TABLE OUVERTE


tournesol

 

TABLE OUVERTE

 

Du milieu de la marelle garde la craie en main

et par la terre qui fend cherche à tenir l’odeur du peint

il reste de l’eau vertébrale en bas de la nuque de la fontaine

c’est un passage ouvert aux arceaux des regards tournesols du caillou

un clin d’oeil outremer pique une tête dans l’écume en éperonnant le cheval

de la pierre à fusil le vin s’est chargé comme le soufre tire la réflexion du cabinet

vois si l’herbe frémit sous la pierre c’est la vie qui demande à boire le prochain bourru

 

Niala-Loisobleu – 16/09/19

Ce qui fut sans lumière / Début et fin de la neige / Là où retombe la flèche de Yves Bonnefoy


Ce qui fut sans lumière / Début et fin de la neige / Là où retombe la flèche de Yves Bonnefoy

couverture

Une poésie grave et sereine, d’une grande sobriété, illuminée par la beauté évanescente du monde et le souvenir des chemins de l’enfance…

Ce volume reprend en édition de poche trois plaquettes parues à la fin des années 80 chez Mercure de France : « Ce qui fut sans lumière », « Début et fin de la neige » et « Là où retombe la flèche ».

Par rapport aux recueils précédents, publiés dans le volume sobrement intitulé « Poèmes » (présenté sur CL) et qui renouvelèrent totalement l’écriture poétique en inaugurant l’après du surréalisme, l’écriture s’est simplifiée sans perdre sa densité. Toujours irriguée par les grands mythes de l’humanité (avec des accents parfois bibliques :Je vais. / Il y a cet éclair immense devant moi, / Le ciel, / L’agneau sanglant dans la paille.) et nourrie par les souvenirs d’une vie vécue (évocations de l’enfance ou d’un long séjour à Hopkins Forest, dans l’hiver nord-américain), elle s’ouvre à la nuit, assumant la part d’ombre et le sentiment d’exil contre lequel le poète avait semblé vouloir lutter quand il quêtait la révélation de la présence du monde… Même s’il écrit dans un poème « Adieu ? Non, ce n’est pas le mot que je sais dire », c’est bien un adieu que le poète prononce, à plusieurs reprises :

Le souvenir : (…) Je vais, / Et il me semble que quelqu’un marche près de moi, / Ombre, qui sourirait bien que silencieuse / Comme une jeune fille, pieds nus dans l’herbe, / Accompagne un instant celui qui part. / Et celui-ci s’arrête, il la regarde, / Il prendrait volontiers dans ses mains ce visage / Qui est la terre même. Adieu, dit-il, / Présence qui ne fut que pressentie / Bien que mystérieusement tant d’années si proche, / Adieu, image impénétrable qui nous leurra / D’être la vérité enfin presque dite, / Certitude, là où tout n’a été que doute, et bien que chimère / Parole si ardente que réelle. Adieu, nous te verrons plus venir près de nous (…) Terre, ce qu’on appelle la poésie / T’aura tant désirée en ce siècle, sans prendre / Jamais sur toi le bien du geste d’amour ! (…)

Le souvenir des instants passés dans l’immédiateté de la nature élémentaire hante le recueil, qu’il nimbe de sentiments de nostalgie et mélancolie. On perçoit également un sentiment d’espoir et d’attente heureuse, comme quelqu’un qui veille la nuit en regardant poindre l’aube tandis que la neige tombe, qui transfigure le ciel et le paysage qu’elle a presque abolis. La lumière (y compris sous la forme du feu), le rêve et la neige sont des thèmes récurrents, voire structurants, du recueil. Même si la neige est avant tout le signe de l’effacement, elle est aussi une sorte d’eau paisible et de lumière silencieuse qui apportent l’évidence d’une présence. Dès « Ce qui fut sans lumière », qui ouvre le recueil, elle apparaît comme le creuset où se révèlent et se détachent, telles les fleurs de printemps perçant les dernières neiges, les signes et les images où se lit la beauté du monde, comme un écho du jardin d’Eden dont le souvenir nous lancine :

L’adieu : (…) L’herbe et dans l’herbe l’eau qui brille, comme un fleuve. / Tout est toujours à remailler du monde. / Le paradis est épars, je le sais, / C’est la tâche terrestre d’en reconnaître / Les fleurs disséminées dans l’herbe pauvre, / Mais l’ange a disparu, une lumière / Qui ne fut plus soudain que soleil couchant. / Et comme Adam et Eve nous marcherons / Une dernière fois dans le jardin. / Comme Adam le premier regret, comme Eve le premier / Courage nous voudrons et ne voudrons pas / Franchir la porte basse qui s’entrouvre / Là-bas, à l’autre bout des longes, colorées / Comme auguralement d’un dernier rayon. (…)

Sur des branches chargées de neige : (…) Ardue est la beauté, presque une énigme / Et toujours à recommencer l’apprentissage / De son vrai sens au flanc du pré en fleurs / Que couvrent par endroits des plaques de neige

Dans « Début et fin de la neige », les flocons de neige, dont la perfection de cristal fond à la chaleur de la main, incarnent la beauté évanescente de notre condition mortelle ; la blancheur d’abîme de la grande neige, dont les flocons virevoltent en se frôlant et incarnent le bonheur souriant et paisible d’un présent sans avenir, enchevêtre les signes de l’écriture qui, en tourbillonnant, devient transparence indéchiffrable, comme si l’écho des mots résonnait ailleurs, dans un autre monde d’éternel été (peut-être un souvenir encore du jardin perdu) où ne mène aucun chemin.

L’été encore : (…) Neige, / Lettre que l’on retrouve et que l’on déplie / Et l’encre en a blanchi et dans les signes / La gaucherie de l’esprit est visible / Qui ne sait qu’en enchevêtrer les ombres claires.
Et on essaye de lire, on ne comprend pas / Qui s’intéresse à nous dans la mémoire, / Sinon que c’est l’été encore ; et que l’on voit / Sous les flocons les feuilles, et la chaleur / Monter du sol absent comme une brume.

Le peu d’eau : (…) Neige / Fugace sur l’écharpe, sur le gant / Comme cette illusion, le coquelicot, / Dans la main qui rêva, l’été passé / Sur le chemin parmi les pierres sèches, / Que l’absolu est à portée du monde.
Pourtant quelle promesse / Dans cette eau, de contact léger, puisqu’elle fut, / Un instant, la lumière ! Le ciel d’été / n’a guère de nuées pour entrouvrir / Plus clair chemin sous des voûtes plus sombres.
Circé / Sous sa pergola d’ombres, l’illuminée, / N’eut pas de fruits plus rouges.

En fait, tout le recueil multiplie les allusions ferventes aux fleurs, aux fruits, aux pierres, aux nuages, aux arbres, au feu, à la pluie, etc. comme si la nature était tissée d’une étoffe vivante dont nous aurions cherché en vain à nous revêtir, comme une cape de pèlerin, pour nos errances en quête du vrai lieu sur les chemins du monde que, dans les très beaux poèmes en prose de la section « Par où la terre finit », Yves Bonnefoy personnifie, en ressuscitant le passé, comme des compagnons d’enfance, petits dieux rieurs bouddhistes sans le savoir ou voyageurs aux regards graves :

I/ (…) Vous avez été l’évidence, vous n’êtes plus que l’énigme. Vous inscriviez le temps dans l’éternité dans l’éternité, vous n’êtes que du passé maintenant, par où la terre finit, là, devant nous, comme un bord abrupt de falaise.

III/ Tel qui allait du même pas que le ruisseau proche et se mêlait à lui en des points on se savait guère si gués ou flaques dans la lumière brisée des moucherons et des libellules. / Tel qui avait gravi une pente parmi les pins et les petits chênes puis débouchait à découvert devant tout un chaos de tertres boisés, certains barrés jusqu’à l’horizon de lignes de pierre nue. / Et cet autre, là-bas, – on rêvait que c’était un lac qu’on finirait par atteindre, il y aurait dans les herbes, abandonnée, faisant eau, une barque peinte de bleu

IV/ Tel qui se faufilait comme une couleuvre sous les feuilles d’une autre année. / Il y a une minute, il n’était pas. Dans un instant, il ne serait plus.

V/ Tel accourait, nous suivait. On se prenait à vouloir lui donner un nom. / Il s’était pris d’amitié pour la petite fille. Pour les huit ans de cette année-là ; et jappait sans fin autour d’elle, à grands

IX/ Un qui tenait une coupe, où brillait le vin du ciel calme. / Un qui allait, eût-on dit, « beyond the river and into the trees ». Un qui était notre voie lactée. / Et il y en avait un encore plus large, et qui aimait accueillir nos ombres sur son sable, qui était lisse. Elles couraient loin en avant de nous car c’était le soir, et nous les sentions agitées, inquiètes. Mais l’ombre d’un oiseau les touchait parfois et les accompagnait un instant, avant de s’en écarter d’un brusque coup de rame.

Ces chemins d’enfance reviennent à la fin du recueil, dans la partie intitulée « Là où retombe la flèche » qui évoque l’enfant égaré parce qu’il s’est, pendant quelques minutes, aventuré hors du sentier à la poursuite d’un oiseau. La nuit est encore lointaine ; l’enfant, malgré une sourde angoisse due à la perte de tout repère, n’est pas encore effrayé et ressent soudain la présence énigmatique des choses, dans lesquelles il cherche vainement un indice pour identifier la route à suivre :

Perdu. Et les choses accourent de toutes parts, se pressent autour de lui. Il n’y a plus d’ailleurs dans cet instant où il veut l’ailleurs, si intensément. / Mais le veut-il ? / Et quelque chose accourt du centre même des choses. Il n’y a plus d’espace entre lui et la moindre chose. / Seule la montagne là-bas, très bleue, l’aide ici à respirer dans cette eau de ce qui est, qui remonte.

Et s’il parle à voix haute, c’est pour lui seul, comme plus tard quand il écrira, seul dans sa chambre, quêtant son chemin dans les mots opaques et clos comme des pierres…

Perdu, pourtant. Car il lui faut décider, presque à tout instant, et voici qu’il ne peut le faire. Rien ne lui parle, rien ne lui est plus un indice. L’idée même d’indice se dissipe. Dans l’empreinte qu’avait laissée la parole, sur ce qui est, l’eau de l’apparence déserte est remontée, brille seule. / Chaque mot : quelque chose de clos maintenant, une surface mate sans rien qui vibre, une pierre. / Il peut l’articuler, il peut dire : le chêne. / Mais quand il a dit : le chêne – et à voix haute, pourquoi ? – le mot reste, dans son esprit, comme dans la main la clef qui n’a pas joué se fait lourde. Et la figure de l’arbre se clive, se fragmente et se rassemble plus haut, dans l’absolu, comme quand on regarde ces bossellements du verre qu’il y a dans d’anciennes vitres. / La couleur, rejetée sur le bord de l’image par le gonflement dans le verre. Ce qu’on appelle la forme troué d’un ressaut – démenti. Comme si s’était ouverte la main qui garde serrées couleurs et formes.

Toute la poésie d’Yves Bonnefoy est un renoncement à l’image illusoire pour une célébration, directe et presque charnelle, de la Terre, habitée par un sentiment de joie d’être au monde, parmi les choses, dans l’immédiateté qui fut jadis celle de l’enfance. Dans « Ce qui fut sans lumière », le poète adulte, revenu sur les lieux de son enfance, accueille les souvenirs, comme un fleuve en crue qui déborde la mémoire et les années et débouche dans le rêve. Le rythme des vers, riches d’interrogations et d’aveux à la 1ère personne, reproduit le travail de la pensée et, comme un chemin se proposant au lecteur, invite celui-ci à épouser son questionnement et son parcours, qu’on peut lire et relire à l’infini sans en épuiser la beauté… Peu à peu, comme la neige se dépose sur un paysage, la gravité sereine de la poésie d’Yves Bonnefoy se communique au lecteur et lui fait partager la plénitude d’une extase matérielle, dans l’ici et le présent, soucieuse de la vérité, fragile et sensible, des choses et des êtres que la beauté de leur finitude mortelle illumine :

Mais demeure l’éclair / Au-dessus du monde / Comme à un gué, cherchant / De pierre en pierre.
Est-ce que la beauté / N’a été qu’un rêve, / Le visage aux yeux clos / De la lumière ?
Non, puisqu’elle a reflet / En nous, et c’est la flamme / Qui dans l’eau du bois mort / Se baigne nue.
C’est le corps exalté / Par un miroir / Comme un feu prend, soudain, / Dans un cercle de pierres.
Et a sens le mot joie / Malgré la mort / Là où creuse le vent / Ces braises claires.

 

GILLES ELBAZ


Gilles Elbaz

Un chant altier

 

C’était le temps où une deux-chevaux avait le vent aux ailes, et s’envolait aux étoiles, avec Jacques Bertin à bord. Revenant de Sigma ou de la lune, Elbaz traversait les coquelicots et les quatre éléments et il conduisait le vent aux ailes de l’oiseau. C’était vers 1972.

Maintenant que le paradis terrestre se fait plus lointain, Gilles Elbaz chante toujours, il chante ses chansons et l “Histoire de la Chanson” pour les oublieuses mémoires. Des conférences chantées pour des paroles envolées. Il a retrouvé sa Bretagne, il a retrouvé Lorient, et ses yeux sont toujours tournés vers l’Orient.
Militant de la chanson, guerrier de la poésie, il aura été de toutes les aventures de la chanson : ACP en 1983 (ateliers-chansons de Paris »), atelier d’écriture, MJC, SFA, Prospective-chanson et Action-chanson…

Il fait partie avec Brua, Vasca et Bertin, Ruiz, Berthaut, de ces utopistes qui voulurent irriguer les gens avec la haute mer des mots et des fleuves. Les fleuves ont débordé, les hommes se sont sabordés.
Ce n’est que maintenant que l’on voit le désastre avec ses variétés plus bêtes encore que les joyeux pétomanes d’avant la guerre 14-18. Tout cela aura-t-il été vain ?

En fait il nous faut tout réapprendre de notre patrimoine, du Temps des Cerises aux derniers textes de ceux qui chantent encore droit et juste.

Gilles Elbaz aura chanté les autres, surtout Giani Esposito et un peu Brassens. L’univers mystique de Giani lui était en quelque sorte un peu sa langue natale. Car contrairement à ses amis, Elbaz considère la chanson comme devant être alourdi à raz bord de poésie. Il refuse la fluidité et l’ancrage dans la mémoire par des mots essentiels et simples. Dans le jazz il va instinctivement vers John Coltrane et sa soif d’absolu et de religion, et non pas vers le charnel du jazz.

Gilles Elbaz prophétise dans ses mots et le poids du vent, de l’arbre primordial, de la terre et du feu modèlent ses mots. Épris de recherches musicales (Magma, Siegfried Kessler, le jazz contemporain,…) il considère que « les mots sont de la musique. c’est à l’auditeur de se hisser au niveau de compréhension. Cela aura marginalisé Gilles Elbaz plus proche de Saint-John Perse que de Cadou.
Mais en fait c’est Cadou qui aura toujours raison. La concession de la simplicité altère-t-elle le chant magique ?

Gilles Elbaz se range du côté des obscurs et si sa religion est celle de l’amour des oiseaux, la cage corsetée des mots aura freiné des envols. Il n’a pas l’art du saltimbanque, mais celui du prêcheur. Prêcheur d’espérance et du long message de la vie, Elbaz veut nommer le monde, et non seulement le chanter.
Dur à passer parfois ses textes qui sont « de grands vents qui tourbillonnent », semblent rester verrouillés de l’intérieur.

Pourtant il aurait suffi d’écouter le vent sous la porte et le suivre. La belle voix de Gilles Elbaz monte par-dessus cet amour fou et trop exigeant de la poésie incantatoire, et quand elle oublie toutes les sagesses accumulées, elle nous rejoint, par-dessus les désespoirs. Elle tiendra enfin dans la main de la mélancolie facile, elle parlera. Comme dans cette chanson qui ne m’aura jamais quitté « le vent aux ailes ».

L’immense travail de collecte et de résurrection du patrimoine des chansons est la suite logique de sa fraternité à fleur de peau.

Elbaz reste celui qui ouvre ses oreilles aux maux et aux mots.

Gil Pressnitzer
Post-scriptum : Gilles Elbaz est décédé le 18 juillet 2009, à Lorient où il vivait depuis longtemps.
Son texte suivant aura servi de faire part :

Le sourire de Bouddha

Or un jour est né le sentiment de l’absence,
un verre de cristal oublié sur une table,
les empreintes du buveur inscrite sur l’anse,
et la trace de ses lèvres sur le bord de ses fables
.

Et Gilles rêvait tout seul au fond de sa nuit,
il se répétait sans cesse les contes du passé,
tous les vents inventés afin de mordre la vie,
et ceux que sa liberté naissante avait refusés
.

Gilles souriait béatement vers le ciel,
vers les entrepôts de l’espoir et de la connaissance,
un soleil à la main effronté de pluriel,
l’avenir cloué au plus profond de l’aisance
.

Il dérivait comme un bateau sans capitaine,
ses journées n’affrontaient pas le temps mais la paresse
il ne savait plus rire, même pas de ses fredaines
et s’acoquinait avec le silence et la mollesse
.

Gilles se rappelait des fureurs dans sa tête,
il errait parmi les peurs et les fracas du temps.
Avec du soleil, les nuages nous font la fête
et les chiens fous donnent la démesure du printemps
.

Mais entre deux silences, l’espoir se laisse convaincre
et le premier fou qui saura rire sourira
de l’amoureux et de sa féminine étreinte
et goûtera le vin avec le sourire de Bouddha
.

Choix de textes

Le vent aux ailes

Laissez donc s’ouvrir votre oreille à mes mots,
ma religion est celle de l’amour de l’oiseau,
et du vent aux ailes de l’oiseau
le vent aux ailes…

lorsque mon œil s’ouvre si grand qu’il devient une soucoupe
et que le monde qui se déroule autour de moi
se mêle au monde qui s’agite en moi
et que le rêve l’emporte toujours sur la raison,
l’amour s’évase et me soulève jusqu’aux étoiles
le vent aux ailes…

Et lorsque se brise la lumière à mon œil d’une larme,
il me semble entrevoir tes mille soleils
si souvent cités et que mon cœur espère
aux vertèbres du vent j’accroche mes doigts maigres et noirs
dans un rêve de maîtrise de l’air e t de cadence éolienne
et mes doigts deviennent les cordes de sa musique
le vent aux ailes…
O je voudrais vous dire le poème des poèmes,
inventer pour vous qui me ressemblez un chant magique
et rendre à l’homme sa plus belle et plus pure invention
l’amour et le respect de lui-même, l’amour et le respect de lui-même
le vent aux ailes…

Laissez donc s’ouvrir votre oreille à mes mots,
ma religion est celle de l’amour de l’oiseau,
et du vent aux ailes de l’oiseau
et du vent aux ailes de l’oiseau…
le vent aux ailes…

Les oiseaux de mon enfance,
Ne me reconnaîtront pas.
Si un jour je les revois,
Mes ailes n’auront plus l’aisance,
Mon aisance d’autrefois,
Celle qui faisait mon enfance,
Quand je courais dans les bois,
Ou bien que je jouais en silence,
Les oiseaux de mon enfance,
Alors ne me connaissaient pas…

Les renards de mon enfance,
Je les ai perdus de vue.
Ils égarent mes absences
Et mes rêves d’enfant nu…

Le chapeau de mon enfance,
S’envole et poursuit le vent,
Je n’ai guère de romance
À chanter avec le temps…

Discographie sommaire

1979 Paradis terrestre

1985 Coffret Intégrale discographique 1970/1980

1992 Réédition en CD Le vent aux ailes

1996 « Ici, Ballades, Sonnets, Sonnailles et Autres Villanelles… »

1999 Réédition en 1 CD Le reflet dans la vitre & Rue des Envierges

 

(Source Esprits Nomades)