Celle qui avait les cheveux dans les reins » – Jacques Bertin


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Celle qui avait les cheveux dans les reins » – Jacques Bertin

 

Celle qui avait les cheveux dans les reins
Est-ce qu’elle est toujours à genoux sur ma tête ?
Est-ce que la nuit quand je dors, je rentre en son jardin
Sans m’éveiller je descends à nouveau chez elle ?Je reconnais les objets familiers un à un
Les degrés de pierre, l’étang, la resserre
Les soieries que j’aime et dont elle se vêt
La page où elle est striée de noir de dentelles

Adolescente, ô corps que j’aimais
Je pense à toi, je prépare, je rêve
La nuit revient perdue, ta main
Reste dans mon épaule aux tourterelles

Jacques Bertin

TRAVERSEE


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TRAVERSEE

 

Je lève les yeux, chausse mes lunettes, enfile les choses être et ne prendrai pas de café pour sortir de la fatigue

Le large s’étale, trois albatros tiennent l’ancre quelque part

Debout le long des chaises, tenancières d’années d’histoire (du genre à s’arrêter que d’un cou), les couleurs mises en toile comme un réflexe de marin sont une fois encore prêtes pour l’appareillage

Dans leur emballage c’est la chaleur du face à face qui leur tient la respiration

Le temps est à quai

La vague en stanby ballotte à l’anneau

et se contorsionne à partir de la nacre de l’accordéon. Le sang se court les cuisses. Au plafond la boule se pousse la gorge dans le trèfle et la luzerne.

 

Niala-Loisobleu – 10 Octobre 2019

LANGUE A FLEURS


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LANGUE A FLEURS

Au refus du mur

la vie des reins laboure

sourde aux incohérences des greffes

foulard tenant les  oreilles que le chemin veut disperser

d’un coup d’effroi

La fleur bleue insoumise fait des crans sur sa crosse

des bougies accrochées à cette flamme qui conte au boulier

Niala-Loisobleu – 10/09/19

RUADES


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RUADES

Les toits décoiffés à contre-vent

mettent à la gîte l’aplomb des quilles

Au ber debout le prétentieux domino glisse son jeu de perroquet mécanique

On aurait cru l’anse sûre, le corps-mort fiable , l’ancre indélébile, l’anneau étranger à l’infidélité si le décor de carton-pâte n’avait pris la place du solide granit

Devant la lettre fausse des lises le piano brûle la partition de la musique et des doigts mutilés par la traîtresse lèpre la corne du sabot en révolte s’oppose

Le cheval refuse les mouvements paradoxaux qui drainent en frise aux écuries d’Augias et tire d’airain à la mollesse du oui-ouisme

On ne peut être et laisser paraître au gré d’une diplomatie marieuse

Les squatteurs contaminent plus que des acariens la blancheur du lit conjugal en son ciel

Bavardages diarrhéiques ont mauvaise haleine pour le tricot de la fragrance intime du Nous. Les valétudinaires épaves à la dérive sont perceuses de coques réputées insubmersibles.

Il faut aérer la mer.

Niala-Loisobleu – 10 Octobre 2019