LES POÈMES QUE J’AI VÉCUS DANS TON CORPS


Yannis Ritsos

LES POÈMES QUE J’AI VÉCUS DANS TON CORPS

 

 

Les poèmes que j’ai vécus dans ton corps en silence
me redemanderont leur voix un jour, quand tu partiras.

Mais je n’aurai plus de voix pour les dire.
Parce que toi, tu avais toujours l’habitude
de marcher pieds nus dans les chambres,
puis tu te pelotonnais dans le lit,
petite boule de plumes, de soie et de flamme sauvage.

Tu croisais les mains autour de tes genoux,
laissant en évidence, par provocation,
tes plantes de pied roses et poussiéreuses.

Il faut que tu te souviennes de moi comme ça — me disais-tu;
il faut que tu te souviennes de moi comme ça avec mes pieds sales;
avec mes cheveux tombant dans les yeux
— parce que comme ça je te vois plus profondément.

Alors comment ne pas rester sans voix.
Jamais la Poésie n’a marché ainsi
sous les pommiers en fleur immaculés d’aucun paradis.

Yannis Ritsos

COMME UN SONGE DE FRIDA


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COMME UN SONGE DE FRIDA

 

Cendre froide qui colle aux bouchons épars d’une marée qui se fait attendre, dans l’ordre renversé j’enfile le soutien-gorge dans la poche du kangourou attaché à la chaise

 

les hublots tendent l’oreille

c’est vrai que les haubans ont besoin de retendre

du café salé ferait bien l’affaire

 

Je n’ai pas été étonné de me retrouver collé au poplité, les maux de genou que tu m’écrivais dans la fureur de l’enfant rageur cherchaient à retrouver l’assise au debout d’un pont glissant

Quand tombant comme d’un coup de merlin frontal le calme a ramené un câlin t’as pu allonger la jambe sur le dos et te laisser tanguer dans mon dernier  métro

dans le tracé morse de l’éclairage du tunnel , je me souviens que des coeurs peints sur les murs digérant le bruit de ferraille d’une chaleur écrasante

 

La griffe des ongles du besoin est telle que les bras de Samo tracent un désir sans arrêt

 

Niala-Loisobleu – 27/08/19