L’EAU DANS LES DOIGTS


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L’EAU DANS LES DOIGTS

 

Cogne le marteau du jour à l’enclume des heurts

Vulcain défie la pierre au feu de l’instinct guerrier

En traversant la sierra entre deux mers par la porte branlante de la maison abandonnée on entend en corps le roulement haletant de la noria qu’un âne tire à dévider le ressort

L’humide  d’une ancienne fontaine où la faim d’un lion demeure actuelle, la brume qui avale l’Alhambra redoute la cisaille des guitares. Enfantement à cordes

Un if en marque-page, ses chants creusent les rides d’un ciel qui se décolle. j’attrape l’ancienne colline pour construire un climat qui ne bloque pas la peinture dans le tube d’un hit pédant, outrage à l’Art. La poésie ne souffre aucune prétention . Je suis sûr qu’au moment de la genèse c’est à partir d’elle qu’on a généré, dans l’ordre, en premier  la nature, l’homme en second. D’une paume castor la retenue en faisant réservoir inverse le sens des orages.

Et puis y a les mille

et plus qui nuient

pour n’avoir pas compris que l’éternité c’est un patchwork de vie cousues ensemble.

 

Niala-Loisobleu – 04/07/19

 

 

 

LES FENÊTRES


Au fil des pages l’espace de présence diminue. Les mots écartent l’intervalle intime par des commentaires insidieux , ou parlant de ce qui n’a jamais été écrit à se demander la raison

apparaît un ton d’écart entre le dit et le fait. Comme la distance décrit l’inverse du près. L’enfant retrouve étrangement la forme cynique apportée en allégeance à son innocence. Comme on retend les draps au fer à repasser le matin dans les hôtels de passe. Abus de confiance. On ne peut jamais oublier le mauvais rire dont on a fait l’objet dans son enfance

LES FENÊTRES

Guillaume Apollinaire

 

 

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Quand chantent les aras dans les forêts natales

Abatis de pihis

Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile

Nous l’enverrons en message téléphonique

Traumatisme géant

Il fait couler les yeux

Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes
Turinaises

Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche

Tu soulèveras le rideau

Et maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre

Araignées quand les mains tissaient la lumière

Beauté pâleur insondables violets

Nous tenterons en vain de prendre du repos

On commencera à minuit

Quand on a le temps on a la liberté

Bigorneaux
Lotte multiples
Soleils et l’Oursin du couchant

Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre

Tours

Les
Tours ce sont les rues

Puits

Puits ce sont les places

Puits

Arbres creux qui abritent les
Câpresses vagabondes

Les
Chabins chantent des airs à mourir

Aux
Chabines marronnes

Et l’oie oua-oua trompette au nord

Où les chasseurs de ratons

Raclent les pelleteries

Étincelant diamant

Vancouver

Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l’hiver

O
Paris

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Paris
Vancouver
Hyères
Maintenon
New-York et les

Antilles
La fenêtre s’ouvre comme une orange
Le beau fruit de la lumière

 

Guillaume Apollinaire

 

 

La chaleur ôte à  la peinture son principe tempéré, quelque chose en séchant trop vite sort l’humide, cassant la respiration de la vérité.

 

Niala-Loisobleu – 4 Juillet 2019