COMME UN TROU DANS L’MUR


COMME UN TROU DANS L’MUR

Je ne serai pas coincé dans le carcan d’une attente ne conduisant qu’à la fin, je suis le marcheur du couloir de l’amor

Ce temps creux qui ne sait que brûler d’étouffement que nenni faut que je me mette la poitrine à la portière

Alors change de cadre, montre que tu voles comme un oiseau

Expose-toi

Pourquoi attendre fonce au-devant

Expose…

Prends cette campagne libre de droit, ouvre-là bien davantage sans passer par l’effondrement actuel, sois le gamin qui part au long du caniveau et retourne comme une éternelle jeunesse t’accrocher sur ces cimaises de ton pouls battant

 

Ce matin

J’ai pris le 33 symbolique

Lui ai donné son cadre de blancheur

et suis allé aux Recollets pour retenir pour la rentrée

J’exposerai dans la Salle Marvaud, la seule salle disponible

DU 21 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2019

 

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2019

 

P1050909

L’EPOQUE 2019/33 – TRANSE-MIGRATION 1

Niala (2019)

Acrylique s/toile 116×81

Encadré 131×96

8 réflexions sur “COMME UN TROU DANS L’MUR

    • LA LUMIÈRE ÉTEINTE

      Un matin de sureau

      Elle est restée dans ce champ

      Qu’a-t-elle laissé d’elle en s’en allant

      Tout ce que j’ai voulu

      Et d’abord une armure choisie dans les décombres

      De la plus ciselée des aubes

      Une armure sous un arbre

      Un bel arbre

      Ses branches sont des ruisseaux

      Sous les feuilles

      Ils boivent aux sources du soleil

      Leurs poissons chantent comme des perles

      Un bel arbre les jours d’ennui

      Est un appareil visionnaire

      Comme un autre

      Par cet arbre de tous les jours

      Je suis le maître de mes quatre volontés

      Puis une femme au col de roses rouges

      De roses rouges qu’on ouvre comme des coquillages

      Qu’on brise comme des œufs

      Qu’on brûle comme de l’alcool

      Toujours sous l’arbre

      Comme un aimant irrésistible

      Désespérant

      La flamme traquée par la sève

      Tantôt fragile tantôt puissante

      Ma bienfaitrice de talent

      Et son délire

      Et son amour à mes pieds

      Et les nacelles de ses yeux dont je ne tomberai pas

      Ma bienfaitrice souriante

      Belle limpide sous sa cuirasse

      Ignorante du fer de l’arbre et des roses rouges

      Moulant tous mes désirs

      Elle rêve

      De qui rêve-t-elle

      De moi

      Dans les draps de ses yeux qui rêve

      Moi

      Ses mains sont vives

      De vraies mains de sarcleuse

      Tissées d’épées

      Rompues à force d’indiquer l’heure matinale sempiternelle atroce du travail

      Des mains à tenir amoureusement un bouquet de roses rouges sans épines

      Et ce galop de buffles

      Mes quatre volontés

      Cette femme au soleil

      Cette forêt qui éclate

      Ce front qui se déride

      Cette apparition au corsage brodé d’épaves

      De mille épaves sur des vagues de poussière

      De mille oiseaux muets dans la nuit d’un arbre

      Il ferait beau penser à d’autres fêtes

      Même les parades déshabillées défigurées ensanglantées par des grimaces de masques atteignent malgré tout à une sérénité condamnable

      Et quel passant hors jeu juste au carrefour d’un sourire de politesse ne s’arrêterait pas pour saluer d’un éclair de la main le ventre impoli du printemps

      Un panier de linge à la volée se calme tendrement
      Sa blanche corolle s’incline vers ses genoux brisés
      Aucune roture de couleur n’a barre sur lui

      Et par la déchirure d’une dentelle

      Il disparaît

      Sur une route de chair

      Boire

      Un grand bol de sommeil noir

      Jusqu’à la dernière goutte.

      Paul Eluard

      Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.