ICI ET LA


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ICI ET LA

Le bruit de l’étranger s’est éteint

dans l’espace ouvert le réflexe mécanique se ferme

les arbres sont en passe de se vêtir

se confondant à l’écume le sable nourrit le lapidaire

l’herbe trouve un reste de garenne à la sortie du terrier

sur les toits les fumées n’ont plus que des odeurs de corps frottés

avec ça et ce qui reste

il semble

que

ce qu’on peut apporter

devrait suffire à combler ce que  réclame un désir décent.

Niala-Loisobleu – 29/03/19

ENTRE TIEN EMOI 45


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ENTRE TIEN EMOI 45

Puisque sous sa robe ce jour te garde vive

dans  le passage à vide

sur la menthe

je remplis mes mains de cette embellie

fleur que le jardin

garde

en tous ses états

Il n’y a d’absence que dans l’amour introuvable

Ma

rentre-toi

gorge entre mes bras

Je vais repiquer le chant d’oiseau dans le carré potager

là où le vélo donne à manger au cheval

ces pages d’odyssée qui n’en finissent pas

comme je t’aime.

Niala-Loisobleu – 29/03/19

Puisque 

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli;Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux;
Puisque j’ai vu pleurer, Puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux;

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours;
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours;

Je puis maintenant dire aux rapides années:
– Passez! passez toujours! je n’ai plus à vieillir!
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre!
Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!

Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil: Les chants du crépuscule)

ENTRE TIEN EMOI 44


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ENTRE TIEN EMOI 44

 

Attrapant mon désir comme un besoin de faire, je ne me surpris pas à rire aux éclats. Il faut savoir que cette nuit, des petites lampes solaires en guise d’yeux, j’ai parcouru ton monde souterrain. Denfert-Rochereau, les catacombes et Paris mine de ses immeubles est creux d’un plein mystérieux. Le lion veille à l’entrée comme une fontaine d’Alhambra, eau précieuse, ô de vie, ô aime moi. Fou comme un Bassan qui franchit les embruns à saute-mouton, je parcours la trajectoire infinie de notre oeuvre. Long-métrage, cité prise sur le désert, forêt rendue à l’Amazonie, l’air de ta poitrine tient le gonflé du soufflé sans retomber. Emoi, émoi, émoi, ? Je ne suis plus que peint saut, tu m’as mis en arbalète à la flèche d’un édifice sacrément païen. Déambulatoires les voûtes s’appuient sur de solides colonnes. Sur le parvis un oiseau sans melon t’habille de peau, une robe étolée de crin, longue traîne de seins, que des enfants portent. Si je mourrais sans Toi tu n’aurais d’autre choix que venir vivre avec moi jusqu’à l’éternité. Ce sera trop long ? Sur la terrasse dehors, Barbara est pleine de boutons sortis hier, elle va être en fleurs d’ici peu. Quant au cerisier c’est un émerveillement blanc marqué de ses pistils roses.

 

BARRE D’AZUR

Les débris culbutés dans le coin
Il ne reste plus rien

Les murs et le triangle
Pourtant

L’espoir qui nous soutient
L’objet que l’on tient dans la main
Il fait jour

Et l’on marche mieux
La rue est plafonnée de bleu

Et nos projets sont sans limite
On ne voit pas passer le temps
Qui va plus vite
Dans l’air

Sans savoir si l’on tourne à droite
Ou à l’envers

Pierre Reverdy

 

Bien sûr d’un bord de mer à l’autre des femmes font des enfants qu’elles ne voulaient pas, l’homme croit en on pouvoir mâle acquis Je sais pas si l’autobus 121 à la Mairie de Montreuil existe encore ? Il y avait des champs de thym et des vergers par Rosny qui me donnaient un feu de joie tout le long d’un désastre de la deuxième guerre mondiale pendant le trajet qui menait à mon père. Tu sais celui-là qui m’a fait lui ressembler en tout. J’ai amoureux, je suis , sois légère dans ta tenue, au travers des fleurs d’une nuisette voir le bouquet tendu par ta nature en plein jour me tourne la tête.

Niala-Loisobleu – 29/03/19