FACE A FACE


91587c393c189439fdc325803cb65d6b

FACE A FACE

J’étais arrivé à la chambre. Par la fissure des volets un soleil étrange repoussait la pluie. Contrevent et marées. Pince la guitare . Ce n’est ton corps que j’aperçus, c’est celui d’une poupée modelée en Vénus au mont chauve. Pourtant quelque chose de précieux me colla une image reliée à ton enfance. J’en compris la signification en découvrant le mouvement évocateur de la fleur respirée. Au sein se forme le tracé de la rencontre dont le regard précise l’endroit sans le nommer. Oui c’est bien le cri de l’oiseau que tu as reconnu, quand le chèvrefeuille  a tremblé, laissant s’envoler son parfum subtil parfaitement reconnaissable dans ce désordre insensé. Tu m’as dit ton enfance préservée par la balançoire. J’ai senti sa présence  restée utile dans les débordements actuels. Alors je suis entré dans cette jarretière comme pour couper un sort au retard. Sans sortir, j’ai tiré ta main pour ouvrir la lumière. Des murs nous vîmes un jardin s’installer à l’est de la maison. Le banc face à la mer se trempait. C’est là à cet endroit que je veux l’Arbre à Soie. Je n’ai plus eu qu’à tirer la nappe par un coin. Le médiocre s’est enfoui en courant, en voyant la robe sur la margelle du puits. L’enfant a eu la parole toute à lui.

Commencer alors sa conversion

jusqu’à le mettre fermement debout

comme un arbre ou un amour en éveil

et changer l’horizon en verticale

en une fine tour

qui nous sauve au moins le regard,

vers le haut, ou vers le bas .

 

Roberto Juarroz

 

La grange était grande ouverte, le cheval y a poussé assez de soleil pour aérer le lit de paille.

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2019

8 réflexions sur “FACE A FACE

  1. Il nous vient un jour un coeur dans la poitrine et l’on se met à étirer la peau des choses…Je crois que c’est ce qu’elle veut la balançoire, étirer la peau des choses pour comprendre, elle n’est pas consolation, elle est élan vers l’essentiel, banc méditatif où verser un vertige vertical…De la fleur on caresse à la fois l’Arôme et le cri…Il me semble y avoir découvert simultanément la chose et son contraire et j’ai volé quand j’ai compris alors que tout était dans tout…

    Aimé par 1 personne

  2. J’avais un corps

    et une vision

    tout ce qui prépare à être

    que je transportais d’un pont

    à l’autre en bandoulière

    pour les suspendre à la parenthèse honnête

    d’une poitrine propre et lunaire.

    J’étais debout

    dans l’espace précaire

    qui avait privé les jardins du simple nécessaire

    déroulant sa blessure sonore et vaste

    entre l’os et la peau et sur l’effort

    qu’accomplit le sang dans le contraste

    de la veine.

    J’avais des mains encore

    pour réconcilier l’exactitude et l’instinct

    la fin du jour et son lendemain.

    Et pour m’enrouler quelques heures au front nu

    d’un matin de nids et de laine

    j’avais la joyeuse insolence du liseron têtu.

    Barbara Auzou.

    Aimé par 1 personne

Vos commentaires seront toujours les bienvenus

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.