REPONSE


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REPONSE

 

Le cadnium en rondant a levé le jaune au nid

les vessies vertes et phtalo  crient  des campagnes et bords de mer.

Par la corniche un vent lècheur à la misaine apprête à la gîte

pendant que du pan de pierre sèches éboulé les  tiges de bottes arriment aux charpentes les patins du chèvrefeuille.

dans le tourbillon du remous d’écluse reste assez de poissons pour que l’échassier plonge avant que les lentilles ne bouchent la vue.

Les drapeaux bordent le quai entre les casiers et les filets étendus

sans que le contrôle maritime monte à bord vérifier les provenances des oiseaux migrateurs.

 

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2019

 

L’EPOQUE 2019/ 10 ET 11 « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »


L’EPOQUE 2019/ 10 ET 11 « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »

Voici « « LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER » » , dixième et onzième de cette nouvelle Epoque 2019 avec Barbara AuzouAlors que nous attendons la publication de l’ouvrage « L’Epoque 2018 » pour la fin de l’année aux Éditions Traversées, les tableaux eux (2018 et 2019) seront exposés au printemps à Cognac du 15 au 27 Avril 2019 au Couvent des Récollets.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

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L’EPOQUE 2019/10

« LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »

Niala

Acrylique s/toile 46×38

Encadré 500,00 €

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LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER 10 ET 11

Comme nous les avons promenées

Nos figures d’hommes et de femmes civilisés

D’escales en escales les étincelantes traces de nous

A la verticale du secret et dans ces villégiatures qui marchaient

Vers l’urgence d’un regard latéral!

C’était l’affirmation contre l’usure;

Les deux visages de l’instant

Sur la mer pleine de bras

L’odeur de la lavande sur les draps.

Du bestiaire magnifique de nos années

Faisons un terrier à être chez nous partout et qui dure.

Au balcon du voyage et à la proue de l’aube.

Le vivre vaut à nos paumes réunies

Et s’ouvre sur la fenêtre du visible

Comme sur une partie de campagne.

Maintenant tu verras, ma compagne

Tout ira plus lentement. Je veille sur l’eau des jarres

Sur le seuil de l’écriture et le pouls de l’horizon.

Nous serons peut-être un peu plus prompts

A la sentence

Et notre sol montera au matin comme la marée sur la pierre

De silence

Sur l’idée du temps et le temps qu’il fait.

Barbara Auzou.

 

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L’EPOQUE 2019/11

« LES CAMPAGNES ET LES BORDS DE MER »

Niala

Acrylique s/toile 46×38

Encadré 500,00 €

CHANGEMENT A VUE


CHANGEMENT A VUE

Louis Aragon

 

Dans la bouche du temps qu’une pénombre emplit soudain passent les silhouettes des machinistes démontant emportant l’Italie et la pluie

des pans d’Italie obliques des paysages siennois collines bois de pins champs d’une herbe distante ou la
Brenta les marais une villa de
Palladio

des pans d’Italie et de pluie on dirait du verre filé des îles de misère une robe de madone à la lueur des cierges dans une grotte noire

et tout qui se désarticule et les palais taillés en diamant les loggias où rêve un manteau rouge une taverne avec les regards usés dans les visages jaunes comme une
rapière oublieuse de tuer

des pans de pluie on dirait qu’on a dépendu tous les lustres

et la lessive à n’en plus finir au ciel des rues étroites

des pans de siècle et des armures à panaches et le pas des chevaux

la beauté des gants de couleur sur des mains sanglantes

les machines à prendre d’assaut les forteresses et les navires

le grand hiéroglyphe noir et blanc des batailles

l’architecture admirable des prisons

tout cela passe à dos d’hommes entre des bras bleus

dans le nuage qu’un piétinement hâtif soulève

et il y a des lévriers des catins et des pages effrontés juste

le temps de compter jusqu’à trente-trois comme si le

théâtre avait la bronchite et cela empeste la poussière et

l’alcool la salive dans les mains crachée des cordes tombant des cintres de grosses cordes lourdes

font un instant des festons croulants qui va-t-on pendre ou

prendre à leur licol et puis il y a des étoiles plein d’étoiles piquant la toile

de fond tandis qu’un homme à s’y méprendre au
Prologue pareil n’était qu’il est plus vieux plus maigre plus subtil

s’avance dans un halo d’opale habillé de turbans et de cimeterres selon la tradition du
Matamore pour les sourcils et la

moustache et du bout d’une canne en jonc qui a avalé une girafe montre au public sur un écran soudain qui s’éclaire avec un cadre d’or gaufré agrémenté de toute
sorte de

figures à demi nues où le chèvre-pied la sirène et le centaure

alternent mais ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit
Montre

disais-je les images peintes du futur se succédant sans transition dans le petit corridor d’or de sa lanterne

Louis Aragon