ENTRE TIEN EMOI 81


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ENTRE TIEN EMOI 81

Au bord de l’entrée aromatique la diversité de la tomate ne rougit que de soleil. Déjà les premiers petits bouts de langue apparaissent.. Le chien ne pourra pas les fouetter de sa queue.

Le cheval sur son vélo véloce remonte en haut.

On devine l’intention en voyant sauter les clochettes du muguet. Quand le symbole est au bonheur pourquoi rester sur un mauvais jour.  L’atelier et le travail sous nos coups de reins avancent. Le retour s’organise, les murs célèbrent. Le tapis te sent à ta place Ma pas de problème.

 

A LA BOUCHE

Et c’est d’abord par deux, par trois,
Misères à petites croix :

Pain dur et froid ainsi qu’un givre
Et qui renchérit à la livre,

Et neige en linceul comme un mort,
Imposant aux champs son décor.

Puis, c’est gerçure aux mains qui brodent,
Retardant les doigts qu’incommode

Le fil, et lors, aux mauvais yeux,
Les lampes dures au milieu

Des aiguilles allant-allées
Au long des toiles déroulées ;

Et c’est après, et c’est encor,
Portes de bois où font les morts.

Ceux qui savent quotidienne

La plainte des enfants qui viennent

Comme des oiseaux, sans raison,
Regarder rire les maisons.

Or, c’est ainsi le mauvais leurre
Des cadrans qui disent les heures,

Montrant, à midi-des-repas,
Chambre blanche et vides les plats ;

Puis, c’est aussi par deux, par trois,
Bouches mourantes et sans voix

Pour se plaindre de leur calvaire,
Et c’est alors grande misère.

Mais joie de mon cœur réjoui, —
Elle est si bonne cette année —
Mais joie, pour la faim, j’ai des fruits

Que printemps très doux a noués,
Et, pour la soif aussi, des puits
D’eaux heureuses de se donner,

Plus
Noël ! des bois désireux
De faire hiver doux, cette année,
Dans mes maisons avec du feu.

Or, c’est beau temps et sans adieu,
Automne et riez les dents blanches,
Et mes paniers faites au mieuxDans les greniers où c’est dimanche

De choses chères aux gens vieux

Qui s’en vont comme sous des branches,

Des
Louises-bonnes-d’Avranches,
A tous mes
Bons-Chrétiens, pieux
Prendre soin avec leurs mains blanches.

Mais lors, c’est mon cellier qu’on range
Et, bouches, exaucez vos vœux
Et riez, les enfants aux anges,

A lèvres allées jusqu’aux yeux,
Comme aux fêtes ici l’on mange
Les jeunes à côté des vieux,

Pour que vos cœurs n’aient plus de doute
Et que les mots que je vous dis
Soient vraiment ceux que l’on écoute.

Car, je vous prendrai dans ma barque,
Aussi mes frères et mes sœurs,
Et mes bons cousins les pécheurs
Vous diront où le poisson parque,

Dans la mer de leurs jours entiers
Où, jusqu’à paniers criant grâce,
C’est marée s’entassant aux nasses,
Comme ouailles dans un sentier.

Or, vous verrez lors mes filets,
Et comme
Pierre est secourable
Aux jeudis qu’il veut favorables
Pour la sole et le carrelet,

Et le lundi
Jean en personne,
En basses eaux à flot d’Automne,
Aux écoutes rendre la main
Quand le brouillard dit les églefins,

Comme aussi fêtes sur vos tables
Les femmes d’ici à bras nus,
Et miracles de saintes-fables
Alors à bouche que veux-tu.

 

Max Elskamp

 

 

La belle normande va-et-vient sur le mouvement de ses flots. Ligne de flottaison hors vents mauvais, sa figure brandit généreusement ses seins lourds à la proue.

Pour l’arrêt du travail le brin d’aillé se frotte au petit-déjeuner en rires amoureux. On se lève comme pour se sentir la forêt et l’humus dans les endroits les plus enchantés du corps. Mon dieu, Ma restons à la bouche tout le long de notre long, c’est de circonstance.

 

Niala-Loisobleu – 30/04/19

AU JARDIN 4


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AU JARDIN 4

Par la voie des taupes l’assaut fût aux racines

Et des délices ne demeura qu’une couleur de pulpe liquéfiée

Cornet friable la gaufrette débouchée

Fait le blues en rifs plaintifs

Les histoires de jazz ne seraient pas si gospel sans

Le coton ne pousse pas qu’en Louisiane comme le relent de Sécession.

Niala-Loisobleu – 30/04/19

MA, INDIA SONG-MOI


MA, INDIA SONG-MOI

La butée des étoiles crevant les murs de pénombre, soupiraille

Mékong, Mékong d’ailes t’as

Les bambouseraies sont si épaisses que tu sièges au rotin de mon jardin

Une pluie d’échassiers blancs sur l’eau boueuse d’un souterrain clandestin

Sur l’estrade des voix enfantines portent costume autour de leurs pupitres – blancs encriers retenant les mots-bleus – reste-t-il un cheval pour détrôner les buffles du labour au mi-mollet des rizières

Dans l’orientale promenade asiatique qui fument encens, tes cuisses de printemps s’ouvrent en file amant sur le citron vert incisé de tes yeux chocolat, dessein lourd du lit et trois. Un mari choisi vouloir. Elles disparaissent dans les tunnels les années illusoires. L’âge pose enfin l’origine de sa naissance en année 50

Me voici sur la Rive-Gauche, Seine épique, des cavaliers sont en route pour le Graal, j’ai ton écharpe autour des reins. Les torches d’un donjon sortent de la cheminée monumentale. Toujours de veille, tu grattes l’espoir qui se regarde du haut des remparts

India Song

Langoureux ton corps devenu liane glisse aux roulés-boulés

de nos états érotiques

Femme

Que je peins

Dans ta lettre-or-née

En pages sur tous les murs

Comme je t’aime…

Niala-Loisobleu – 28/04/19

DOMINICALE


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DOMINICALE

Les yeux dans l’autre on vit le matin, la barbe poussée plus souple sur les joues, ce sourire qui fit penser à l’image emportée dans le sommeil. La lampe au chevet entre la nuit finissante et la pâleur matinale sur le rebord de nos flancs soudés. Un chat étirant son dos se dessine au bas de ton ventre, je m’y suis collé pour compter au cache-cache de tes seins déjà joueurs, fais-moi la ligne de vie dans la paume. N’ouvre pas encore, assez de jour traverse les volets pour qu’on se trouve sans ambiguïté. La cafetière peut s’allumer. Ce matin ce que tu sens me dit la première manifestation d’amour qu’ily eut sur cette terre. Un sujet à écrire en peinture.

Bonjour Ma, ne bouge pas la rivière descend dans le percolateur, c’est Dimanche le plombier-zingueur chôme, les enfants dorment encore.

Niala-Loisobleu – 28/04/19

ENTRE TIEN EMOI 79


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ENTRE TIEN EMOI 79

 

Le soir tombe et pourtant comme un coq un chant de levé est en marée montante. Extraordinaire l’essentiel garde le dessus. Les heures furent parfois longues mais le résultat n’aligne qu’un positif total, cette exposition porte l’unique trace d’un renouveau  dans un succès incontestable. Merci public, merci d’avoir su marquer ta satisfaction, ton bonheur de trouver la vie.

 

RIDES DU TEMPS

Plus je crie plus le vent est fort

La porte se ferme

Emporte la fourrure et les plumes

Et le papier qui vole

Je cours sur la route après les feuilles

Qui s’envolent

Le toit se soulève
Il fait chaud
Le soleil est un aimant
Qui nous soutient

A des kilomètres

J’aime le bruit que tu fais

Avec tes pieds

On m’a dit que tu cours

Mais tu n’arriveras jamais

Le vieil amateur d’art a un sourire idiot
Faussaire et cambrioleur
Animal nouveau
Tout lui fait peur

Il se dessèche dans un musée

Et participe aux expositions

Je l’ai mis dans un volume au dernier rayon

La pluie ne tombe plus
Ferme ton parapluie
Que je voie tes jambes
S’épanouir au soleil

 

Pierre Reverdy

 

Le rideau tombé la scène tremble en corps. Et la suite a trouvé lieu où s’épanouir. Ce soir des maisons à vivre m’accueillent à bras ouverts. Approche et tombe les paupières Ma, j’ai à pleurer entre tes seins.

Niala-Loisobleu – 27/04/19