2 réflexions sur “A qui n’a pas aimé – Gérard Manset

  1. A qui n’a pas connu l’amour,
    N’a pas aimé,
    A qui n’a pas touché
    Ses lèvres embaumées,
    N’a pas senti sur lui
    Son regard lourd,
    Ses yeux de maladie,
    De fièvre désarmée.
    A qui n’a pas touché du doigt
    La plaie profonde,
    La déchirure de l’être aimé
    Que tout inonde,
    L’or qu’est devenu
    Sans qu’on l’ai voulu
    Le quotidien des choses
    De la banalité,
    Comme une plante arrachée
    A la terre, au fumier,
    Comme une main
    Qu’on a lâchée
    Mais c’est sans doute là-haut,
    Dans la félicité,
    Que ceux là seront atteints
    De cécité
    Et réunis sans devoir se cacher,
    Aveugles sur le monde
    Et sur sa cruauté
    Comme une fleur arrachée
    A la terre, au fumier,
    Comme une main
    Qu’on a lâchée.
    A qui n’a pas subi sur lui
    Cette caresse,
    A qui n’a pas touché du doigt
    Cette herbe épaisse
    Qui frissonne et se courbe
    Comme avant
    Mais ces trous sont ses yeux
    Par où passe le vent
    Et tout ceci finit par m’être indifférent.
    Peut-être disparaître
    Dans le pli du néant,
    D’avoir été ensemble,
    De n’être plus
    Que ce qui dans les larmes
    Et dans l’eau se dilue
    Comme une plante arrachée
    A la terre, au fumier
    Qui par sa tige reste attachée
    Et ne peut ni grandir ni périr ni passer,
    Simplement dépérir,
    A qui n’a pas aimé

    Bonjour, Mon….

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