JE VAIS


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JE VAIS

 

C’est maintenant, sur ma chaise, dans l’allée comme au travail préparatoire de ce qui faudra finir, je fais  un seul mouvement plus définitif qu’il pourrait paraître

des yeux, des mains, à dessein, et je la trouve partout

j’ai vu passer un repas sur l’herbe dans mon assiette, il pleuvait à verse à pas mettre un chat dehors, quoique qu’en matière de félin , enfin passons

quand je leur ai dis que les idées qui me viennent surprendraient ils n’ont pas été franchement surpris par mon silence

Au fait le train où je vais ne regarde que de pré pour s’assurer qu’il y aura assez de vaches pour continuer.

 

 

Niala-Loisobleu – 08/04/19

ENTRE TIEN EMOI 60


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ENTRE TIEN EMOI 60

 

Plus loin qu’au bout du jardin, passé les montées à rames, galères et orties, ronces et misères la vallée lève la tête hors du seau. Le coucou voleur pris en flagrant-délit purge un nid sans-adresse. Dans la direction des vents on a décroché les moulins à prières et pendu des fruits vers. A motte-couvert l’herbe décline ses préférences aux bouquets champêtres. Les garennes remontent chaque arôme d’un saut de garrigues, ton bras relevé m’ a rappelé la Fontaine des Innocents, mes lèvres s’y sont baignés en descendant en monôme du haut du Boul’Mich. Le temps de Barbara est là seulement à quelque pas à L’Ecluse. Le pavé garde cette sensation de quai que les ponts placés comme des tirets découpent en longs paragraphes en collé aux berges. Rive-Gauche, la première grande porte  du parcours initiatique. La guerre est par malheur le moyen d’essor de la race humaine. Il faut faire en sorte que le temps te vide pour apprendre ce que le symbole réserve dans sa discrétion sur le secret de bâtir.
Attends que le temps te vide
Attends
Que le temps te vide
Comme un uf.
Sors de ta coquille
Comme un chien
Dans un jeu de quilles.
Oublie d’où tu viens.
Le fer ou la grille,
Le bâtiment neuf
Comme une arme brille
Dans ta main.
Sur le mur humide,
Trace
Ton chemin
Mais n’oublie pas
Que le temps te changera.
Non, n’oublie pas
Que le temps…
Attends
Que la vie t’ait prise
Dans sa main,
Que ton poing se brise
Contre le sien.
L’habitude est prise.
On sait d’où tu viens
Mais le fer ou la grille,
C’est la
Gérard Manset 

[ ET DE NOS SILENCES ÉBLOUIS ]


Photographie © Odile d'Harnois

[ ET DE NOS SILENCES ÉBLOUIS ]

.

Et de nos silences éblouis

un jour ne subsistera

qu’un unique trait

tout l’espace bleu de notre histoire

aura basculé

éperdument contenu

comme dilué

dans les eaux musicales du langage

.

sais-tu bien tout ce qu’il faut

d’amour pour écrire

ne serait-ce que les contours d’une aube

Odile d’Harnois

Et de nos silences éblouis … in Silences (2019)

Photographie © Odile d’Harnois

ENTRE TIEN EMOI 59


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ENTRE TIEN EMOI 59

Sur le pas de porte

La boîte à peinture en bandoulière

Les façades réunissent leurs fenêtres en une longue piste ouverte

Du toit chambré

Sans eau ni électricité

Le broc a abreuvé la soif d’être

La bougie dans sa fébrilité a allumé son aura

Au bout de la terre le ciel commence

Belle au Bois Dormant  je bois tes paupières

Les mains plongées dans le vent qui soulève ta poitrine

Emporte-moi

A l’angle des fleuves, au pic des lacs, au creux des plaines, un seul ruisseau pour fontaine.

Niala-Loisobleu – 08/04/19