BALLADE EN NOVEMBRE


678

BALLADE EN NOVEMBRE

Années lou ya
Anne
Il y a toujours une heure pour aller dormir
les quais trempent leur dernier regard dans cette ballade
Etant de Novembre j’en sais l’halo
brumeux froid pluvieux mais plus chaud que canicule
par son coeur son amour de vivre
Années lou ya
Anne
garde au yeux les cheveux d’ange du tant d’aimer
te voici au jardin des fleurs qui restent
cette marguerite passionnée toujours en tige
Paname c’est ta Bretagne les petits cafés de Maine-Montparnasse
rue de la Gaité
notre quartier de lune
la balle des maudits
chiens que nous sommes
le soleil d’une pluie sur le visage
Années lou ya
Anne…
Niala-Loisobleu – 05/07/19
Qu’on me laisse à mes souvenirs,
Qu’on me laisse à mes amours mortes,
Il est temps de fermer la porte,
Il se fait temps d’aller dormir
Je n’étais pas toujours bien mise
J’avais les cheveux dans les yeux
Mais c’est ainsi qu’il m’avait prise,
Je crois bien qu’il m’aimait un peu
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Le vent du Nord qui s’amoncelle
S’amuse seul dans mes cheveux
Je n’étais pas toujours bien belle,
Mais je crois qu’il m’aimait un peu
Ma robe a toujours ses reprises
Et j’ai toujours les cheveux fous
Mais c’est ainsi qu’il m’avait prise,
Je crois que je l’aimais beaucoup
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Si j’ai fondu tant de chandelles
Depuis le temps qu’on ne s’est vus
Et si je lui reste fidèle,
A quoi me sert tant de vertu?
Qu’on me laisse à mes amours mortes!
Qu’on me laisse à mes souvenirs
Mais avant de fermer la porte,
Qu’on me laisse le temps d’en rire
Le temps d’essayer d’en sourire…
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j’ai de l’eau dans les yeux
C’est qu’il me pleut
Sur le visage.
Anne Vanderlove

VIVANTE


727600

VIVANTE

 

Une parole se fit geste

inversant le sens du ressenti

Dire secousse d’une écriture plane saute le fond en surface

comme l’air qu’ils prennent en faisant mine d’écouter

L’écho de tes cordes

me met les doigts sur l’instrument oiseau branchu

à fil continu de la marguerite tenue

 

Niala-Loisobleu – 05/07/19

 

LA VALLÉE DES MIS


4d3f0cb8-fe2b-44a4-98f5-effa4d9f9f38-175-0000000a3458004a_file

LA VALLÉE DES MIS

 

Puisque nous sommes mortels,

Puisqu’en nous, déjà, cheminent

Les ombres et que le temps montant

Comme un gravier s’éboule,

Puisque s’élancent à la course

D’autres soleils,

En nous, pour publier l’instant accompli.

Avec les mots et les choses qui les portent

Dans la plus grande attention, la nudité

De l’âme quand elle s’éveille avant le jour.

Nous choisissons le témoignage.

Car nous sommes responsables.

Non de ce que nous avons fait.

Mais des promesses non tenues.

Ce n’est point de ne point avoir fait le mal.

Les mains quittes ne sont jamais pures.

Il faut les avoir noires de terre,

Saisies en leur travail, armées.

Il fallait toujours parfaire.

L’ordre du monde le demande.

C’est par les rêves tenus

Que se fait notre alliance.

Je n’ai pas assez aimé.

Sur le seuil avec beaucoup d’ombre dans le dos
Je n’en finis pas de regarder une rose.
C’est la dernière de l’été.
Ma mère aimait cette chanson.
Il est resté quelque chose d’elle dans l’automne
Comme «Soyez heureux» ou «Amitié d’un convive absent».

Je n’en finis pas de poser comme sur une photographie

Avec un chien à mes pieds.

On reconnaît le pied de vigne, le géranium.

L’entaille au cœur qui marque la saison

Comme autrefois lorsque nous grandissions

Ces dates et ces traits cernant nos tailles juvéniles.

Je n’en finis pas de poser pour retrouver un jour d’hiver
Ce qui fait vivre éternellement ce qui dure peu :
Le pas du voisin sur la route, le chant de l’électrophone
Qui part du cœur de l’été blessé

Et dans les marges de ce soir blanc s’approchent

Les phalènes, les champs lunaires indivis,

La paix descendue du haut des peupleraies,

Brusque présence

Qui fait taire pour un instant

Toutes les bêtes de la nuit

 

Jean Malrieu

 

 

 

Assis en face de moi quand mes mots où sont-ils allés

la glace m’envoie un like et point barre

alors que le pédant se voit félicité pour un mauvais brouet

Pourquoi ?

Je déplais mais sert

M’en fous

se défaire des abonnés qui se taisent alors que je leur parle sera ma dernière réponse

je suis pas un faire-valoir

 

Niala-Loisobleu – 05/07/18

 

PREMIERE MAIN


746675

 

PREMIERE MAIN

 

Remplir le poumon de fraîcheur

déjà

le bulldozer se fait entendre à la toise du soleil

tracer un drain mental

à l’entrée vitale

Les oiseaux ne se retournent pas

L’harmonica d’une fois dans l’ouest se brûle aux lèvres des rails rougis. Le soleil arrive à toute vapeur. Garde une goutte dans ton oreille, langue humectée au baiser.

 

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2019