ORIGINE


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ORIGINE

Déplacer l’austérité de murs sales photographiés sur le vif d’un voile sur la musique d’une conquête

C’était déjà le recul andalou du cheval d’école, les fleurs gitanes à l’odeur de crépon manquent de rein dans le claquement d’étalon, passer par Bénidorm sent la colonisation britanico-germanico-batave

Ambroise a tellement d’orgue dans ses rues qu’en Mac Orlan sent la frite, vieux loubard des quais où Mimi se fait reluire sous le pont

Ne rien laisser à la nitre qui dévore, debout sur les jambes qui échappent, un bus 52 pour passage du poil hagard à la taille du rasoir, demain a d’hier , Alain rappelle-toi ta grand-mère qui te disait qu’avant de donner faut pas se perdre à refaire le monde, quand tu rejoins les roses jaunes pense au prix non marchand que ça coûte. Les héliotropes sont du bon côté de la page, gratte la guitare à sa source.

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2019

 

 

DÉNONCIATION DU CORPS


Joel-Peter-Witkin-photography

DÉNONCIATION DU CORPS

Corps où les doigts, les femmes laissent, blanches, cent empreintes, où le goût du thé longe l’empire de la . jambe, où tu vins, comme un laitier sans cri, sans
nervures, libérer mon jade, mon corsaire.
Nous fûmes ce que nous fûmes.
Ton récit de trains et de roses, je le suivais, neutre et attentif.

Apparut nu celui qui parle, et glissent en moi l’arbre colorié, la haine alanguie, l’étui fourré de menthe; rêve en moi l’encre possessive (et ses fragments, ses
incertitudes, ses continents, ses fracas, ses contemplations mates); je serre ton corps, qu’importe, le vois de la jambe à la jambe, le sais là de tous ses os, de toutes ses
vieilleries, de tous ses organes sans nom, évanouis, essentiels pourtant.

Rompre, et pampre, ou pourpre.
Et pourquoi ce clair-obscur?
Pourquoi ce mouvement de la main qui écrit quand hurle celui qui naît ailleurs?
Et parole.
Et parole enfermée.
Tu bouges dans ta peau sans savoir l’aventure du corps.
Tu viens vers moi.
J’essaye de le croire, de l’écrire, de le dire, de le lire.
Ville enfoncée dans les maisons, dans les carcasses.
Tu casses le sang.
Avide, te voici lépreux sous les bras.
Que disions-nous de celle qui nous enveloppe, nous trompe ?
Fardeau de citrons et de socs, ton corps vers l’hiver déchire les linges oubliés, les turbans tachés de rouille, et le sang se répand sous la peau, plus vite, inondation
nocturne, où le meurtre est vain, où les oiseaux plats filent ventre à terre, comme de folles guillotines.

Avare, tu parles, tu touches toi-même le papier, la peau, l’œil.
Et c’est une lenteur de terre fraîche, de tissu mouillé.
L’obstination mûre des sueurs, le calvaire sec du sang, la jactance insensée des prunelles ; tu tournes vers moi un visage qui n’est pas le tien; les poignets près des cuisses,
les tuiles rouges où des gardiens battent des voleurs…
Dans mon bras, ton poing serre des touffes et des aisselles, des blocs de houille, des seins de neige.
Estaminet sans peuplade ou chambre de chaleur.

Jacques Izoard