Couvent des Récollets


 

Couvent des Récollets

Rue d’Angoulème – 16100 COGNAC

Salle Marvaud

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NIALA

« L’EPOQUE 2019 »

Du 21 Octobre au 2 Novembre 2019

(Fermé Vendredi de Toussaint)

Vernissage le Mardi 22 Octobre à partir de 18 heures

Ouvert sans interruption de 9h30 à 19 heures

 

Solitude des latitudes – Gérard Manset


Solitude des latitudes

Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps.
Solitude
Ce soir te quittera.
Solitude,
Solitude.
La nuit semble douce et magique,
Ça ressemble aux Amériques,
Ce qu’on lit quand on est enfant,
Belliou-la-Fumée, Croc blanc.
La nuit semble douce et tranquille
Mais tu trembles, que t’arrive-t-il?
Solitude et feu qui s’éteint,
Coup de feu dans le lointain.
Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps.
Solitude
Ce soir te quittera.
Solitude des longitudes,
Solitude.
La nuit semble douce et tranquille.
Ça ressemble
Gérard Manset

TRAIN D’EN FAIRE 


image1-azaleeTRAIN D’EN FAIRE

 

J’ai voyagé dans ta cage d’escalier en glissant sur la rampe, halluciné par la boule en verre du rez-de-chaussée interdisant toute catatonie. Es-tu Irma, se dit-on au lancement du 7° étage, pour avoir cette envie de lire si profondément en moi ? Tout s’accélère dans la courbe du mi-parcours en un derviche mammaire à perdre l’équilibre. J’ai vu l’aréole en traversant le vignoble bordelais. Il ne m’en reste que l’impression d’avoir vu double. La vitesse approchait du son et le mur avec. Comment ai-je fait pour me retrouver à la place du machiniste, ne me posez plus de questions subalternes, je n’ai d’yeux que pour le tunnel qui grossit à l’orée d’une forêt si touffue que tu te dis si je tamponne ça doit amortir . Aucun lampiste n’agite de lanterne sur la voie, ça va de plus en plus vite. Le phare d’Alexandrie pointe mon bas-ventre faisant surface sans ralentir. De chaque côté de la voie, un panneau clignote Joyce Mansour, tiens j’arrive aux catacombes du Caire me dis-je.

C’est  là que je me suis réveillé, trempé de sueur, dans le lit, la chatte s’était pelotonnée sur mon visage et ronronnait à un rythme de rave partie. Ouvrant les yeux j’ai vu l’oreiller voisin couvert d’un ébouriffement capillaire. L’Atlantique est en période de tempête, sortons doucement, fut la première pensée qui me vint à l’esprit, le train roule en corps et l’air est chargé de projectiles, les averses et les tuiles avec et les branches avec les troncs, ça recommande une conduite attentive. Devant l’établissement scolaire un groupe d’enfants hilares me dit bonjour en se tapant les côtes. Ce n’est que beaucoup plus tard en sortant du cours d’hist-gé que je compris le beau de cette nuit de première fois en découverte du Nil.

Niala-Loisobleu – 18 Octobre 2019