DEMAIN DES L’AUBE


DEMAIN DES L’AUBE
(Texte: Victor Hugo, Musique: Pierre Bensusan)

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Tomorrow, at dawn, when the sun bleaches the land,
I will leave, I know you wait for me.
I’ll go by the forest, I’ll go through the mountains.
No longer can I bear to be away from thee.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit.
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Et le jour pour moi sera comme la nuit.

I will walk in a world of my own,
Hearing no sounds, without sight,
Alone, back bent, hands crossed, unknown,
And the day for me will be as night.

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux.

Now that Paris, with her marble and streets,
Her mist and her roofs are so far from my eyes,
Now that I am beneath the branches of trees,
And I can dream of the beauty of the skies.

Maintenant qu’attendri par ces divins spectacles
Plaines, rochers, forêts, vallons, fleuves argentés,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l’immensité.

Now I am moved by these divine spectacles,
Field, crag, forest, valley, silver stream,
Seeing how small I am, seeing your miracles,
I come to my senses before your creation supreme

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses;
L’autre plonge en la nuit d’un mystère effrayant.
L’homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu’il voit est court, inutile et fuyant.

We only ever see one side of life;
The rest is shrouded in terrifying mystery.
Man bears his burdens without knowing why.
All he sees is short, useless, and fleeting.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx et de bruyère en fleur. 

I will not watch the gold of the evening rays,
Nor the distant sails of journeys resumed.
And once I have arrived, I will place on your grave,
A bouquet of holly and heather in bloom.

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses;
L’autre plonge en la nuit d’un mystère effrayant.
L’homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu’il voit est court, inutile et fuyant.

We only ever see one side of life;
The rest is shrouded in terrifying mystery.
Man bears his burdens without knowing why.
All he sees is short, useless, and fleeting.

 

ENTRE TIEN EMOI 102


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ENTRE TIEN EMOI 102

Les murs s’ouvrent autour de la tendre peinture. Touches intimistes portant les traces des sachets de lavande du tiroir de la commode de la chambre qui abrite le jardin. Les agapanthes bleues courent comme des folles, échevelées dans l’alcôve en courbant les bras dans les draps. Les chevets ont tirés les murmures de la voûte étoilée dans leur abat-jour. On entend les corps partir l’un vers l’autre. En dessous le chien a squatté le canapé devant les chenets qui garderont les braises jusqu’au prochain hiver. Sur la longue table l’encrier dort en attendant la levée d’encre. Si les quilles sont toujours debout c’est que l’estran est haut. Un poisson nacré évite le filet à provision. L’ardoise elle je l’ai mise au pied de l’herbe aux gueux, nous ferons le compte des prochaines feuilles quand tu enlèveras ta nuisette et que le cheval tiendra la charrette prête au bas du perron. En attendant la lune se prépare au coup de vent. Miguel arrive parmi nous. Au Pertuis ils renforcent les amarres et le gardien de phare a mis la lanterne en sécurité. je pense à ceux qui devront s’en accommoder au large. Les enfants verront leur histoire s’embellir un heureux événement arrive sur les plages du Calvados pour que le rêve ne déracine pas. Sais-tu que dans toute cette misère je suis un heureux chercheur d’hors ?

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2019

DECOUVERTE


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DECOUVERTE

 

Pivot vole

un pigeon en traîne un autre

l’aile hésite  au bord de la margelle et bleue rame coupe-file

Au-dessus  de ce qui creuse vole la trame d’un intime  paysage

Les bords ne retiennent que le tracé du drain

la marge citerne à l’infini le débord

Penché au rythme de notre traversée le ballant des outres de ta poitrine me tient irrigué

l’équilibre dans lequel s’ébranle le fond de la pièce manuscrite tourne le loquet de l’apporte de l’encrier

Comme l’écart des jambes ponte les deux berges de la nuit en joignant le sens du sillon nous mettons nos sacs au pied du grenier en chevet allumé.

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2019