ENTRE TIEN EMOI 61


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ENTRE TIEN EMOI 61

D’un bruit d’eau qui coule j’avance dans cette journée l’esprit humide. Le brouillard a tout enveloppé sous son voile. C’est le rendez-vous du transporteur. Derniers préparatifs, les toiles en attente d’encadrement vont être habillées. Je me souviens être allé dans la rue Bonaparte sans trop me souvenir  de l’heure, en tous cas c’était dans la nuit. Un tour en boutique à moulures, que des coins d’angles possibles. J’ai déroulé des mètres de jute à tendre. Grosse trame à pomme-de-terre et fine à farine, les champs d’une campagne prise à bord d’un train de chalands s’étalent. Un chien aboie en regardant un couple d’amoureux assis sur un tas de sable. je ferme les yeux et te vois qui prend un bain. Le marinier plonge un seau au bout de sa corde, on reste dans l’histoire d’eau. Entre la cabine de pilotage et le ventre des cales des clapiers et une basse -cour sont en place. Des poules  se baladent le long du plat-bord. La lumière baisse voici la voûte du pont qui vient. Le ciel va s’arrêter durant quelques minutes. A la sortie les grands magasins étaleront leurs façades lumineuses. Puis les douves annonceront le Louvre. Je vais descendre à quai, nous irons derrière les Halles, chercher un coin poissonnier qui fait penser à la mer. J’ai besoin d’un trou dans les rochers où personne ne passe en voiture. Tu sais comme au cinéma quand le film commence, la lumière se ferme est-ce que ça fait peur, tu me serres la main plus fort ? Approche. Je sens se dresser cette assise. Besoin de repose solide. Que ce qui défile tienne de l’oiseau et que ce qui stagne lève au jardin. L’esprit vif. Solide sur ses jambes. Un édifice, quelque part, venu de l’esprit des cathédrales. N’arrête rien de ce qui bouge depuis tes épaules et s’en échappe comme libéré d’une bretelle.

 

 

Niala-Loisobleu – 09/04/19

2 réflexions sur “ENTRE TIEN EMOI 61

  1. Mon,
    Les sorties de nuit à ton bras je n’ai pas l’ombre d’une crainte et je souris à l’activité maritime qui se déploie quand tout dort autour de soi…Les poissons dorés de nos cheveux sont depuis longtemps pesés déjà et je cherche le rocher retiré derrière lequel prendre un dernier bain.
    La nuit est douce et friable, la chair qui pousse amasse mousse et émoi..Je t’entends me dire que déjà les douves annoncent le Louvre.Tu resserres tes doigts sur le pont couvert d’un film ancien dont on s’obstine à modifier la fin. il y est question de bain aussi je crois. Tu fais tomber doucement le sable de mes épaules, réajuste les bretelles de ton accordéon et me dis:
    -Viens, rentrons.
    Nous traversons le jour d’une pierre longue
    Et nos cœurs éclatants ont des pas ineffables…

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