DU VENT QUI SE MORFOND, MA


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DU VENT QUI SE MORFOND, MA

 

Ma,

J’te sors un reste d’espoir

de ma musette

pour que tu connaisses mieux mon trottoir

l’eau y étais bonne à boire

que ça m’a gardé vivant face aux inciviques du boulevard du crime

De la rue qui m’a fête peint d’épices

prends mon amour pour tout à toi

c’est de loin devenu denrée rare…

 

Niala-Loisobleu – 03/09/19

 

ROUTE DE LA MORT


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ROUTE DE LA MORT

Les voies respiratoires me restant impénétrables, il me fallut plusieurs secondes pour me reconnaître vivant. Pendant qu’ils déblatèrent sur un choix entre 80 et 90 et que s’allongent les traversées à 30, le risque du rond-point , loin de rompre, augmente.

J’ai vécu un scoop ce matin, du vrai jamais vu

Imaginez, j’avais réussi à entrer sur la partie de l’arc de cercle occupée par la ronde de ceux qui considèrent que pour eux ralentir serait dégradant

Suivant le véhicule qui me précédait je reste derrière lui quand il prend la même sortie que moi

Seulement des deux j’étais le seul à pas s’être trompé

qu’à cela ne tienne

mis sur la mauvaise route il pile et braque à gauche et amorce fait demi-tour en pleine voie, se trouve en travers à cheval sur la bande barrant les deux voies, recule comme sur un terrain privé et repart au rond-point…

Je l’aurai coupé en deux comme on éperonne si j’avais pas pilé, merde

je suis encore pas revenu

ça vaut l’autoroute à contresens…

Niala-Loisobleu – 03/09/19

TRANSFERT


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TRANSFERT

 

Je défie la côte qui monte devant mes fenêtre, j’ai l’esprit assez dispos pour ne ne pas arrêter la présence de la mer.

Soit, j’ai les moyens du quotidien pour joindre, mais à compter d’une certaine personne, la poste est trop pleine de traquenards

nous voici dans le contre moyen-âge qui fut haut en couleurs et que des incultes ont baptisé à tort d’un nom qui va comme comme un gant au présent

certains départements de mon enfance furent inférieurs, pourquoi n’a-t-on pas revu le nom de cette haute époque courtoise quand jamais il n’en revint

Je te joins en marchant dans la mer, Ma, poussé par le cri matinal des Gibbons, plus encore que par ton recul à faire certaine route, il en est qui sont mortelles en dehors d’une question de vitesse. Top d’éléments pompent, les heures buvards sont lourdes à digérer.

Et puis marcher dans l’eau salée ce fut un de nos premiers désirs, alors je serais là plus vite en passant d’Atlantique en Iroise, pas besoin du truc à voler sur la Manche, j’aime la vieille méthode qui fait qu’on ne peut mieux joindre qu’en se collant peau à peau.

 

Niala-Loisobleu – 03/09/19

CHENAL


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CHENAL

 

Le piano éteint pousse des heures d’attente  en ignorant la demande du métronome qui se sent en voix

qui se demande si les plages ont une saison pour choisir leur rivage

avant que la lune éteigne son réverbère

Ce bois où l’amour trousse-chemise chante-t-il encore à présent qu’on relie les îles au continent ?

J’ai un pont dans le coeur sur l’arche campée de tes jambes, le pied du sol est tout en bas, loin des endroits mal fréquentés des quartiers de haute-surveillance, le nuage tout frisé qui lui sert de tablier isole en toute sécurité

Quelque besoin d’oublier les nuits froides me pousse à me coller à toi dans le désordre d’une constellation d’ouvrières butinant les Ourses.

Niala-Loisobleu – 03/09/19