleil, soleil, soleil
A Saint-Nazaire ils ont gagné
L’homme ne peut plus se renier
Soleil, soleil, soleil, soleil
Athènes se produit dans l’ombre
Burgos est ce bateau qui sombre
Aux mains d’un capitaine fou
A Santiago ils sont debout
A Santiago ils voient le bout
Ils vont faire un monde pour nous
Nous ferons ce monde avec eux
Un monde aussi grand que tes yeux

Jean-Max Brua

QUE D’EAU


QUE D’EAU

Des mots qui battent aux vitres

Leurs lettres zigzaguent, abattus par la violence du vent atlantique

La houle roule la chair à vif

Gonflant les lèvres fourchues d’un désir qui cherche où s’accrocher

Dans la diagonale du creux apparaît et disparaît l’isthme de chair où la réalité se noie.

Niala-Loisobleu – 19/10/19

FAUCHAGE


P1050999

 

FAUCHAGE

 

Un long couloir piqué de portes closes  psalmodie dans la pénombre

sous les pas perdus une moquette aptère tente de s’élever

L’escalier tourne à l’angle du palier où un canapé dévoré par les poux s’enflamme

Tango insufflant au bandonéon de lever le corps meurtri

Le virage écarte le train et la maison blanche disparaît dans le tunnel

Quand le coq tire l’aube, le cheval debout depuis longtemps est déjà en train d’extraire la vision prophétique du vent d’autan

Le sol va saigner

On voit le couteau libérer les eaux de la mer parturiente.

 

Niala-Loisobleu – 19/10/19

VERTITUDE


P1050890

VERTITUDE

Seins plantés sur le fond, la proue drague en corps l’horizontal décor pour chasser les ensablements masquant le sédiment marin originel

Limon Bleu

La marche féconde rabote  les ans pour extraire des ensablements la nature primordiale

Le cheval cherche au départ de la virginité

L’écorchure se fait vive

La sensibilité refuse d’être conduite en désuétude

Et boute la déviance hors du trait de sa flèche

A qui s’adresser si ce n’est à sa propre sève ?

On ne remonte pas à partir d’un haut de cartes ou de dominos

Le Tout se tient en racine solidement au bas

Les silences alors ruent à garder que l’eau pure aux caniveaux.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2019