ENTRE TIEN EMOI 91


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ENTRE TIEN EMOI 91

Autour d’ocres de terre que les rouges supplantent aux jaunes

L’arbre convulsif surgit

Noué rides en creux où la douleur tremble en permanence

Seuls où en interminables oliveraies

Aux cris de torses de parturientes ouvertes face à l’azur

S’alignent les jaunes acides d’une douleur créative

La pierre émerge en une ligne double projetée du big-bang

Toujours  larmoyant

Au milieu de cette eau d’invasion méditerranéenne qui a gardé le guttural accent flamenco arabique

Le vent saute les remparts

Entre

Ressort

Partout où je t’ai emmené à l’autel

Sans que jamais il ait pu dénouer nos doigts

Que la mer à cache-cache dans une fenêtre percée à coeur de montagne

Tient à flot

Vertical assemblage d’un appel à nos prières

Ma, tes seins intercontinentaux en passe-pores…

Niala-Loisobleu – 26/05/19

ATELIER/PÊCHEUR 2


ATELIER/PÊCHEUR 2

Paroisse 

Des femmes sont assises dans l’hiver
Le long de la radio, sur un dernier travail
C’est tard la nuit, il est déjà dans les dix heures
Depuis longtemps dorment dans les chambres glacées
Des enfants protégés du mal par un signe de croix
Des femmes sont assises dans l’hiver. Il fait grand froid.
A la gare on attend encore le train de Combourg et Dol
Dans la prairie les gitans guettent le sommeil des chevaux
Ils ont plié le cirque dérisoire et ils s’en vont. Demain
Les maçons ne travailleront pas sans doute à cause du gel
Demain il y a messe pour la jeune fille qui est en deuil
De Nantes vient le givre avec ses cuivres. Il fait grand
froid.
Paroisse de l’année soixante. O périphérie de la paix
Femme posée comme une lampe à huile dans le silence
Rassemble dans cet écrin-là tous tes enfants. Emporte-les
Vers le bon dieu et qu’on ne nous sépare pas
Demande-lui si c’est bien demain que le payeur passe
Et quand va-t-on enfin goudronner la rue. Tu as froid.
Tu fermes la radio. Tu montes en faisant attention
Vers un endroit que je t’ai préparé dans ma mémoire
Et qui s’est détaché de moi pour vivre, comme une chanson
Où tu es bien parce qu’on ne nous séparera pas.
Jacques Bertin
Les murs ont couvert le suaire des joies avortées
de graines à pleins greniers que le cheval en saillie
a tiré de la chair humide du lin bleu. Il se murmure un orgasme juvénile.
Dans l’attente de la dernière marée. Les trains au-dessus du pavé, le doigt sur la gâchette solaire prêt à tirer
D’années cinquante les poils ont blanchis, sans que les pinceaux rechignent
Demande-lui où Marthe te mit et Louis debout
La radio-tubulaire c’est faite scanner d’un appel « ici Londres » où les français ne parlent plus français
Et quand le tarmack avale la garrigue, le lièvre court comme tort tue au journal parlé creuser
Les mots pour rien, les mots pour paraître, les mots habillés manquent de peaux pour exprimer la vérité de la nudité
Mécréanr t’as trouvé ton endroit-sacré, ta paroisse…
Niala-Loisobleu – 26/05/19

FAITE DE QUOI


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FAITE DE QUOI

 

Accouchée d’un jour dans les autres,  la première heure se pose le pied, mal assurée ou sûre d’elle-même. Difficile de tenir l’envie de sourire ou de pleurer jusqu’au terme des 24 heures. Entre sa résolution et l’établissement de la réalité les chemins s’écartent sans qu’on l’ait vraiment désiré et orienté.

Il y a toujours une fête pour motiver. A moins que…

Plus abandonné qu’un enfant sans mère, je n’ai rien reconnu de ce jardin que j’avais laissé entre une vacance d’atelier et un rendez-vous lointain avec une autre langue.

J’ai eu des enfants de moi et d’autres et toujours un abandon de mère.

A faner les honneurs de ce bouquet pour les mettre dans l’usage qu’on en fait. Des couronnes.

 

CE QUE DIT L’HOMME DE PEINE

Un hiver tout en branches et dur comme un cadavre

Un homme sur un banc dans une rue qui fuit la foule

Et que la solitude comble

Place à l’appareil banal du désespoir

A ses miroirs de plomb

A ses bains de cailloux

A ses statues croupissantes

Place à l’oubli du bien

Aux souvenirs en loques de la vérité

Lumière noire vieil incendie

Aux cheveux perdus dans un labyrinthe

Un homme qui s’est trompé d’étage de porte de clé

Pour mieux connaître pour mieux aimer

Où commence le paysage

A quelle heure

Où donc se termine la femme

Le soir se pose sur la ville

Le soir rejoint le promeneur dans son lit

Le promeneur nu

Moins gourmand d’un sein vierge

Que de l’étoile informe qui nourrit la nuit
Il y a des démolitions plus tristes qu’un sou
Indescriptibles et pourtant le soleil s’en évade en

chantant
Pendant que le ciel danse et fait son miel
Il y a des murs déserts où l’idylle fleurit
Où le plâtre qui se découd
Berce des ombres confondues
Un feu rebelle un feu de veines
Sous la vague unique des lèvres
Prenez les mains voyez les yeux
Prenez d’assaut la vue

Derrière les palais derrière les décombres

Derrière les cheminées et les citernes

Devant l’homme

Sur l’esplanade qui déroule un manteau de poussière

Traîne de fièvre

C’est l’invasion des beaux jours

Une plantation d’épées bleues

Sous des paupières écloses dans la foule des feuilles

C’est la récolte grave du plaisir

La fleur de lin brise les masques

Les visages sont lavés

Par la couleur qui connaît l’étendue

Les jours clairs du passé

Leurs lions en barre et leurs aigles d’eau pure

Leur tonnerre d’orgueil gonflant les heures

Du sang des aubes enchaînées

Tout au travers du ciel

Leur diadème crispé sur la masse d’un seul miroir

D’un seul cœur

Mais plus bas maintenant profondément parmi les

routes abolies
Ce chant qui tient la nuit
Ce chant qui fait le sourd l’aveugle
Qui donne le bras à des fantômes
Cet amour négateur
Qui se débat dans les soucis
Avec des larmes bien trempées
Ce rêve déchiré désemparé tordu ridicule
Cette harmonie en friche
Cette peuplade qui mendie

Parce qu’elle n’a voulu que de l’or

Toute sa vie intacte

Et la perfection de l’amour.

 

 

Nettoyer la vitre pou rattraper la clarté le temps de se refaire le minimum de jambes à marcher encore. Après le règlement de conscience d’un bulletin de vote….

Niala-Loisobleu – 26 Mai 2019