SEXOPHONE


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SEXOPHONE

De la base du clavier venue des grands lacs, monte la coulée fauve aux accents cuivrés

 socle d’où la forêt qui s’y est crénelée, partit en quête pour ne jamais désespérer

Tam-tam sépia à peau de bois évidé, percussion caverneuse de l’antre-asile, c’est le grand reptile à plumes à l’assaut de sa montagne, pyramide aztèque qui aborde aux brousses africaines coiffée des symboles des masques de rite

Kilimandjaro ? La colonne de porteurs noirs monte au grand fauve la lance du chasseur en main. Non pour chasser mais pour la Célébration Antique. Les doigts ont saisi l’échine à pleines vertèbres, la Femme sort du sax au moyen de son sexe instrumental

L’érotisme s’est emparé du vibrato

sa voix rauque cuissarde la tessiture, ramasse la note , la relève dans le frottis clignotant de la contrebasse complice

Venus des quatre points cardinaux des grands chevaux de trait sont attelés au contre-ut du grand-écart dans l’attente priée du supplice.

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2019

AVANT QUE


Dos tourné à la grosse horloge, tu me tiens face au large. Que de vagues meurent au bord. Il y eut un temps à albatros. Histoire courte. Puis des coucous femelles pas mieux que mâles. Le cinéma de mon quartier joue toujours mais en séances privées. Les ouvreuses tiennent l’exquis mode de l’entre acte dans le panier. Ta place est allumée au noir. Je te libère des Apaches avant le scalp. Et tu m’embrasses dès les Actualités de gens mineurs. Fini Je Interdit, tu ne mets plus de pantalon. Et moi je garde la paille de la grange pour unique chanson. Maintenant on habitera plus qu’au bord de la mer. Tu veux voir au levé ma présence pour horizon où j’ai pris une concession.

Niala-Loisobleu – 12/10/19

VÎNT L’AURORE


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VÎNT L’AURORE

Ebouriffée plus qu’un blé tourné par un vent d’orage  mais  l’oeil en coquelicot à l’éveil, je la vie.

Saurais-je me souvenir de son alphabet ? je ne peux tout dire.

Les meules venues des gerbes tressées au ventre du champ, appellent le charroi des chevaux en noria. Il semble qu’au travail en cours la gaieté dirige. Les mirlitons se sont fait enfants et le tournoiement des jupes monte au sautoir des seins plus haut qu’au Jour de la Femme. La sarabande en cuisses mêle aux poussières de moissons, la suée des corps traversés en un mélange si humain que les bombes à désodoriser se font honte. Les plus vantées se suicident, de Grasse on dépêche un Maître -Nez pour assemblage.

Le chien fait l’escalade de la butte en boucle. Sa queue au passage fauche les plantes artificielles d’un commerce qui plante ses tentes sur les parkings. Qu’est-ce que la mort fait du bon usage, me dit un faucheur de métier. Le chrysanthème est une culture japonaise qui élève symboliquement la vie.

Arrivé au bord de la rivière, devant des canards qui glissent, ta main serre un peu plus fort ma hanche. Concerto pour clarinette, nous entrons dans la chambre de concert, la lumière se fait intime, les draps se lèvent, on applaudit le Chef,

Silence

la baguette se lève, on se concentre des tripes, dans les profondeurs de la veine cave, de la fosse d’orchestre monte le levé de la beauté.

Je te tiens assise sur mes genoux, plus verte qu’un automne, le chat est prêt d’un bond, il sent avant de voir.

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2019