CÔMO ES POSIBLE


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CÔMO ES POSIBLE

Une table de toilette, la bassine et son broc, poudre de riz, parfum naturel, sur la chaise une parure encore frémissante, au bas de la porte un vrai chien isole du courant d’air

Les fleurs, un drap de dessus, des traces dessous, le réveil est arrêté au marque-page d’une histoire, un tiroir laisse entrevoir, la fenêtre donne sur le jardin ouvert à la bêche

Roucoulements depuis les géraniums, on entend un remue-ménage dans la cour des poules, le coq égosille

Au loin à la verticale de l’horizon un enfant tire un cerf-volant

On n’aperçoit plus l’Amérique

La mère change l’eau du bébé qui va naître. Un vieil homme garde sa barque au fil des pages de son livre, Ernest laisse tomber la vieille américaine et sers-moi un mojito, quelques feuilles de menthe dans ma route du rhum feront un bon passage pour rendre tout possible.

Niala-Loisobleu – 12/09/19

CARAMBOUILLE


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CARAMBOUILLE

Dans la lumière du corridor de la trompe d’Eustache, une chanson de corps de garde hisse le pavillon

En plongée le submersible s’ose au périscope

A bâbord comme à tribord que de l’eau

Comment hurle le Capitaine au moment des vendanges couler en vain c’est un comble

Toutes ces foires au pognon tu parles d’une bacchanale, du pinard oui mais pas du raisin vidé de son sang.

Niala-Loisobleu – 12/09/19

PASSAGE NOCTURNE


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PASSAGE NOCTURNE

Dans le lit encore à quai elle regarde ses genoux et vois l’escalier devenir plus grand. la locomotive fume, elle ne nuage pas ce ciel qui se découvre pur

La ville reste en retrait, on a aperçu la pensée constructive de la nature en sortant du tunnel après le signal de départ du chef de gare. Les marchandises n’ont pas eu droit d’accès dans ce train. Seul un filet à papillon est accroché  avec le marteau à briser la glace. La notice dit: « A prendre pour sauter en cas de déraillement, ceci est un pare à chute. » Deux enfants sur leur patinette passent dans le couloir comme un kaléidoscope  qui gère la mémoire

Puis ils se sont endormis, bercés par le chant de traverse

Il lui avait ôté la douleur de ses genoux, renvoyant les élèves dans une classe de plain-pied. La veilleuse du plafonnier en ne les lâchant pas d’une seule main pose sur leur lèvres attachées un sourire d’après-passage

Par le jour qui lève on entend le bruit que fait la mer quand on y va pour marcher dedans.

Niala-Loisobleu – 12/09/19