ENTRE TIEN EMOI 63


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ENTRE TIEN EMOI 63

Dehors je n’entends rien que le vent ne tienne pas par la main. Les dernières feuilles d’automne sont sur l’échelle, rechappées et déjà aux branches. Peinture fraîche.

L’horloge du temps-mort passe gaillarde comme un oignon qui germe

Vous savez comme cette corde à sauter de la récré mise à la place de la grammaire. Avec un éclat d’oeil, ce matin j’ai gratté mon pupitre. Les tâches ont roulé en poussière et fins copeaux. L’abeille sortie des fleurs a étalé la cire. Le sommeil ébarbe les rugosités d’une fatigue rendue à la limite de l’acceptable. Cette nuit un rêve s’est montré. Il y avait autre chose au vernissage que des curieux assoiffés. J’ai remarqué des têtes pleines d’entrain quelque chose dans la mine du chemin fait. Trente cinq ans d’exposition dans ce lieu que j’avais voulu culturel, c’est plein de choses vécues à plusieurs.

Il sont mêmes venus à plusieurs depuis l’éternité où ils résident. On peut dire que ça remue.  Il y a des bouffées de moments d’apnée.

Ma,

regarde de plus près. Il y a dans le bleu qui prospère une sorte d’accomplissement qui ne doit rien au hasard. Je ne sais pas faire semblant. Il me semble que la biquette le voit très justement, la voilà qui rit, demande-lui pourquoi.

 

Niala-Loisobleu – 11/04/19

 

CE QUI TRACE TA VOIX

 

Ce qui trace ta voix
Dans ton silence désossé
C’est le chant de tant de voix
Qui animent ta bohème
Démultiplication
Avec le carré
De tes nerfs
Qui font la chair
De ton poème

Pendant que dort ton amour
Le clavier des lueurs
Joue dans le jour
Finissant
Comme pour tordre
Sa lumière

Ta vindicte aux étoiles invisibles
T’entraîne à toucher
Le lointain

Le hasard t’aspire

Et tu tends tes désirs
En offrande de veille
A l’innocente grâce
Qui te sourit
Aussitôt
Le soleil éteint

A la flamme de la bougie
Brûle ton long soupir …
Tu redresses ton souffle
Vers l’horizon feutré
Qui immole
Les ombres des humains
Et met à nu l’étranger
Assis sur la corde
De tes songes

Quelques embruns
De regards débordants
Viennent dépoussiérer
Ton propre ciel
Écumant

Et tu bâtis
Comme des insurrections
Aux yeux vifs d’amants
Où se souligne
L’attente
Comme un phare tendre
Qui plonge dans
Leurs paupières

Si la danse des voix
Cueille toutes les langues –
Elle accueille ta chance
D’éprouver l’art
Au pavois
De toutes couleurs

Un soupçon d’hiver
Rentre dans l’étreinte du hasard
Qui embrasse ta scène impromptue …
Tu les retrouve tes lunes
Au milieu des chemins
Où tu lances
Ta plume

Chaude est ta roche d’incertitudes
Où claquent et dansent
Les vagues immiscées
Dans ton cœur …
Elles sont
La pensée qui peuple tes songes
Elles sont cette dame
Qui roule ses pas
Contre tous
Les courants d’amertume

Et la terre – sous ce auvent –
Déploie un grand halo
Autour des désirs
Qui attendent …
Nous relevons même le ciel
Au-dessus des toits …
Nous lui avouons
Nos rêves
Et …
Il se teinte de tous les sourires

Le temps indistinct
En aura oublié son horloge …
Alors – gavé de présence –
Il nous renvoie aux
Feux des solitudes
Qui clament l’innocence
De plaisirs à atteindre
D’où se partagent
Les voix –
Malgré la distance
Qui les sépare –
Comme
En un seul silence
Interrompant le vide
De ta propre
Présence

.

4 réflexions sur “ENTRE TIEN EMOI 63

  1. Mon,
    Peut-être comme des ambassadeurs, après des années écoulées , reviendront-ils tous à la lumière de tes jardins et je ne serai qu’une inconnue pour les statues sans yeux…et je suis bien petite dans cette grande couleur et sa rebelle démesure…Aussi prendrai-je l’assisse naturelle des absents entourés d’un silence bleu…Je me vois bien aller déjeuner avec quelques défunts triés sur le volet..

    .À mon cœur suffit ta poitrine,
    mes ailes pour ta liberté.
    De ma bouche atteindra au ciel
    tout ce qui dormait sur ton âme.

    En toi l’illusion quotidienne.
    Tu viens, rosée sur les corolles.
    Absente et creusant l’horizon
    Tu t’enfuis, éternelle vague.

    je l’ai dit: tu chantais au vent
    comme les pins et les mâts des navires.
    Tu es haute comme eux et comme eux taciturne.
    Tu t’attristes soudain, comme fait un voyage.

    Accueillante, pareille à un ancien chemin.
    Des échos et des voix nostalgiques te peuplent.
    À mon réveil parfois émigrent et s’en vont
    des oiseaux qui s’étaient endormis dans ton âme.

    Pablo Neruda.

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  2. Mon,
    ils seront tous là et je serai partout dans les yeux de chacun…
    Prête moi tes genoux quand je serai bien fatiguée d’avoir accompagné tant de regards vers l’infiniment bleu…

    Afin qu’il n’y soit rien changé, René Char

    Tiens mes mains intendantes, gravis l’échelle noire, ô dévouée ; la volupté des graines fume, les villes sont fer et causerie lointaine.

    Notre désir retirait à la mer sa robe chaude avant de nager sur son cœur.

    Dans la luzerne de ta voix tournois d’oiseaux chassent soucis de sécheresse.

    Quand deviendront guides les sables balafrés issus des lents charrois de la terre, le calme approchera de notre espace clos.

    La quantité de fragments me déchire.
    Et debout se tient la torture.

    Le ciel n’est plus aussi jaune, le soleil aussi bleu.
    L’étoile furtive de la pluie s’annonce.
    Frère, silex fidèle, ton joug s’est fendu.
    L’entente a jailli de tes épaules.

    Beauté, je me porte à ta rencontre dans la solitude du froid.
    Ta lampe est rose, le vent brille.
    Le seuil du soir se creuse.

    J’ai, captif, épousé le ralenti du lierre à l’assaut de la pierre de l’éternité.

    «Je t’aime », répète le vent à tout ce qu’il fait vivre.
    Je t’aime et tu vis en moi.

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    • Nous vivons dans le milieu des fatigues.Elles sont comme une sauce qui se prête au plat du jour, prêt à l’accompagnement. La sauce c’est fait pour relever. Quelquefois elle fouille dans l’amer, sans pouvoir en définir l’intention je retiens qu’elle ne touche en rien au naturel du plat principal. Je crois pouvoir lui conserver toute sa nature. Un choix essentiel, tel celui du vent, Ma..
      .

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