LE MARTEAU SANS MAÎTRE


Paul-Delvaux-The-couple

LE MARTEAU SANS MAÎTRE

Je tire le matin

il m’a semblé entendre un soupir

venu de la toile prise encore endormie

Cette fraîcheur passe en courant d’air

de la Chaume au jardin par la blancheur d’un Titane

 

La vase sur la peau des reins, le gravier sur le nerf optique, tolérance et contenance. Absolue aridité, tu as absorbé toute la mémoire individuelle en la traversant. Tu t’es établie dans le voisinage des fontaines, autour de la couque, ce guêpier. Tu rumines. Tu t’orientes. Souveraine et mère d’un grand muet, l’homme te voit dans son rasoir, la compensation de sa disgrâce, d’une dynastie essentielle. 

René Char (Le marteau sans Mâitre)

La peau de lin sous ma main parle du soir interrompu, elle va au retour de l’histoire à suivre,  ce que j’entend au bout de mes doigts gauches est le pouls du tambour néandertal inscrit vivant dans la pierre. Il me parle, s’insinue, glisse, tout ondule, la raideur de la pensée s’assouplit, dis-moi ce que j’ignore. Appel, appel,  appel…D’où veniez-vous, où êtes-vous partis ?

Niala-Loisobleu – 30 Juin 2019

 

 

 

6 réflexions sur “LE MARTEAU SANS MAÎTRE

  1. Nous savons si bien de ce qu’il en est du bruit labouré par la dragée des dents

    que tu préfères embrasser ma joue de juin et mettre des fruits dans ma poésie

    et dans ma bouche la mémoire malmenée de tous les printemps

    arrachée à la douleur des jardins

    Et tu me demandes à genoux de reconnaître que la fable des fleurs s’est bâtie

    sur des chants qui vont bien au-delà de nos vies

    Mâchant au cœur la marguerite je te réponds oui

    Barbara Auzou

    Ce qui est atteint ne s’en va pas au petit matin, Mon…C’est là pour toujours…

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  2. « il m’a semblé entendre un soupir
    venu de la toile prise encore endormie
    Cette fraîcheur passe en courant d’air
    de la Chaume au jardin par la blancheur d’un Titane »

    et

    « La peau de lin sous ma main parle du soir interrompu, »

    Au risque de faire hors sujet (puisque le sujet est la célébration des noces de la peinture de Niala et de la poésie de Barbara), je sors de ma réserve habituelle, pour te dire que ces mots me touchent vraiment… Le poète Ruben Dario écrivait « ya no hay Princesa que cantar »… et pour moi, il n’y a de prince que l’art pictural, et le soupir venant de la toile tendue (la peau de lin) est l’expression absolue de ce qui est essentiel pour mon imaginaire… Merci donc pour ces mots (même si, même si… je les ai retenus hors contexte). Je vous embrasse tous les deux, Barbara et Niala.

    Aimé par 2 personnes

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