TRETEAUX LE SOIR


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TRETEAUX LE SOIR

Une maison d’oiseau sur sa branche

dans ta veste ma salle de bien

puis dans ma poche le caillou traversier

un pied sur la pédale  et le reste en danseuse

de

Médrano

petite écuyère de Chagall tournant sur ses pointes

Pendant que le do tourné, passe un nuage, le soleil se remet Barbara en platine « Quand reviendras-tu ? » dit la voix off aussitôt abattue par sa plus belle histoire d’amour c’est vous

Sans se recoiffer le triangle des Bermudes remet l’avion dans sa culotte

et le pilote dans le droit chemin du pays bleu

Un rabbin  tire le chandelier à sept-branches du pinceau et l’allume, Marc dit ça Vava

Je sors les seins balles de la veste et m’embauche chez peint d’air pour jouer avec les ours dans la parade à la loyale

Le chien noir montre qu’à son âge on peut en corps avoir du caractère

Niala-Loisobleu – 16/10/19

ENTRE TIEN EMOI 116


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ENTRE TIEN EMOI 116

La banalité de l’époque voudrait paraître qu’elle ne se montrerait pas mieux. D’où la poussée d’un essentiel se passant d’efforts. Ne rien chercher. Laisser venir pour garder l’âme des choses. Et sortir des états creux de situations vides. Les propositions se faisant admiratives ne sont destinées qu’à faire reluire le donateur. Cesser aussi de faire paraître ce qui a vu jour dans un désir d’enfant à deux. Le voyeurisme entaché par son dédain de l’intime. Depuis NOUS en début d’année plus de 60 témoins ont succédé à la barre. Le jardin est riche d’un état d’absolu qui l’appelle au secret afin de n’être pas gaspillé

Tu écris à l’imprimé du tableau, je peux te voir par le déboutonné de la veste

Ta chaise remue, bat des pieds, chauffe du coussin

De mon côté dans ce no man’s land qui précède l’expo le pinceau a la tête à l’envers et le chevalet reste attaché à l’anneau

Pourtant sous l’averse la mer chantonne, on voit les gabiers à quai et les filets qui sont en tas avec les bouées de marquage. La file des curieux fait le tour du phare, on n’y voit rien en plein jour

Je flotte dans la pensée d’un autre voyage, tu t’approches d’un temps d’arrêt attendu. De la musique en cours nous avons éteint Vianney comme une contre-référence

Où est la Bande à Bertin, compagnons de ma jeunesse

Laetitia, l’horreur, fait chaque jour la couverture, l’idole s’est pris entièrement le terrain

A  part tes seins, ce qui tombe rien ne relève la flamme chaude de l’arbre en automne

La pierre pompe de l’eau de quoi tenir les vessies hors des lanternes, ma poète quand au bout des bras j’accrocherais les Eaux-Neuves de cette Epoque, la douleur aux reins me fera sourire comme quand tu me dis de venir à toi

Les labours appellent en corps des boeufs à l’attelage

le cheval auprès de la porte dessine des fleurs pour couper le barreau des cages

J’ai la langue à la mangeoire comme un itinéraire en trace

Un tel désir de vivre nos couleurs.

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2019

 

NOTRE CLOSERIE


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NOTRE CLOSERIE

 

La discipline de notre vannerie aidant, la clôture est de tresse morale. Ma, toi tu sais au naturel qu’habiter ensemble  pour raison d’amour ne s’exhibe sous aucun prétexte. Les murs peuvent être la grande toile de tes seins en vol, la végétation luxuriante de ton amazonie fertile, la chute de tes reins sur deux rochers en sable blanc d’un inviolable bord de mer transparent, eaux limpides en caresses d’une innocence permissive dévoilant le cru des laves. Tout comme dans les plongées sous-marines mon périscope monte  à ta vue. L’arbre est soie, la menthe à large feuille , les tomates à chien et le gibbon une des parades de l’aube. Entendez les effusions volatiles  comme le souffle clair d’une respiration sans encombres asthmatiques. La Closerie n’est pas un club échangiste qui ferait vitrine pour sa promotion.

L’âme du poète couvre tout, autour de ses chemins surréalistes sortant des terres incultes, à l’écart des déserts médiocres. Les Citées Enfouies sont à l’inverse des Titanic des lieux vivants et non des épaves à musique et table du commandant vacante.. Il faut aborder la Légende pour sa Traversée. Ses joies comme ses souffrances, puisque l’un dépend complètement de l’autre.

Le Beau ne peut être caché

Cela n’entend pas qu’on puisse le piétiner à loisir avec ses sabots boueux.

 

Où te chercherai-je

Si je n’ai la clef

Des mille serrures ?

Sous la mer qui bat

Comme un cœur dément

Ou bien dans l’écume amère des nuits ?

Comme une racine

Qui surgit des vagues

J’aurai cru parfois

Pouvoir te saisir

Mais le souvenir

De nouveau s’efface

Sous l’eau la plus vide.

Il me restera

De croire au matin

Contre tout espoir

D’être cet enfant

Qui apprend à vivre

Et qui tient sa lampe

Comme une fleur triste

Battue dans le vent.

Hélène Cadou

 

Est-il un matin que l’on a bordé la veille, qui malgré nous, ne peux se tordre le pied en se levant , Non. Chaque existence trouve thérapie dans l’échange. Donner ne doit pas pour autant devenir synonyme de prendre.

Niala-Loisobleu – 16/10/19

 

Celui qui entre par hasard


Celui qui entre par hasard

Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt
II suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.

René Guy Cadou

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Toi
Dans une tour de soleil
Toi
Dans la terre
Avec mes ongles retournés

Toi
N'en déplaise aux loups
Qui cernent mon sommeil
Toi
Dans la mer
A la pelure fraîche lavée

Avec les mille doigts du bonheur
Avec le fuseau des heures enlacées
Avec les continents à la dérive

Toi
Dans la chambre où je veille
Épaule contre ma joue
Fougère qui parle dans les vitres
Arbre du sang qui me dessine
Toi
A plein coeur à pleine voix
Toi
Dans les souvenirs à venir
Pour l'enfant que nous n'avons pas.

Hélène Cadou