Boris Vian – DE VELOURS ET DE SOIE


Boris Vian
DE VELOURS ET DE SOIE

Les fleurs sauvages
Les océans du monde
Les îles blondes
M’avaient toujours tenté

Finis les grands voyages
Finis les ciels oranges
Tous les frissons étranges
Tu me les as donnés

De velours et de soie
Comme ta chair parfumée
De lumière et de velours
Comme tes yeux

De rose et de lumière
Comme le goût de ta bouche
De sang et de rose fraîche
Comme tes joues

De feu, d’or et de sang
Comme un baiser que tu me donnes
D’argent de feu et d’or
Comme ton corps qui s’abandonne

De soleil et d’argent
Tes cheveux dans le vent mauve
De plaisir et de soleil
Comme une nuit dans tes bras

ENTRE TIEN EMOI 50


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ENTRE TIEN EMOI 50

 

Sorti du carton à dessein sans heure préalable qui n’aurait rien à voir, certains chiffres sont du nombre qui conte à part. Cinquante c’est pas rien. Mais là mis à part un cas qui me regarde au bout de son attente de gare, donc de train, encore plus de quai, de ferry, d’embarcadère, de ponton, que dis-je de port, même de la plus petite ficelle qui aurait le cerf-volant au bout, là faut que je reconnaisse que le 50ème m’interpelle un max.Tu as le colombage en poitrine, ce torchis que la chaume marie sans qu’on pense à l’union du lièvre et de la carpe, une poutraison trapézoïdale où s’accrochent deux seins-mansardes en arêtiers sur la ferme. Une image sacrée revenant sans besoin de messe. Liée à l’étreinte profonde qu fait qu’on se cherche plus. Fusion. Alliage. Et voilà la petite gare, la corne du bois sortant de la courbe du rail, loin le tunnel recule. Le cheval-vapeur a son avoine, cette herbe répandue sur le banc teint les cuisses de courses de garrigues en bord de mer.A faire sortir du tremblement de la traverse le rythme en poésie véritable qui a muté l’impossible en rêve tactile. Son nom me court la langue, plus brune qu’un mouvement de croupe cavalière à la fin d’un jumping sans heurt. A lécher ainsi tes mots de reconnaissance dans le passage de relais, je vois un jouir inconnu prendre résidence. Et le train roule, au passage à niveau, l’écluse et le lé font meuh, tire-moi par ta présence ce jour là pas comme un autre du tout. Ô cette petite maison blanche, natale…

Niala-Loisobleu – 02/04/19

 

LE JARDIN MATINAL

 

Viens, les heures d’amour dont furtives et rares…

Le jardin matinal est plein d’oiseaux bizarres.

Chère, je te convoie à ce royal festin.

Je ne veux pas jouir seule de ce matin.

L’aube heurte le ciel comme une porte close.

Viens boire la rosée au cœur blond de la rose.

Bois la rosée ainsi qu’une fraîche liqueur.

Mon cœur est une rose et je t’offre mon cœur…

L’aube a des tons de nacre et des reflets de perle.

La joie est simple et rien n’est aussi beau qu’un merle.

Savourons cette ardeur un peu triste et pleurons

De sentir la clarté première sur nos fronts.

Viens, ma très chère…
A l’est le ciel fardé chatoie,

L’herbe est douce aux pieds nus comme un tapis de soie…

Sans nous préoccuper de l’hostile destin,

Rendons grâces au ciel clément pour ce matin.

 

Renée Vivien

 

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L’EPOQUE 2019/ 23: « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »


Voici  le vingt-troisième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara Auzou.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

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L’EPOQUE 2019/ 23
>
« LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »
Niala
Acrylique s/toile 35×27
Encadré 300,00 €

 

L’aube a déchiré le rideau rouge de ses fuseaux

Avec la complicité des arbres les oiseaux

Sont partis à l’attaque du blanc pour le havre et pour la robe

Pour signer au marbre l’être-ensemble de l’oeuvre

Rendre au destin le soleil de ton ventre

Et la fontaine de tes seins à ses arpèges

 

 

Mordue par la vastitude de ses errances

La beauté s’endort dans un sourire

À la clairière de nos gestes et sa constance

À poser sa tête sur nos genoux 

Là où l’on caresse le cheveu à sa naissance

Déroule la tendre preuve le pari fou

De cet amour sylvestre adulte et vierge

Dont elle est à la fois l’image et le désir

 

 

Barbara Auzou