GRANDS FONDS 3


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GRANDS FONDS 3

Au mouillage

dans l’anse étalée

passent de blancs oiseaux

je sépare le sel de la pétrification tendue par une gorgone

Au fond des jumelles

l’étang

tient en vase

ton image dans sa position de lotus

Sur ses échasses en mimétisme

un percement bleu

déjoue la grisaille absence

j’ai ton soleil en nue-propriété ancré sur le pivot de ma tige

Niala-Loisobleu – 03/10/19

VERS L’ÎLE


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VERS L’ÎLE

Juste en m’aime tant qu’écrire la couleur d’aimer

tendreurs de peaux frottées d’aÏes sauvages et émincées de marguerite

nous allâmes en ce bord de mer étrange où on ne se noie que sur terre, pousser l’havenot  et tisser la voile os hisse et os, pavillon moire

Jusqu’à l’étoile du berger où demeure pour l’éternité ceux qui surent chanter l’amour à voix hôte

Niala-Loisobleu – 03/10/19

C’EST DU LOURD


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C’EST DU LOURD

Le matin venu

on vit que rien du cri de la nuit n’avait péri

Dans une confusion de nuages, de bruits insanes et d’ignorances multiples

Lui

l’oiseau

sur la crête du coq

vaillant

chante-clair

tenait l’aire des camionneurs en défiant le propriétaire

 

Aucun doute

C’est du lourd…

Niala-Loisobleu – 03/10/19

L’EPOQUE 2019/55 – « RÉSERVE »


L’EPOQUE 2019/55 – « RÉSERVE »

 

Voici « RÉSERVE » le cinquante-cinquième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos likes.

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L’EPOQUE 2019/55
« Réserve »
Niala
Acrylique s/toile 70×70

 

Vois

La colline grimper sur tes yeux

Et te tendre la rose nettoyée du bout des doigts

Avec son brusque parfum

Cette clarté qui s’écoule

 Est la seule chose que tu entendes

Le seul chemin heureux vers l’acte visionnaire

La haute mer d’une langue inconnue

Que tu parcours à genoux

Labiles les humeurs de la lune

Ont tenu tête à tant de nuits

Qu’elles baguent aujourd’hui

Les herbes du lac sombre

 Et font la fortune

De la cigale pourpre de tes envies

La faim du monde

Apaisée essuie son aisselle

Laissant aux branches

L’oiseau ébloui

À sa seule pensée isocèle

 

Barbara Auzou.

NAISSANCE


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NAISSANCE

Dire en couleur, le feu qui brûle plus en lueurs. Dans la trace du premier né du frottement du silex, , celui qui pour la première fois a fait reculer la nuit. Il lèche les parois humides, entre dans la caverne glaciale en la couvrant de chaleur. Un théâtre de mouvements se met à danser, pour la première fois hommes et femmes se voient  grandir sur les murs de leur propre spectacle, le son est lumière, les grognements viennent d’écrire le poème original. Des mots animaux, le dessus de la peur, l’écho organique du pouls ignoré jusque là. Ils se sentent, ils se reniflent, ils se griffent, ils se mordillent, le cri est en route. Les monstres restent au dehors, à part un bison qui s’inscrit au plafond, la main garde l’impression sanguine du mariage des peaux, fourrure contre fourrure. Les mots-peints continuent depuis des millions d’années dans l’infinie douceur du sauvage préservé.

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2019