L’EPOQUE 2019/29 – « USAGE DE LA COMPLETUDE »


Voici USAGE DE LA COMPLETUDE, le vingt-neuvième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

 

P1050873

 

 

USAGE DE LA COMPLETUDE

Acrylique s/toile 55×46
Niala

 Prendre notre billet pour ailleurs

 fut de nous marier en poésie un jour de mousse

 où les insectes montaient droit dans l’été

 et l’eau qui est fille rousse

 se fit le témoin effronté de nos verts serments

 qui s’échangeaient du vivant au vivant

 La fausse ingénue déroulait sa calligraphie du bonheur

 dans les vasques de silence de nos épaules nues

 et toujours nous demeurerions ponctuels à sa goulée d’absolu

 Elle a fait de nos vallées des navires de roches précipitées

 roses pareilles aux aisselles du printemps

 multiplié les soleils sur le halètement joyeux des racines

 incliné sa tête pour qu’à la poche de tous nos voyages on devine

 ce lâcher d’oiseaux éternels entre les mains d’un temps

à qui on dit oui

 

 

Barbara Auzou.

7 réflexions sur “L’EPOQUE 2019/29 – « USAGE DE LA COMPLETUDE »

  1. La nudité inventorie à l’infini, avec es rondeurs célestes ont le Tendre pour carte routière…
    le vent me traverse d’une émotion dont le nom est à inventer, je me souviens c’était il y a longtemps, je l’avais trouvé à faire rire de moi.Aujourd’hui l’émoi applaudit…

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  2. JARDINS SECRETS DES SIGNES

    D’une goutte de pluie tombée sur l’immobile hiver des certitudes je façonne un cerveau de glace avant la fonte des espoirs.

    La montagne s’incline sous la caresse du ciel.
    Surgie des mousses une tortue guette le soir.

    Fougères d’étoiles dans la nuit des pierres votre sève bat le temps de vitesse.

    Sans l’eau

    le pont s’écroule.

    Les stèles de la nuit éloignent la tempête des îles où le sage apprend à ne pas mourir.

    La mousse et le lichen opposent leur sérénité à la mobilité des feuilles.

    D’inclinaison calculée l’architecte a meublé l’espace du monde.

    L’eau n’a pas de prise sur le dos de la baleine.

    Ici l’eau ne coule pas mais irrigue de l’intérieur les veines du dragon.
    D’une montagne l’autre il existe des ponts éclaboussés d’immobile par des cascades minérales.

    La fourmi tapie dans la bruyère ne craint ni l’aigle ni le tigre.

    Quand les feuilles à l’automne parsèment la peau du dragon céleste celui-ci ose à peine montrer les dents au voyageur amoureux de l’île et de la cascade.

    Dans l’eau le sang des azalées rougit les nénuphars.
    Quelques cygnes témoigneront de la beauté du sacrifice.

    Cette racine a resurgi en une source ligneuse remontant vers elle-même jusqu’aux frontières du vivant.
    L’avenir de mon regard l’accompagne.

    Au jardin de la promenade nonchalante

    les fleurs d’un cerisier rose

    sont les éclats de la pierre dressée

    en l’honneur du sage qui a su dire non.

    Quand la terre bougeait encore

    cette pierre a voulu tourner

    sur elle-même pour continuer

    à témoigner de sa longévité tranquille.

    Lente marée des mousses aux ailes des fougères.
    Un roc bascule doucement vers cet océan souple où la guerre des insectes est plus belle que la soie.

    La sève encadre la pierre un orage de feuilles rougit les forteresses.
    De la neige rejoint dans les saignées du râteau l’étang, immobile tortue.

    Ce sont des îles mobiles sentinelles de continents à la dérive sous les veines du dragon.
    A l’abri des lichens elles veillent sur les vibrations du sable et les contours de la lumière.
    Au large un voyageur accepte le naufrage espéré.

    J’ai répandu le sel aux plumes de l’oubli.
    Rien ne repoussera sinon les serres de l’aigle sur la laine du mouton.

    Une cascade éclabousse

    l’aspiration de l’architecte

    à bâtir un mur

    contenant tous les remparts.

    Devenir ce mur

    où l’argile coule à marée basse

    vers le mauve huileux des siècles

    y mêler ce lézard

    ces tigres ces forêts

    dont l’impatience cogne aux portes.

    Ordonné comme ce jardin sec

    un monde alvéolaire est ma géométrie.

    Je la regarde elle me voit

    quand je tente de déchiffrer

    le message de ses polyèdres.

    Dans les nervures de la feuille

    j’instille des rivières d’or.

    Regardez leurs méandres

    battre en brèche l’orgueil des boussoles

    bafouer le tracé de tous les portulans.

    Je dis la neige sous le jais le saphir mêlé à l’écume quand la vague ratisse à l’aube les écueils moussus d’étemel.

    Une armée de galets bute aux reflets de l’étang.
    La guerre n’aura pas lieu grâce à la vigilance du pin-sentinelle.

    Je suis un éclair blanc

    qui zigzague au cœur de la matière.

    Mon œil est lent à parcourir

    la montagne sortie de l’œuf.

    Avant moi le soleil

    était un pur joyau

    qui enchâssait la nuit

    du premier au dernier abysse.

    Pour faciliter le mystère

    j’ai transformé l’orfèvrerie

    en simple mécanique céleste.

    J’ai voulu le désert

    et j’ai voulu le lac

    tantôt en les mêlant

    vrais ou imaginaires

    aux colères du sable et du vent

    tantôt en noyant l’un

    par le sommeil de l’autre

    comme dans les yeux des lions.

    Méduse ou anneau de
    Saturne tout est bon à ma jonglerie dans les coulisses de l’espace.
    Sur terre je change des rubis en grappes de groseilles pour jouer aux billes avec l’été.

    Dans un trou d’épingle percé au cœur d’un continent de nacre j’ai noyé le regard de tous les océans.
    En grand deuil de marées quelques lunes s’agitent.

    Je guide la barque des morts vers des planètes aquatiques où l’âme flotte entre déluges et dynasties de faucons.

    Quand le soleil brise l’émeraude

    je sacrifie un guerrier

    aux délires de la puissance.

    Vos masques sont les miens

    peuple du vain combat

    mais leurs yeux ont le goût du vide.

    Mon rêve est maelstrom de sang

    au fond duquel le corps se recompose

    une meilleure fluidité

    pour affronter les massacres.

    «
    Regardez, ceci n’est pas la souche d’un vieil arbre abattu mais la base d’une colonne par laquelle votre esprit pourra s’élever jusqu’au ciel si vous en devenez l’architecte. »

    «
    Regardez, ceci n’est pas un rocher arrondi mais la carapace d’une tortue âgée de dix mille ans.
    Si vous apprenez son langage, vous percerez à jour tous les secrets du monde. »

    «
    Voyez combien est pur le plumage blanc de ces canards.
    Quand votre esprit aura trouvé la même pureté, vous flotterez comme eux sur l’étang de
    Kyoyochi. »

    «
    Perdez-vous dans la mousse comme s’y perd la fourmi et la fougère vous enseignera l’humilité. »

    «
    La pierre que tu ne vois pas est la seule qui compte au moment où tu regardes les autres: elle est le silence de ton œil. »

    «
    Quand les eaux de la rivière frappent la pierre la plus haute, elles se partagent et s’élancent vers de nouvelles directions.
    Si tu veux les suivre, choisis entre la grue et la tortue. »

    «
    Si tu veux aller d’une montagne à l’autre construis un pont sur la rivière immobile. »

    «
    Si tu veux interrompre le rêve rocheux de la cascade, acquiers la sagesse du lichen. »

    «
    Ouvre le monde aux gisants de la terre qui dorment sous les massifs d’azalées. »

    «
    Quand la lumière de l’eau encercle une île à la dérive deviens le maître des vagues. »

    «
    A moins de savoir où vit, de quoi se nourrit et ce que pense le dragon, impossible de l’abattre, d’espérer l’avoir à sa table ou de s’en faire un ami. »

    Jean Orizet

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  3. On entend la rumeur des grands arbres qui dansent à l’ombre des maisons ……
     » Quant au miroir du poème
    il ressemble à l’oiseau qui marche à l’envers
    et tente de mieux voir
    le paysage qui vole en lui  » —- Bernard Noël ———-

                             Quelque chose de léger qui nous aide à marcher un regard profond  
    

    plus vif que nos pensées …. Merci à tous deux ……….

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