VAINCRE LA PRETENTION DES ORAGES


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VAINCRE LA PRETENTION DES ORAGES

 

Au bas du chevalet l’autre peinture est là

j’ai dépassé la page blanche pris d’amour en plein silence

il faut parvenir à l’énième dimension pour sentir le dépassement des mots

une caisse de résonance une peau de percussion l’âme de  la genèse finissant par aboutir

 

Niala-Loisobleu – 19/06/19

CÉLÉBRER GIACOMETTI


René Char

 

CÉLÉBRER GIACOMETTI

 

En cette fin d’après-midi d’avril le vieil aigle despote, le maréchal-ferrant agenouillé, sous le nuage de feu de ses invectives (son travail, c’est-à-dire lui-même, il
ne cessa de le fouetter d’offenses), me découvrit, à même le dallage de son atelier, la figure de Caroline, son modèle, le visage peint sur toile de Caroline —
après combien de coups de griffes, de blessures, d’hématomes? —, fruit de passion entre tous les objets d’amour, victorieux du faux gigantisme des déchets additionnés
de la mort, et aussi des parcelles lumineuses à peine séparées, de nous autres, ses témoins temporels.

Hors de son alvéole de désir et de cruauté. Il se réfléchissait, ce beau visage sans antan qui allait tuer le sommeil, dans le miroir de notre regard, provisoire
receveur universel pour tous les yeux futurs.

René Char

ENTRE TIEN EMOI 107


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ENTRE TIEN EMOI 107

 

La façade promène l’atelier par sa verrière verticale sur le parcours vers des nuits de Seine. La double nature des réverbères se trempant entre le flan d’un ventre marinier et l’abri d’un arc de voûte du premier pont sous la main, sont acteurs des frissons de l’eau que les transparences gardent avec discrétion. Le couloir du palier porte des accents lointains. Du roulement des syllabes des pays de l’Est rythmé au geste du maillet va-et-vient avec les claquements du flamenco des peintres andalous que l’odeur de cuisine grecque rejoint par la mer. Babel ? Oui ma jeunesse estudiantine est basanée du blanc, en passant par le jaune et le brunâtre d’une époque où la révolution sociale universelle conduisait les artistes refaiseurs de monde à Paris. Je suis un petit enfant lâché dans la cour des grands. Mon dieu est-ce possible d’avoir tout gardé de cela ? Le perroquet de l’entrée porte tes habits pour les laisser jacasser entre eux. Du divan, par la chaise de paille ou de métal, ton assise est nue. Debout tu donnes des idées au chevalet. Couchée rien ne dort très longtemps. Amour à peindre. Ô Femme jardin sans fanes, tu vieillis dans une croissance de beauté, En tombant tes seins grainent les prochaines couleurs d’autres parfums.

Niala-Loisobleu – 19 Juin 2019

CÔTE DEPART


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CÔTE DEPART

 

Assez de rivière dans le creux des mains pour dessécher le désert de leur manière d’appréhender et de vers pour habiller les chemins

prendre la voie sacrée peut se faire

sans que les crécelles indisposent

l’air à gare n’est pas incompatible avec un départ pour les claires.

 

Niala-Loisobleu – 19/06/19