PENDANT QUE (Préambule)


da5a3238b5e63339c4712d01ef577621

PENDANT QUE (Préambule)

La coque d’une valise autour de l’haleine

il fait un peu plus frais

mais garde du vent

le jointoiement de l’épaule à la coudée du majeur

abolissant toutes distances

par la course souterraine de la plante nourrie à éclore

Ainsi soit-îles

Niala-Loisobleu – 07/05/19

Pendant que

Gilles Vigneault

Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans le secret des bois
Deviennent des rivières
Moi, moi, je t’aime
Moi, moi, je t’aime
Pendant que le soleil
Plus haut que les nuages
Fait ses nuits et ses jours
Pendant que ses pareils
Continuent des voyages
Chargés d’autant d’amours
Moi, moi, je t’aime
Moi, moi, je t’aime
Pendant que les grands vents
Imaginent des ailes
Aux coins secrets de l’air
Pendant qu’un soleil blanc
Au sable des déserts
Dessine des margelles
Moi, moi, je t’aime
Moi, moi, je t’aime
Pendant que les châteaux
En toutes nos Espagnes
Se font et ne sont plus
Pendant que

UNE ECHARDE AU COEUR- SERGE REGGIANI


UNE ECHARDE AU COEUR- SERGE REGGIANI

J’aurais pu être un héros
Où un traîne bistrot
Un banquier ou un fou
Il s’en est fallu de quoi
Que je sois toi
Tout se passe au millimètre
Et ce que l’on peut être
Dépend-il de nous
Où d’une partie de loto
Jouée là-haut
Faut faire avec ce qu’on a
Je me contente de moi
J’aime la vie, la vie cette garce
Qui punit ses vainqueurs
Je la perdrais sans perdre la face
Mais une écharde au cœur
Je suis moi, mais je suis lui
Qui marche sous la pluie
Après l’adieu banal
Et va prendre calmement
Vingt cinq calmants
Vois cette photo couleur
Cette photo douleur
Sur le papier journal
Ces grands yeux qui crient de faim
Ce sont les miens
Je suis trois fois rien d’un coup
Où l’on me trouve partout
J’aime la vie, la vie cette garce
Qui punit ses vainqueurs
Je la

ENTRE TIEN EMOI 88


cropped-a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c81

ENTRE TIEN EMOI 88

 

Ma,

Le code barre

reste l’image poétique qui parle

je suis un camion postal

je suis l’oiseau-voyageur

je suis la pierre qui roule

je suis le vent fripon

je suis rien de Judas mais pourtant l’oeil

Je suis le train de mes sabots

je suis le cheval-hippocampe qui nage dans les étoiles

je suis le passage de ma langue aux frontières d ta peau

je suis

donc

je reste ce que le jour tient en pousse.

IDENTITE

à
André
Breton

Je suis je suis je suis ce que je ne sais pas

un ustensile de comparaisons

pour tamiser les vieux proverbes

à l’heure où l’aube blanche s’écroule en larmes

je suis un vieux péché de gloire morte

posé très délicatement

ainsi qu’une émeraude de naissance

sur la falaise des coïncidences

je suis un acrobate de fortune

qui termine son numéro

dans l’exacte nuance du dérisoire

une guitare qu’une vierge démantèle

dans une crise folle de chasteté

je suis ce qui n’a pas d’importance

qui se confond avec l’image en filigrane

d’une future vérité dès à présent défigurée

je suis un nœud de cette corde

qui traîne dans le champ

que demain vous pourriez découvrir

explorer sur les échasses de l’angoisse

je suis cet argument que l’on emploie

quand on veut se crucifier

la couverture que l’on cherche

pour se coucher frileusement

dans un ultime témoignage

le parfum d’un atome devenu vertueux

l’aile d’un caillou qui cherche son amant

je suis aval de votre damnation

et la source qui naît de l’âme d’un volcan.

Je suis à la rigueur aussi le visage voilé

un tout petit lambeau de
Christ

bien maladroit d’outre-mémoire

ainsi que vous voyez parfois

le cadavre d’un bel insecte

dans une toile d’araignée

dans l’aube violette

en la chapelle des quatre vents

tout au pied de la colline de votre enfance

Je suis un grand seigneur du domaine maudit

le magicien parfait de l’innocence noire

l’enfant déshérité qui n’aurait pas dû naître

l’homme vieux qui lutine une sévère mort

le magistrat secret des hautes hérésies

pour celte époque où
Dieu lissait ses plumes d

le souteneur désabusé qui se suicide

dans son bouge de vérité

la chaîne du forçat dans le mythe d’Antcc

la créance d’un saint sur le sein d’une fée

l’agenda d’un oiseau nourrissant ses petits

la perte blanche et pure d’un grand iconoclaste

l’indésirable perle en la neige perdue

je suis un grand seigneur du domaine des nues

Je suis le grand seigneur d’un orage latent

l’indicible souhait d’une orange d’amour

frappée de par l’éclair éblouissant

je suis le piétinement gris

d’une colonne de fourmis qui s’expatrient

l’argument de
Zenon dans les ruines d’Êlée

le linceul étoile des réincarnations

le souterrain secret fouillant le
Golgotha

le fabricant menu de sarcophages bleus

le croisé du silence en la gnose de feu

le pont-lcvis baissé sur la terre sans maître

le sténographe pur du murmure océan

je suis un grand seigneur au domaine du temps

Je suis un grand seigneur au domaine du rêve le beau cercle vicieux qui devient un cerceau pour l’enfant dépouillé au cartable d’azur le bagnard endormi qui charme les oiseaux
l’anachorète nu aiguisant des idées pour coudre le manteau de la femme damnée le critère parfait de l’indéterminé comme la plume au vent égratignant
l’été le coucher du soleil sur les seins de
Ninive le corsage échancré de la psychanalyse la côte du
Gabon par un torride été la chandelle de cire près du litre de lait le serment arraché aux lèvres de la fièvre je suis un grand seigneur au domaine du
rêve

Je suis un grand seigneur de l’osmose totale l’incombustible don de la source enchantée la fibre du bambou qui découvre le ciel la robe de silex abreuvé de patience le cil
purifié d’une pauvre
Marie le calligramme d’or de l’aveugle trahi l’échansin du futur pour la gourde du temps je suis le grand seigneur de l’ivresse d’antan

Je suis le grand seigneur d’une légende nue un gémeau allaité par la reine d’amour le truand de l’adieu sans esprit de retour

la clepsydre épuisée de mesurer

le temps la coupe de cristal et de hiérarchie par mon souci sur

le marbre brisée

la colonne d’Hercule en habit de clochard

la sentence d’un nain dans

le temple du soir

le crachat d’un apôtre en terre de
Judée

le testament d’un roi qui a donné ses terres

je suis un grand seigneur du sang de l’éphémère

20 janvier 1963

 

Achille Chavêe

Et tenant les deux-mers entre

j’édifie le phare au centre comme notre nombril, quelques poussières d’îles dans l’iris de tes yeux

Le chien posera pour la photo en voyant venir les mamelons par dessus tes coudes

à la quête d’odeurs du Sud

Alors tu ne pourras pas t’y tromper.

Niala-Loisobleu -07/05/19

A SUPPOSER


IMG-2227.JPG

 

A SUPPOSER

«À supposer que les oiseaux se taisent
toujours une branche craque au bord de l’écoute

à supposer que le bois ne s’étire pas
toujours on y devine une rumeur de vent

à supposer qu’on n’entende plus le moindre souffle
dans le calme il y a toujours un bruit qui se prépare

à supposer que l’imminent demeure imperceptible
il y a ce bruit de voix que fait la pensée

à supposer que la pensée elle aussi renonce
il reste ce murmure en moi parce que je t’attends

à supposer qu’un jour je renonce à t’attendre
le silence écoutera toujours venir la fin d’attendre»

Ludovic Janvier

Ainsi en poste serai-je sur ton chemin, Ma.

N-L – 07/05/19