LÂCHE DE BRIDE


Copie de LE JARDINIER - 2010 - NIALA

LÂCHE DE BRIDE

L’eau tremblerait plus que ta main

A rincer l’écume du cheval parvenu aux semailles

La dernière maison fleurit derrière le volet tenant le jour

J’ai planté le premier mot de l’enfant que tu portes en même temps que tu l’écrivais

Le bateau de papier alors ponté d’encre s’est tissé des jambes

Niala-Loisobleu – 06/04/19

7 réflexions sur “LÂCHE DE BRIDE

  1. Nous avions établi notre maison du haut dans l’attente rose et le gué tendre, désertant la vie grouillante, pour l’amour du silence , prompts à éloigner l’orage du pavot.

    Nous laissions l’arène de l’aile plaintive à la patte molle du jour et aux becs des corbeaux qui contemplaient l’ongle rongé du jardin avec une satisfaction maladive.

    Et quand le pouls portait à la poitrine les cors de chasse de la première bruine, nous restions loin du fouet du langage et du poignard du geste pressé.

    Les rails du tonnerre retenaient pour nous la vague qui se faisait le dos rond aux rochers escarpés de notre demeure de papier.

    Les cordes accrues se nouaient et se dénouaient encore pour tresser le nœud sensible d’un mystérieux accord que nous portions du.bout des doigts comme un objet rare et dur.

    Au soleil revenu du matin, nous élevions avec soin les poissons de nos chevelures.

    Barbara Auzou.

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  2. Soulevant le chapeau du tagine, l’idée me parvint après que ton odeur d’écaille se soit mise à naviguer dans mon imaginaire aqueux. Laissant les légumes de côté j’ai donc accordé ma nage à la tienne. Nous arrivâmes ainsi au perron de la maison haute en ricochets simultanés par le gué dans un silence partagé. La pensée du cor de chasse de ta poitrine me rend le pouls incontrôlable. Loin des railles de rap vulgaire la chanson douce des embruns a tari la sécheresse du monde austère. La chambre prête à twoo s’est jointe pour écrire les paroles du cri.. Petit poids son deviendra grand…
    Merci Ma en bond des lèvres que les vacances ne gardent qu’en chaume…

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  3. Je m’invente un pays où vivent des soleils
    Qui incendient les mers et consument les nuits,
    Les grands soleils de feu, de bronze ou de vermeil,
    Les grandes fleurs soleils, les grands soleils soucis,
    Ce pays est un rêve où rêvent mes saisons
    Et dans ce pays-là, j’ai bâti ma maison.

    Ma maison est un bois, mais c’est presque un jardin
    Qui danse au crépuscule, autour d’un feu qui chante,
    Où les fleurs se mirent dans un lac sans tain
    Et leurs images embaument aux brises frissonnantes.
    Aussi folle que l’aube, aussi belle que l’ombre,
    Dans cette maison-là, j’ai installé ma chambre.

    Ma chambre est une église où je suis, à la fois
    Si je hante un instant, ce monument étrange
    Et le prêtre et le Dieu, et le doute, à la fois
    Et l’amour et la femme, et le démon et l’ange.
    Au ciel de mon église, brûle un soleil de nuit.
    Dans cette chambre-là, j’y ai couché mon lit.

    Mon lit est une arène où se mène un combat
    Sans merci, sans repos, je repars, tu reviens,
    Une arène où l’on meurt aussi souvent que ça
    Mais où l’on vit, pourtant, sans penser à demain,
    Où mes grandes fatigues chantent quand je m’endors.
    Je sais que, dans ce lit, j’ai ma vie, j’ai ma mort.

    Je m’invente un pays où vivent des soleils
    Qui incendient les mers et consument les nuits,
    Les grands soleils de feu, de bronze ou de vermeil,
    Les grandes fleurs soleils, les grands soleils soucis.
    Ce pays est un rêve où rêvent mes saisons
    Et dans ce pays-là, j’ai bâti ta maison…

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      • De sa voix douce et prenante je l’entends, bon jour Ma !!!!

        SECOND INTERMÈDE – CHANTÉ

        Chanté

        Dans ce pays plein de cendres amères

        Il va germer ce que les cieux semèrent

        C’est un avril avant le temps venu

        C’est un enfant de parents inconnus

        Et comme au vent un peu d’eau qui frissonne

        C’est un enfant qui ne tient de personne

        C’est un enfant entre hier et demain

        Tout le passé dans le creux de sa main

        Bien sûr la vie est toujours la plus forte

        Quand le soleil s’assied devant la porte

        Il se regarde et s’étonne de lui

        Dans les maisons que lui laisse la pluie

        On a repeint tous les volets en vert

        Les jours s’en vont pourtant comme en hiver

        Pinçant l’oreille à leurs mêmes ciseaux

        Sous le ciel noir comme l’aile et l’oiseau

        Mais déjà l’œil de l’herbe s’écarquille

        Pour laisser voir le jaune des jonquilles

        Un long parfum fleurit dans les passants

        Une musique à leur lèvre se sent

        Tout semble prêt au venir des vertiges

        L’air semble fait pour ce pas du prodige

        Comme un joueur cachant son point aux dés

        Trahit des yeux son secret mal gardé

        Un mol ferait que tout s’évanouisse

        Laissez le lin traîner pour qu’il rouisse

        Taisez même à
        Dieu ce que vous rôvioz

        Faites semblant que c’est toujours janvier

        Laissez venir cette mer haute et lente

        Laissez grandir en vous comme une plante

        Ce doux bonheur facilement brisé

        Laissez la force aboutir au baiser

        Laissez former le chant dans votre bouche

        La main frémir de la main qui la touche

        Et regardez dans vos miroirs troublés

        Lever en vous la jeunesse du blé

        À tous les printemps printemps qui ressembles

        Tourne vers moi ce visage qui tremble

        Verse ton vin dans mon verre ô printemps

        Rends-moi mon cœur ma vie et mes vingt ans

        Sombre plaisir des soirs légers demeure

        Demeure en moi qui renais et qui meurs

        Mue et remue amour en moi qui fuis

        Comme une rame au profond de la nuit

        En quelle année où sommes-nous mon âme

        Tout peut changer mais non l’homme et la femme

        Ni ce grand cri ni ce déchirement

        Et la stupeur soudaine des amants

        Tout peut changer de sens et de nature

        Le bien lo mal les lampes les voitures

        Même le ciel au-dessus des maisons

        Tout peut changer de rime et de raison

        Rien n’être plus ce qu’aujourd’hui nous sommes

        Tout peut changer mais non la femme et l’homme

        Louis Aragon

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