L’Epoque 2019/ 21: LA MER.


L’Epoque 2019/ 21: LA MER

 

Voici « « La Mer » » vingt- et- unième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara Auzou.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

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L’EPOQUE 2019/21

« LA  MER »
Niala
Acrylique s/toile 65×54
Encadré : 850,00 €

 

Lauriers roses et pins parasols

L’île ici partout On se presse

Au pouls de la beauté donnée

Et l’on ose faire ce qu’enfant on avait juré

Dans l’haleine chaude des eaux

Rêves de papier naviguant

Dans les caniveaux et les rigoles

Essentiels vaisseaux pour tenir nos promesses

Sur l’accore amariner le bleu en nous

Abîmé par l’excès ou par l’absence

Nue sur le ponton toi et l’anse

Du panier  Les poissons volants

De nos vœux branchés sur la barre d’écoute

Et le lien du mot aux choses

Que nous apprenons sur l’oursin

De l’inconnu

 

 

 

Barbara Auzou

A CETTE HEURE


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A CETTE HEURE

 

Avant que l’oiseau traverse la rue

L’arbre à soie de la terrasse est resté en plein soleil

Les grosses jarres ventrues ont des enfants de ce printemps dans la repousse

La respiration de la sieste passe au travers du claustras

Sur le lit ta fleur de bulbe quiète jacinthe double

On sent l’air tiède onduler

Sur la chaise le journal replié passe à table non débarrassée.

 

 

(Peinture: La sieste – Henri Manguin)

Niala-Loisobleu – 23/03/19

 

ENTRE TIEN EMOI 37


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ENTRE TIEN EMOI 37

Prendre un chemin qui sort des accès barrés. Les travaux routiers dorment le week-end, ça aide à rechercher par où passer. J’ai choisi le calme de la Charente pour y voir clair et me rendre paisiblement au meilleur parti prendre en fonction de la situation d’ensemble. Ne m’étant pas levé de toi, besoin de rien faire qui m’en sortirai. Resserrer l’intime au magnétisme du derme, fermer la radio des autres, ta musique est d’aisselle ma préférée. Avant de voir quand la senteur émet, une force se déploie d’elle-même dans tout le corps. Le chevalet parle, dressé comme l’échelle menant à notre grenier, lit de paille et couverture de cartons pleins d’ébats. Je commence à dire.

La vierge à la tortue d’ivoire

 

Sur la table à vos pieds, cette tortue d’ivoire

Qui chemine immobile, lève une tête lourde, et tente

D’observer, de sous sa carapace dure et blanche et suave

À la main qui caresse, le jour dehors qui glisse de côté,

L’allongement des ombres par la fenêtre grise, les pages

Couvertes de ratures.
Le temps s’enfuit; la vie s’écoule

Et la mort passe ayant déjà choisi les siens.
Quel nom

Lorsque l’aurore éclaire
Londres, nos lèvres dans le psaume

Ont trois fois murmuré?
Car il nous fait concevoir la montagne,

Sous la neige et dit notre pitié. Ô vous,

Aux douces mains, plus douces que l’ivoire,

Ayez pitié de la tortue aux pattes lourdes sur la table

Où la page s’ajoute à l’autre page, aridement;

Dans les immensités de l’ombre, ayez pitié de celui qui vous

chante
Une hymne maladroite avec de pauvres mots :
Sans doute le langage est blessé, les images
Sont pauvres, mais comme la tortue, plus chétif et plus lent,
N’ayant pas même de l’ivoire la douceur,
Il lève ses mains vides, ses yeux insatisfaits,
N’osant pas même regarder le grand papier désert. Ô jeune fille au blond matin que salue l’Ange,
Sans une grâce que vos mains nous ont value,
Que pourrait-il écrire celui qui peine, sur la page?

Philippe Delaveau

 

Je te veux humide buvard oublié. Il me semble que ce qui est objet conduit  à te garder de toutes les manières. Mais tout de toi est bien vivant. A la fois prétexte à me rendre, comme à demeurer, alibi à donner ou pas d’excuses à trouver. Ce ne n’est que diversité en continu. Pas de peine à t’écrire que je t’aime.

 

Niala-Loisobleu – 23/03/19