VENUS DE CHEZ TOI


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VENUS DE CHEZ TOI

Une mer roule quelque part, des ailerons tendent le bec au ver hors du nid, la terre ira-t-elle au four pour ressortir brique, il est immémorial que l’épée s’adresse plus à l’homme qu’à la corrida, pourtant c’est la tauromachie que l’on réprouve. Au seuil du passage je regarde l’enfant s’accommoder d’une ignorance de calcul. Toutes ses billes roulent en bonbons sur sa langue. Un jeune poulain attrape la course céleste de l’indien comme la majorité rétrograde en réserve des grandes prairies de cartes postales. Elle a la poitrine gonflée la région de ma couleur, le souffle  du mot qu’on ne comprend pas, l’écriture qu’on enseigne pas. Aux tables de rencontre on me digère de travers. Les jambes nues des terres à sainfoin laissent l’empreinte de leurs transpirations jusqu’aux écuries d’Augias. La mousse amasse les lointains rivages du côté le plus proche des jours. L’ombre percée de l’étui à violon tient l’archet par la main.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2019

BATTEMENTS DE PORTES


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BATTEMENTS DE PORTES

 

Au pouls de la portière et du chien couché

le mur reflète ce passage attendu

la chaise est percée de porteur

une missive qui s’écrit au dos de la spirale

Quelques fleurs revenues de loin

emportent ailleurs

avec le sourire de la biquette non attachée

à l’embuscade

Un garçon la parole aux yeux

balance un amour d’instinct ressenti

fort d’innocence

Elle est là

nue

le ventre prêt à donner encore

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2019

L’églantine de mon jardin


L’églantine de mon jardin

Elle a les mains devant son cœur, des doigts qui touchent des parfums,

Des pieds qui n’ont pas de moteur, et des gestes de physiciens,

L’églantine de mon jardin…

Elle a des amours de jeunesse qu’elle porte comme des petits chats

Quand on lui dit de les poser, elle vous regarde, ne comprend pas,

L’églantine de mon jardin…

Elle n’a pas de nom, pas de vie, elle vit seulement à quatre heures

Dans une chambre loin d’ici où se révèlent ses envies…

L’églantine de mon jardin…

Elle fait de la faiblesse comme d’autres font de la fierté,

Elle vous domine quand elle se baisse et ramasse votre fierté

L’églantine de mon jardin…

Elle a de la mélancolie qui ressemble à de la vertu

Quand on la pose sur un lit on dirait une enfant perdue

L’églantine de mon jardin…

Elle n’a pas de nom pas de vie, elle vit seulement à quatre heures

Dans une chambre loin d’ici où se révèlent ses envies…

L’églantine de mon jardin…

Elle a des lèvres entr’ouvertes d’où s’échappent des serpents

Qui se posent sur mes lèvres, envahissent mon étang…

L’églantine de mon jardin…

Elle a des barrières infranchies qu’elle n’ose pas escalader

Quand elle parle: elle rit et se penche pour vous regarder…

L’églantine de mon jardin…

Elle a bien un nom, une vie, mais je ne m’en rappelle plus

Elle s’est éclose dans ma vie, au jardin des sentiers battus,

L’églantine de mon jardin…

 

Paroles et musique Môrice BENIN