ENTRE TIEN EMOI 36


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ENTRE TIEN EMOI 36

 

Adoubé à l’agrément étalé des maisons familiales, une surface en friche laisse croire à l’abandon du terrain que des mauvaises herbes tiennent soumis, alors qu’elle vit sa vie sans que l’on soupçonne les soins attentifs qu’on lui témoigne. Par un jeu de convenances la morale dégénère des comportements naturels en crime à la pudeur. Les conventions déploient une vaste hypocrisie qui lors des premiers signes donnèrent naissance au bûcher. Dogmes maudits dans lesquels l’amour et ses formes sont régis au nom d’un bien et du mal établi arbitrairement. Dans ma navigation profondément étoilée, cette nuit je tenais le quart d’une traversée blanche. Les anges non pris en couverture, nous n’étions que nous deux et nos respirations collatérales. Aucun lézard n’a réussi à gagner le soleil qui chauffait nos pierres. Situation exceptionnellement favorable à l’élévation spirituelle. Le feu à tenu jusqu’au petit jour, nous n’avons pas vu le temps passer. Quand le soleil entra par dessus le timbre de pierre, les flammes qui éclairaient les tomettes où nous étions allongés sur des coussins de taille différente, le chien souleva juste l’oeil droit. La salle commune déborda les seuils du bien-pensant. J’ai attiré ton attention sur le mouvement d’eau se mettant en mobilité dans  le patio, on vit les géraniums sortir des jarres soutenus par la voix de la première guitare. Ta robe à pois en levant la cuisse fit donner du talon aux claquements de mains. Le coq ouvrit la porte du jardin. Tes mains avaient ce geste que j’espérais secrètement, j’en suis pas sorti d’une vive émotion générée sans tabou plus intime qu’il est possible de le narrer.

Niala-Loisobleu – 21/03/19

4 réflexions sur “ENTRE TIEN EMOI 36

  1. Mon,
    Le front soutient une nuit profonde, chaque jour réinventée..Elle a des prodiges à revendre dont nous sommes les tendres ouvriers..On jette des sorts avec des rires sans rien céder de nous et la fleur poussée en un instant nous remercie sans plus s’étonner L’enfant nouveau-né nous assoie sur ses genoux pour nous raconter comme il fut jadis contraint de se taire…Nous l’écoutons avec la gravité originelle que requiert son état d’enfant éternel…
    Puis nous allons nous occuper du potager en songeant que nous habitons des Dieux très anciens…

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