Dominique Sampiero La poésie de l’évidence sauvage


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Dominique Sampiero

La poésie de l’évidence sauvage

 

Aujourd’hui je suis la route depuis mon regard d’Enfant. Elle garde les dunes de ma nudité innocente, senteurs de pins maritimes que les batailles d’Hommes n’ont pas déformées. Un exode actuel, vers le retour au métro-boulot pendant que j’ai les congés payés dans l’idée remis à jour gilets-jaunes.

Fais attention aux rats d’arts, Ma…

Niala-Loisobleu –  17 Août 2019

« Un visage d’enfant est comme un miroir. Tout brûle, la tristesse, la sagesse. Et de ces feux monte un éclat de rire. Une fraîcheur. L’enfance passe de l’orage à l’averse, de la face grimaçante au sourire de béatitude, comme si l’argile de son front était pétrie par l’eau, l’air, les doigts de la lumière. La pauvreté parfois y creuse des cernes.»

En la vacuité l’écriture est au carrefour des contraires, quelque chose se noue en l’âme de l’écrivain, son écrit lui survit dans les songes du lecteur. Étrange alchimie des mots en vérité qui vous transportent, qui, à la lecture, vous semblent des ports inabordables, et deviennent tout à coup, quand la plume s’agite à son tour sur la page, des havres où puiser l’essence de notre humanité. On se laisse alors bercer par ce rêve qui nous traverse des origines à nous-mêmes, chaque page tournée s’inscrit en lettres de feu dans nos aridités désertiques. Chaque livre devient de la sorte le livre à lire pour notre survie.

Dominique Sampiero (entretien avec Bernard Noël)

Source Esprits Nomades

ESPERONS


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ESPERONS

 

L’escalier de la chambre d’hôte descend  les cartes postales gardées pour soi

le port relâche, la navigation reprend la route du retour

Hier en m’endormant avec du mal mon ventre

au large voulait rester à pêcher une traversée sans feu rouge

et sans filet

ce saut en quadruple périlleux où sans les mains tu meurs

me tient en corps parvenu au matin

Fasse que le ciel arrose les lieux secs

pour rendre justice à sa menthe, au jardin et à l’arbre à soie

Quelques tomates au détenu pour sa levée d’écrou de prison pour la jet-set canine lui battrait l’aqueux en moulinets

Espérons, espérons

Histoire de dire la vraie vie n’existe que là où on se sang complètement chez soi.

 

Niala-Loisobleu – 17 Août 2019

 

 

MONTRE-TOI, MON AMI, MON DOUBL


Michel Houellebecq

 

MONTRE-TOI, MON AMI, MON DOUBLE

 

Montre-toi, mon ami, mon double
Mon existence est dans tes mains
Je ne suis pas vraiment humain
Je voudrais une existence trouble

Une existence comme un étang, comme une mer
Une existence avec des algues
Et des coraux, et des espoirs, et des mondes amers
Roulés par la pureté des vagues.

L’eau glissera sur mon cadavre
Comme une comète oubliée
Et je retrouverai un havre,
Un endroit sombre et protégé.

Avalanche de fausses raisons
Dans l’univers privé de sens,
Les soirées pleines de privation,
Les murailles de la décadence.

Comme un poisson de mer vidé,
J’ai donné mes organes aux bêtes
Mes intestins écartelés
Sont très loin, déjà, de ma tête.

La chair fourmille d’espérance
Comme un bifteck décomposé,
Il y aura des moments d’errance
Où plus rien ne sera imposé.

Je suis libre comme un camion
Qui traverse sans conducteur
Les territoires de la terreur,
Je suis libre comme la passion.

Michel Houellebecq

 

Jour aléatoire des retours , ne veux coutume et pose cet auteur que je n’aime guère…

N-L – 17/08/19