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Nilda Fernandez , Mercedes Sosa « Mon amour


Nilda Fernandez , Mercedes Sosa « Mon amour »

 

Mon Amour ♪

No te condenes a perpetuidad
La cuerda existe y no te ahogará
Mon Amour, Mon Amour
Te amo y te espero
Es algo muy ligero
La pluma en el tintero
Mon Amour.Cuando mis versos puse en la pared
Tal vez sería porque yo que sé
Mon Amour, Mon Amour
Te amo y no te encuentro
Es algo muy por dentro
El mundo hasta su centro
Mon Amour.

Si lo deseas me voy hacia atrás
En las mentiras no me perderás
Mon Amour, Mon Amour
Te amo y nunca llego
Es algo como el fuego
La llama para un ciego
Mon Amour.

 

Mon Amour
Ne te condamne pas à perpétuité
La corde existe et ne vous noiera pas
Mon Amour, Mon Amour
Je t’aime et je t’attends
Il est très léger
Le stylo dans l’encrier
Mon Amour

Quand je mets mes versets au mur
Peut-être que ce serait parce que je sais
Mon Amour, Mon Amour
Je t’aime et je ne te trouve pas
C’est quelque chose de profond à l’intérieur
Le monde à son centre
Mon Amour

Si tu veux, j’y retournerai
Dans les mensonges tu ne me perdras pas
Mon Amour, Mon Amour
Je t’aime et je n’arrive jamais
C’est quelque chose comme le feu
La flamme pour un aveugle
Mon Amour

 

 

LE CORPS RAYONNANT


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LE CORPS RAYONNANT

 

Moment où il semble qu’en nous le paysage tourne,

quand nous ne savons plus y trouver un chemin :

ni la vraie vie ni la mort mais la vie obstruée

par ce qui n’a ni forme ni visage et que l’on n’ose

attaquer crainte de se tromper de cible

– si la faiblesse n’est pas la seule cause

de cet accablement. (Je vois les toits ressuyer

après la pluie qui laisse le ciel aussi couvert

et dans la cour j’entends des bruits

de caisses que l’on déplace et je m’élance

– trop faiblement – vers une terre découverte

qui est cette femme nue dans la solitude

de sa chambre et qui rêve et ne sait pas

qu’elle est une goutte d’eau aux lèvres

dans le désert de celui qui ne la verra pas

– car il n’y a pas d’oeil qui la surprenne

– rien qui la surprenne, mais son corps rayonne

et au-delà des murs et des arbres qui gouttent

s’impose à l’inconnu qui est proche soudain

de surprendre un mystère reformé – la terre

ainsi parfois s’éclaire, se rembrunit la vie

d’un homme épouse ces moments peut-être malgré lui

– et ce sont leurs noces cependant.)

Paul de Roux

 

La Nouvelle Revue Française, N°443, Décembre 1989

Editions Gallimard, 1989

 

 

Le soir tombait à plein vent, décollant tout sur son passage.

Tu me vins un peu désespérée, apeurée, les mains accrochées à poignées. Un billet me disant que tu étais à J-P.R., autre poète disparu. J’ai remonté les limites de l’orage, passant dans ses ravages pour trouver. Chaque palpitation, remous, instant où le sein se reconnaît dans la glace, suffoque et reprend cours. Imprimé du tissu qui suit l’image à l’intérieur de son seul désir corporel. Les trains laissent les gares en course, ils vont d’enfer, non la vague refuse d’être stoppée. Au sol des pas s’additionnent. L’enfant sort du car un sourire en l’absence de paroles. Je monte à l’échelle du meunier pour libérer les ailes, le torse frappé de ta présence à deux poings. Tapie sur le lit que je viens de te découper dans le ciel tu regardes ce qui constitue un possible rayonnement. Le voile blanc qui t’a mené à l’autel est cargué de tout ton corps offert au long voyage qui dure à deux vies en une seule. Je te dessine alouette et brise les miroirs-menteurs. Ne te rhabille pas le vent-laveur est raton. Il tient la surface molle en pont-transbordeur. Pendant que l’armada se tient dans les starting-blocks pense aux moments où mourir est le passage à vivre. L’aube sera libératrice. Les premières corolles envahiront le ciel.

 

Niala-Loisobleu – 05/06/19

ENTRE TIEN EMOI 101


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ENTRE TIEN EMOI 101

 

Prenez votre sinche avant d’aller aux vignes rappela la cagouille, c’est un jour qui mouille.

La rue que seulement les coulures de dalles habitent, a recours a ses néons racoleurs pour se faire du monde. Les caisses du supermarché ne sont pas toutes ouvertes. On circule sans embouteillages dans les allées. Des caniveaux me reviennent les campagnes de pêche de ma jeunesse. A un point qu’en vérité je me sens moins vieux qu’un râtisseur de curiosité qui n’est plus intéressé que par son smarphone. Dans le écoles les élèves reniflent la fin des cours, un bac pour les vacances ferait leur affaire. Je sors et trouve Ernesto assis les deux pieds dans les flaques. Lancé dans un combat naval impitoyable contre  son prof de robinets. Le petit génie est le seul soleil des temps de pluie qui tiennent. Ma parole faut voit la baffe qu’il tient prête pour les parents d’élèves. Avec sa copine Marguerite ils n’ont pas à refaire le monde, ils sont de l’autre. La couleur dont ils se nourrissent leur pétale l’âme arc-en-ciel .

La baie se profile dans son costume de peau

Le grand tilleul, une sorte d’arbre à soi pour les nuits blanches, abrite les derniers oiseaux de la Chaume.

Des mareyeurs au matin sortant d’un endroit que je nommerai pas voyaient clairs malgré leurs cernes sous les yeux. Dans le vide de la criée les premières moules quittaient les bouchots. J’entendis le livre se relire une dernière page, au moment où la bouilloire siffla le départ. L’abri de la remise à outils avait du temps devant lui avant d’ouvrir. Ernesto s’approcha dans une partie des Jeux d’eaux, sa baguette magique croustillante en main. J’entrevis ton oeil qui se baladait au bout des tiges de coquelicots. Comme la table du jardin était sortie je t’ai cueilli pour me faire un bouquet.

J’ai cru longtemps qu’il suffisait de toucher
le bois d’une table pour marcher avec la forêt,

de caresser le galbe d’une statue pour donner
un corps tout neuf à l’amour, de croquer

un fruit vert pour que s’ouvre à nouveau
le jardin de l’enfance et que la mer appareille

qui était blanche comme tout ce qui endure
sans parler le feu des longs désirs,

j’ignorais

que là où l’enfant peut entrer de plain-pied
un mur se dresse que le temps a bâti

avec nos coeurs aveugles, avides, nos belles
promesses, nos serments de papier,

et c’est celui-là même où nos rêves se brisent
que tu défais, poète, pierre après pierre,

avec des mots de rien, des mots de peu
que les pluies ont lavés, les silences taillés

comme un diamant dans la lumière des jours.

Guy Goffette

Je pris la main d’Ernesto, l’emmenai chez-moi, lui promettant que plus jamais il n’irait à l’école.

Niala-Loisobleu – 05/06/19

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