CE QUE DIT LE TABLEAU


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CE QUE DIT LE TABLEAU

Le sol écarté par le pouvoir de nos ailes quel espace aurait pu s’opposer au dépassement illimité

Des tiges la courbe droite du pétale qui aurait osé en interdire la nage. Un poisson plus long qu’une clef à sardine tient ferme ce qu’il faut garder de sel pour le mascaret

Les maisons comme des herbacées en milieu désert tiennent le feu des soupirs. Les chiens allongés aux pieds des portes, tenant l’entrée des chambres. C’est écrit lisais-je dans sa pupille, oui et sans besoin de majuscule, la nature de ce qui gonfle son sein est d’un autre composant gazeux.

 

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2019

A CEUX POUR QUI RIEN NE VA JE DIS


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A CEUX POUR QUI RIEN NE VA JE DIS

 

Je ne regarde pas la vague qui stationne, le ponton qui fait embarcation n’entre que dans l’espace sec

Le vent recule face au vol de l’épervier

Sur le rocher qui dépasse j’arrose la poignée de terre pour mettre la graine de marguerite

Un long fleuve traverse

Ton tronc renversé au dévissé du bassin

J’oeuvre à l’élargissement de son estuaire. Une fleur de chair au pouls.

 

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2019

Brise marine – Mallarmé – Jacques Bertin


Brise marine – Mallarmé – Jacques Bertin

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

 

ENTRE TIEN EMOI 103


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ENTRE TIEN EMOI 103

Rue de Seine c’est mes méandres c’est là que je venais vers les Beaux-Arts manger un oeuf dur au percolateur. L’herbe continue de cerner le Louvre bien que les Chargeurs Réunis aient d’autres remorquages en tête. Le Carrousel n’arrive pas davantage que depuis à s’accommoder d’une pyramide aux yeux bridés. Souvent les yeux collés je me réveillais  après la première cigarette sur le quai du métro. Roule la ferraille qui secoue ses cris dans le tunnel, devant soi les yeux absents d’un voyageur de l’immobile, cette femme assise qui a le siège de la galanterie parle comme une marchande de poisson. Premières odeurs d’un paradoxe qui va durer jusqu’à la débauche du soir. Le trottoir me rend à l’air matinal, le musc de ta peau vainc toutes les agressions mélangées, genre celle à la menthe que la dame pipi répand dans les toilettes publiques. L’automobile a encore du  respect pour le piéton, des gosses jouent dans la rue qui sent le boulanger. Les mômes jouent à taper dans une gamelle, le football est loin d’être un bisness qui prend le sport pour alibi. Quand j’ai dit bonjour aux dames de Maillol en traversant les Tuileries, je crois que ton poil que j’avais gardé sur la langue n’a pas réussi à me faire zozoter. J’ai coupé Jeanne d’Arc par la rue de Rivoli, victorieux des sornettes de chaumières et de gardiennes de mous tons. Sur le chevalet, un moineau dans le poing est sur la toile.

 

Niala-Loisobleu -7 Juin 2019