SAUTS DE CAILLOUX


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SAUTS DE CAILLOUX

Assis à l’angle du muret couvrant la butte de bêlements de cloches ovines, le bâton aux côtés, je pense au gardeur de troupeaux, ce pâtre d’une armada portugaise cherchant désespérément le sommeil récupérateur en comptant ses moutons. Le tabac bitumant et le fado tirant la voie à lui tout se faisait tendance marécage d’une lettre d’adieu à lise. C’était sans compter sur le caillou, génie qui ne quitte jamais ma poche percée. Nous étions arrêtés le cheval et moi pour profiter de la fraîcheur d’un sous-bois bordant les cuisses de la plage. L’équin avait su trouver le coin sûr où le vélo ne nous serait pas piqué, en vieux briscard des embuscades. Un instant en voyant la grosseur des chênes je pensais que Robin des Bois avait du rendre justice en ce coin, énormes et forts ils semblaient libérés depuis des millions d’années.

Je ne quittais pas l’angle précité

le caillou avait trépigné en me disant fait un voeu

Rapidement m’étant assuré que Fernandel et les quarante voleurs n’étaient pas là, je dis je veux des osselets pour faire une partie avec ma colombe, mon oiseau de paradis la femme de ma vie. On aime bien traverser un certain cimetière pour boire de l’ô-de-vie. En trois coups les gros, je fus comblé. On a joué en partage de grands-mères, les mains libres en dessinant par terre le plan de notre dernière maison.

La clématite en montrant une vigueur étonnante pourrait faire honte aux nantis ces incroyants

Niala-Loisobleu – 6 Mars 2019

HOMMAGE A LA MAIN


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HOMMAGE A LA MAIN

Vive un temple de chair que ta présence honore

Tant que l’agrafe d’or qui te lie à l’épaule

Suspend l’hommage pur d’un fidèle encensoir

Et tant que l’oiseau bleu niche au creux de l’aisselle

Prêt à prendre l’essor au rythme de la marche

Vive le dieu piéton soulevé par ta foi

La douceur de ta peau sœur de la rose blanche

Aux yeux mouillés d’enfants prêté un mouchoir de soie

Et l’appel matinal de tes cinq oiseleurs

Décide à revenir la colombe au perchoir

L’ombrelle de ta paume aux ombres maternelles

Couve les œufs de
Pâque aux joyeuses couleurs

Ta caresse mûrit lentement les raisins

Mais parfois ton ardeur de blonde chasseresse

Ne craint pas de blesser l’innocence d’un rouge

Et même de briser le noyau paresseux

Pour hâter le lever de la pourpre qui dort

Fouad Gabriel Naffah

ENTRE AUTAN QUE TU PEUX


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ENTRE AUTAN QUE TU PEUX

Quelque côté de mer

le bon

à flan de chaîne

une maison fête ira au bon endroit

ventre rond

et cornes debout

Je suis nul autre endroit que ton herbe

à me lever ou à m’endormir

comme à travailler, manger, peindre, écrire, me doucher où mettre du soleil dans la pluie qui passe, ta biquette, mon vélo, ton enfant-volant, mon cheval, un m’aime et seul caillou en paume.

Niala-Loisobleu –  6 Mars 2019