L’EPOQUE 2019/51 LES TERRIERS 5


Voici « LES TERRIERS V » le cinquante-et-unième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos likes.

 

les terriers 5

L’EPOQUE 2019/51

« Les Terriers 5 »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

 

Bouleversé

Peut-être

Quand je vois

Fendue au jardin

La forme de ton être

Que la paix a ravie

Je me fais le témoin

De l’infini Loin

D’une illustre conquête

Sinon un besoin d’affirmation

Un élan sauvage et surpris

A l’unisson duquel je frissonne

Comme on aboie

Le répit de l’intimité a les doigts

Tendres et il y a d’eau assez

Pour baigner un verger tout entier

Toute droite sortie de la gorge du monde

La lumière coule élargie

Toujours plus en dedans

Ronde d’un possible dénuement

Que j’embrasse et que je soustrais

Rose pareil l’enfant y boit

Nos alphabets secrets

 

 

Barbara Auzou.

DERNIERE VOLONTE


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DERNIERE VOLONTE

 

Plante du pied à la pointe rouillée de l’entrave, s’ouvrir les mains aux tessons pour voir le pétale franchir le mur

A la coupe des paumes cette seule poignée d’humus  tenant la fleur hors du bouquet encarté

puis un cri d’oiseau blessé refusant la cage pour asile

les serinettes laissées au bal de la Cour dans le panier d’Amazon

Du tranchant blanc de la vague avant l’embrun sur la tombe garder la mie tendre du pain chaud non tiré du fournil

Odeurs lucioles et charmes en technicolor

de grâce

il me faut en corps le tant de la déshabiller à la Côte Sauvage pour entendre l’azur me noyer dans sa conque porte-vie.

 

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2019

 

PETIT CHEVAL DE MER


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PETIT CHEVAL DE MER

 

Estran demandé mais, j’ai dit que sans les mauvaises herbes un jardin serait un gazon anglais, horreur, misérable vanité projetée comme unique référence

Des grecs il est loisible d’aborder sans canons ce qui en est

Les modernes ont failli se faire écraser par les Colonels, intolérable dictature combattue par la poésie

hélas pour quelques années seulement , l’Union Européenne a ramené son pouvoir financier

éradiquant l’Antiquité comme des fanatiques font sauter les montagnes

A quelques pieds de l’Atlantide la clef du silence en main et les pieds palmés nagerai-je qu’il ne me faudrait point de scaphandre  les chaussures et la ceinture de plomb ne m’ont jamais porté vitrail

Tenu en surface par la femme aux seins lourds qui forge ma braise de son soufflet

je pense qu’à genoux je tirerais encore le trait

sur la toile

Les lin bleus comme un tablier d’enfant propre dans le smog de la mentalité parasite

Je ne tiens rien de ce qui fait le pouvoir  aussi j’affirme que je ne changerai rien de ce que je suis

Au point de remplir ma dernière bouteille d’un je t’aime écrit sur mon pouls et mis à la mer pour Elle.

 

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2019

 

 

Parole de juillet


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Parole de juillet

 

Mesuré est le lieu des hommes

Et les oiseaux ont reçu le même mais immense !

Immense le jardin où à peine

Séparé de la Mort. (avant qu’elle ne me touche à nouveau

Déguisée) je jouais et tout m’arrivait aisément à hauteur de main.

Le petit cheval de mer ! Et de la bulle fuit l’éclatement !

Le bateau rouge de la mûre sauvage courants profonds des

Feuillages ! Et le mât de misaine plein de drapeaux !

Que m’arrive-t-il à présent ? Mais c’était hier où j’ai existé

Et puis la longue longue vie des inconnus l’inconnue

Soit. Rien qu’en parlant joliment on s’épuise :

Comme le cours de l’eau qui d’une âme à l’autre

tisse les distances.

Et tu te trouves funambulant d’une Galaxie à l’autre

Alors que sous tes pieds grondent les précipices.

Et tu arrives ou non.

Oh premiers élans à peine esquisses sur mes draps. Anges féminins

Qui de là-haut me faisiez signe d’avancer dans toute chose

Puisque même si je tombais de la fenêtre

la mer de nouveau me servirait de monture

L’immense pastèque qu‘ignorant jadis j’ai habitée

Et ces filles de la maison, ces orphelines, à la chevelure défaite qui avec l’Intelligence du vent savait se déployer par-dessus les cheminées !

Une telle harmonie de l’ocre dans le bleu

qui vraiment te trouble

Et les écritures d’oiseaux que le vent pousse par la fenêtre

À l’heure où tu dors poursuivant l’avenir

Le Soleil sait. Il descend en toi pour regarder.

Car l’extérieur n’étant que reflet, c’est dans ton corps que la nature demeure et de la qu’elle se venge

Comme dans une sauvagerie sacrée pareille a celle lion ou de l’Anachorète

Ta propre fleur pousse

que l’on nomme Pensée

(Bien que lettré, j’arrivai de nouveau là où la nage m’a toujours mené)

Mesuré est le lieu des sages

Et let enfants ont reçu le même mais Immense !

Immense la mort sans mois ni siècles

Pas moyen de devenir adulte là-bas

De sorte que dans les mêmes chambres

les mêmes jardins tu retourneras

en tenant la cigale – Zeus qui d’une

Galaxie à l’autre promène ses étés.

 

Odysseus Elytis  ( Les Élégies de la pierre tout-au-bout 1991 )