L’HORLOGE DU CANIVEAU 1


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L’HORLOGE DU CANIVEAU 1

 

La rue reste le siège de mes premiers pas. De la rue de Verneuil à la Gare d’Orsay, à peine quelques pas à franchir. Aurais-je eu la prémonition du musée qui naîtrait bien des années plus tard ? Je pense que oui.

L’énorme pendule est le seul témoin à demeurer aujourd’hui

Sa fascination n’a pas faibli

Delvaux mon vieux complice, fumée de train à vapeur, lointains horizons, autre monde, une vision partagée des gares avec les gardiennes de phares sur leurs rails d’où est sang.

Nous sommes sur cette traverse, ramenés sans cesse au doute, comme une marée qui ferme le rêve qu’elle a ouvert et le refait comme s’il pouvait être plus grand.

Je suis en salle d’attente de jeunesse, dehors les années passent. Les pas perdus à la consigne, comme des enfants que j’ai toujours perdu.

Le train recule et stationne en avant.

Niala-Loisobleu – 27/06/19

SOLDES


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SOLDES

 

L’imagination sauve

d’une réalité qui se rattrape

toujours au même défaut

les mots viennent

les mots partent

les maux restent jusque sur le sable

les mots ont du mal à se faire acte

Les soldes rient du marché.

 

Niala-Loisobleu – 27/06/19

 

 

RUE DE SCENE


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RUE DE SCENE

 

Le craquement passé les morceaux disjoints se séparent

le raisonnable a quitté depuis plus longtemps que moi la règle d’usage

Autour de la Table Ronde, Arthur eut à en découdre dans les premiers,  vu les faits rapportés

Rue de Seine

j’en frissonne des décennies après

Serge de sa voix prenante bloquait le passage d’un trottoir à l’autre, Jacques m’appris ce que Paroles signifient

Nous nous retrouvions à l’allumage des réverbères, entre deux « Caroline et Marguerite » promenées jusqu’à Montmartre avec la fanfare de l’Ecole. A t-elle finit par faire mon bonheur, ça c’est la réponse toujours à attendre

Tout vient s’opposer

la chaleur pourtant n’arrive pas à me défaire du haut de la sphère

la Lumière domine

j’ai le tableau fait dans la série qui s’annonce

la poésie devenue le pigment de mon encrier

je pousse le cri de naissance au-delà

mes bons maîtres plus vivants que vous en moi ça n’existe pas…

 

Niala-Loisobleu – 26 Juin 2019

 

RUE DE SEINE


RUE DE SEINE

 

Rue de
Seine dix heures et demie

le soir

au coin d’une autre rue

un homme titube… un homme jeune

avec un chapeau

un imperméable

une femme le secoue…

elle le secoue

et elle lui parle

et il secoue la tête

son chapeau est tout de travers

et le chapeau de la femme s’apprête à tomber en arrière

ils sont très pâles tous les deux

l’homme certainement a envie de partir…

de disparaître… de mourir…

mais la femme a une furieuse envie de vivre

et sa voix

sa voix qui chuchote

on ne peut pas ne pas l’entendre

c’est une plainte…

un ordre…

un cri…

tellement avide cette voix…

et triste

et vivante…

un nouveau-né malade qui grelotte sur une tombe

dans un cimetière l’hiver…

le cri d’un être les doigts pris dans la portière…

une chanson

une phrase

toujours la même

une phrase

répétée…

sans arrêt

sans réponse…

l’homme la regarde ses yeux tournent

il fait des gestes avec les bras

comme un noyé

et la phrase revient

rue de
Seine au coin d’une autre rue

la femme continue

sans se lasser…

continue sa question inquiète

plaie impossible à panser

Pierre dis-moi la vérité

Pierre dis-moi la vérité

je veux tout savoir

dis-moi la vérité…

le chapeau de la femme tombe

Pierre je veux tout savoir

dis-moi la vérité…

question stupide et grandiose

Pierre ne sait que répondre

il est perdu

celui qui s’appelle
Pierre…

a un sourire que peut-être il voudrait tendre

et répète

voyons calme-toi tu es folle

mais il ne croit pas si bien dire

mais il ne voit pas

il ne peut pas voir comment

sa bouche d’homme est tordue par son sourire

il étouffe

le monde se couche sur lui

et l’étouffé

il est prisonnier

coincé par ses promesses…

on lui demande des comptes…

en face de lui…

une machine à compter

une machine à écrire des lettres d’amour

une machine à souffrir

le saisit…

s’accroche à lui…

Pierre dis-moi la vérité.

 

Jacques Prévert

DES MAINS – JACQUES BERTIN


DES MAINS – JACQUES BERTIN

Des mains
Pour partir au long cours
Comme des cheveux
Ou comme la vie
De belles mains
Sur la page ou la peau
De belles mains
Des mains de noblesseDes mains
Comme sont toutes les mainsDes mains
Comme des veilleuses
Dans l’ombre naissant
Allant et venant
Des mains de lingères
Des mains
Comme veillant, les mains de mère

Des mains
Qui creusent des sillons
Dans la vie sans ombre
Des mains aveuglément
Qui suivent une passion
Des mains pour bâtir la maison
Comme mon père

Des mains
Comme des foules de mains
Qui viennent donner la main
Des mains
Comme des foules de mains
Appelant l’espoir et l’eau vive
Des mains
Comme des troupeaux de mains
Longeant la rive
Et t’accueillant dans ton lendemain
Sans limite

Des mains
Traçant les signes du pardon
Et puis se cherchant
Comme des paroles d’abandon
Des mains
Comme des voiles pour partir loin

Des mains
Comme des voiles pour partir loin, loin
Avec des yeux d’enfant dans l’horizon loin, loin
Des mains
Pour mon amour loin
Des mains pour ramener l’amour à la raison
Et le vagabond à la maison

 

L’EPOQUE 2019/30 – « POUR LUMIERE SEULE, MON AMOUR »


Voici « POUR LUMIERE SEULE, MON AMOUR » le trentième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara Auzou.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

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                              L’EPOQUE 2019/ 30   POUR LUMIERE SEULE,MON AMOUR

Acrylique s/toile 55×46
Niala

 

Pour lumière seule

Mon amour nous aurons un clocher

Pour aller avec le coq bellâtre qui règne sur le poulailler

Et au-dessus de l’âtre un certificat attestant du tendre gravé

À la fleur de crête du bougainvillier

 

Nous aurons des étés précoces et des opéras à volonté

Des journées qui lèvent les fruits

Et de nos pouls féroces

Nous ferons des bouquets

Qui tremblent dans les hautes herbes du ciel

 

Nous aurons cette part d’éternel à tous refusée

Et de l’eau qui coule

Pour nous consoler de la poussière

 

Pour seule lumière

Mon amour nous aurons notre peau retroussée

Sous les pins maritimes

Et nos veines emprunteront un chemin intime

De sel et de certitude

Consommés entre le thym et le laurier

 

Dans le soir apaisé de nos sueurs

Nous épinglerons en riant les papillons ajournés de nos peurs

Qui tremblants toujours nous indiquèrent le sud

Sans jamais se tromper

 

  

Barbara Auzou.

PRE HISTOIRE


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PRE HISTOIRE

 

Les sables s’étalent, la dune avale la glisse, au terme d’une leçon de maintien des oyats s’allient aux palisses pour tenir l’ondulé libre.

Fût un temps d’examen de passage

les mains avaient un total respect général

 

Quoi qu’elles approchaient elles transformaient l’inerte d’une simple caresse

Tiens demande au cheval

quand du garrot la fleur à cinq pétales lui remontait au flanc du naseau

tout autour la mitraille pouvait tonner, la pluie battre le sol en boue, la sécheresse du champ retenir l’araire, le petit cheval doté d’un amour singulier tirait des reins pour.

 

J’étais à t’atteindre, horizontalement debout

l’impossible liaison entra par la forge de l’âge au brasier des coups sur l’enclume, l’âge de faire que nous donnâmes au dépourvu du naturel mit l’aura en son regard

l’eau changeant d’étiage

eut accès à l’île au Trésor.les poissons par bancs bordèrent les jardins publics de bassins sauvages d’élevage d’enfants que la lune paramétrait. La Cabale en fait état La Clavicule de Salomon..

 

Niala-Loisobleu – 24/06/19

 

BULLETIN METEO


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BULLETIN METEO

Le ciel est un mélange indécis dont seul le poids est visible

J’ai ramené les volets dedans et fermé la vue sur lui

A l’intérieur le cheval est tranquillement au frais sous le gros pommier

Le vent que la mer jette à la côte lui dresse le crin

On entend chantonner les marguerites devant l’amarre du premier village

L’école est bientôt finie les enfants roulent des bottes de la moisson en se lançant des boules de glace. Les petits-bateaux prennent la couleur du champ qui s’éveille en eux. Comme les cerises, les oreilles sont à l’écoute d’une éternelle chanson d’amour. Un poisson traverse l’atelier en courant…

Niala-Loisobleu – 24/06/19

 

SE RENDRE VERS


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SE RENDRE VERS

 

En se retirant l’air à mélangé les directions au carrefour

cherchant sous les flèches d’antan

dans un vieux carton à dessin

l’arc d’anciennes cathédrales esquissé

le carquois plein réarme l’instrument à corde de l’élan de tir

A la montée des voûtes sur cette lumière tenue en vitraux

l’édifice du choeur escalade de ses voix pour respirer

J’irais revoir ma Normandie

mon Capitaine

ses dauphins

dans le sens d’une visite à Victor

du belvédère où le regard battu par les vagues peut dépasser l’immobilisme des situations présentes. Les oiseaux marins en formation aérienne sur les mâts cargués tournent en manège pour l’apprentissage des mousses. Le sillage de ceux partis plus avant s’étale en signe initiatique de voyage. Les éléments constitutifs font un logo. Le sens se déroule sur la carte

Ta figure proue, Ma…

 

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2019