NOTRE CLOSERIE


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NOTRE CLOSERIE

 

La discipline de notre vannerie aidant, la clôture est de tresse morale. Ma, toi tu sais au naturel qu’habiter ensemble  pour raison d’amour ne s’exhibe sous aucun prétexte. Les murs peuvent être la grande toile de tes seins en vol, la végétation luxuriante de ton amazonie fertile, la chute de tes reins sur deux rochers en sable blanc d’un inviolable bord de mer transparent, eaux limpides en caresses d’une innocence permissive dévoilant le cru des laves. Tout comme dans les plongées sous-marines mon périscope monte  à ta vue. L’arbre est soie, la menthe à large feuille , les tomates à chien et le gibbon une des parades de l’aube. Entendez les effusions volatiles  comme le souffle clair d’une respiration sans encombres asthmatiques. La Closerie n’est pas un club échangiste qui ferait vitrine pour sa promotion.

L’âme du poète couvre tout, autour de ses chemins surréalistes sortant des terres incultes, à l’écart des déserts médiocres. Les Citées Enfouies sont à l’inverse des Titanic des lieux vivants et non des épaves à musique et table du commandant vacante.. Il faut aborder la Légende pour sa Traversée. Ses joies comme ses souffrances, puisque l’un dépend complètement de l’autre.

Le Beau ne peut être caché

Cela n’entend pas qu’on puisse le piétiner à loisir avec ses sabots boueux.

 

Où te chercherai-je

Si je n’ai la clef

Des mille serrures ?

Sous la mer qui bat

Comme un cœur dément

Ou bien dans l’écume amère des nuits ?

Comme une racine

Qui surgit des vagues

J’aurai cru parfois

Pouvoir te saisir

Mais le souvenir

De nouveau s’efface

Sous l’eau la plus vide.

Il me restera

De croire au matin

Contre tout espoir

D’être cet enfant

Qui apprend à vivre

Et qui tient sa lampe

Comme une fleur triste

Battue dans le vent.

Hélène Cadou

 

Est-il un matin que l’on a bordé la veille, qui malgré nous, ne peux se tordre le pied en se levant , Non. Chaque existence trouve thérapie dans l’échange. Donner ne doit pas pour autant devenir synonyme de prendre.

Niala-Loisobleu – 16/10/19

 

3 réflexions sur “NOTRE CLOSERIE

  1. C’est vrai qu’il y a dans certains corps sur certains visages cette aura particulière faite d’un intime qui fascine le regard dans un premier mouvement (je me suis retournée parfois sur des êtres qui dégageaient cela) et appelle au silence contemplatif tout de suite après…Contemplatif et introspectif également…Et alors il ne s’agit pas tant d’une volonté de montrer, ça sort tout seul…C’est en face qu’il faut accueillir cette aura avec humilité et réfléchir à cette entière façon d’être au monde…
    Comprendre le bouquet soudain qui vous dit que plus jamais vous ne serez seul au monde quelle que soit la vie et son grand chariot de contingences…C’est ça le visage magnifique d’Hélène âgée..Ce n’est pas: j’ai aimé et j’ai été aimée…C’est : « je suis l’amour »…

    Le Poète

    « Celui qui s’en allait

    Celui qu’on retrouvait tous les soirs sur les quais

    Dans les désordres du langage

    Celui qui n’avait plus que sa joie pour bagage

    Et dont l’astre brûlait les registres du port

    Celui qui s’engouffrait dans les voiles du sort

    Tournant vers le matin ses paumes lumineuses

    Celui se se gardait une fin bienheureuse

    En répondant au nom de tous les condamnés

    Il est là maintenant

    Son coeur est désarmé

    Tandis que le soleil encombre les vitrines

    Il sort de longs couteaux rouillés de sa poitrine

    Penché sur l’horizon réduit du bastingage

    Il regarde

    Il n’a plus les ferveurs de son âge

    Il ne renverse plus le monde en se levant

    Tout est loin dans la rogue épaisse du levant

    Pour retrouver l’éclat des santés

    La jeunesse

    Et le grand large avec ses marées de tendresse

    La bonne odeur du jour

    Il tend les bras

    Il est certain de son amour. »

    René Guy Cadou, « La vie rêvée », in Poésie la vie entière, éd. Seghers ; 2001.

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  2. Voilà ce qu’est le sacré dans sa quintessence laïque où débarrassé de toute connotation dogmatique l’aura l’entoure et projette sans paillettes. C’est humblement grand
    Oui elle est amour Hélène
    Inutile de quérir l’appui des citations louangeuses. On s’en fout de la connaissance frileuse. La reconnaissance c’est aussi elle toute seule.
    Comme tu as raison, Ma, de préférer l’absence de likes et commentaires. Ça garde une supériorité humaine aux Cadiou.
    Vivons dans leur image, nous trouverons satisfaction dans ce que nous attendons. 💓💓💓

    Aimé par 1 personne

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