HORIZON VOLE


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HORIZON VOLE

 

Sur la place

au centre du jardin retourné se penche le front de notre bataille, tes mains jamais restées ballantes au métronome de l’enfant que le temps garde sans mouvement vocal trempent l’acier, la rivière est transparente sur l’opaque d’un monde qui bavarde

Origami

pliage de papier qui appelle la vague à la corde à sauter de l’aile le blockhaus demeuré d’un destin borné, nous nous sommes trouvés dans l’exode d’un monde dépareillé, âmes-soeurs d’instruments à cordes à l’orée des violoncellles. Le matin où tu as remonté ma toile j’avais la plante des pieds usée aux pavés qui tiennent les caniveaux hors des écopes . Lapidaire le caillou nivelle les embûches d’un ciel grêle

Nous avons reconnu l’anémone en nous au premier mouvement respiratoire de la couleur élémentaire, c’était d’Autan plus cas tard que le feu dans ses cendres dans ses fantasmes voyait se lever un phénix

Deux mains plus qu’hier

cet espoir qui couche les pages et transpire au lin de chants bleus nous l’avons fait vivant aujourd’hui ne laissant rien à la mort pour se venter

La plage borde l’écume des plumes

le jour en sa chair n’éteint plus la lumière.

Niala-Loisobleu – 25/02/19

 

 

COU DE REINS


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COU DE REINS

Lumière que le vent soulève

longs couloirs que tes jambes dévoilent

nacres en touches

porte-à-porte

à chacun sa chaleur chienne

ourlées de volutes de cigare

laquelle est partie d’un rhum de Havane

pour débarquer du hamac de tes hanches

un matin  décousu de ta nuisette sur l’herbe de ma côte.

Niala-Loisobleu – 25/02/19

FAITES VOS JE


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FAITES VOS JE

 

De l’eau au moulin à marées

l’estran d’une douleur aux jambes

remonte

Un enfant dans le froid construit le château de son chaud espoir, trouver derrière le bandeau ce qui lui correspond. La mer adoptive ou l’île perdue. Le tourniquet du couvent dénie la Trappe nigaude. Pour tant sous le lisier la côte déverse l’élevage de cochons en solo de batterie.

De tous les maux je choisis le silence en lieu et place de prétendre.

Où le vent pousse il y a le même risque d’assécher que la chance de trouver sa terre plus verte d’herbe.

Chaque chose contient son contraire, bien et mal, noir et blanc marchent à l’amble.

 

Niala-Loisobleu – 25/02/19

 

 

 

LE SOUFFLEUR, LE DORMEUR


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LE SOUFFLEUR, LE DORMEUR

L’un coupe la verveine ou saisit sabots et soleils.
Puis dort dans mon souffle.
Souffleur et dormeur sont en paix.
La phrase très pâle à travers les barreaux.
L’herbe et la langue.
Et le jardin du lait submerge mes guenilles.

L’autre nomme la truelle ou le papier blanc des fées.
Le voici tirant le fil de laine des gencives, des genoux.
Les petits coups du cœur ébranlaient la maison.

L’un, dans l’acajou, conservait les voix mortes.
Le vide effrayait les enfants des voleurs.
Et le clos du curare protégeait de la lune les voyeurs endormis.

L’autre avait trouvé

faux de papier doré.

bulles et billevesées.

Le voici quémandant

quelques baisers anciens.

Dans le corps du carabe,

je fourbis mes chemins.

L’un fabriquait un piège de plumes et d’épingles.
Un grand mort de fatigue attendait la sortie des employés modèles.
Et le pal préparé pour le supplice oblique, je le tournais vers moi.
L’époux du bleu m’assaille.

L’autre avait touché la foudre par mégarde.
Le voici qui murmure : «Peignez à même la peau carabes et vipères.
Frottez mon corps de sperme, d’orties».
Construisons ensemble logements de liserons.

L’un racontait sa vie, ses projets clandestins.
Compter ses propres pas ne mène qu’à la folie.
Dans une chambre obscure, quelqu’un disait: «Parle!».
Mais parler, parler, parler ne mène qu’à la folie.

L’autre aimait les onguents,

– il s’en couvrait le corps -,

les pierres trouées, le simple cuivre

Attachait un mannequin

à la proue d’un navire.

Ou parlait aux lapins,

ramassait les aiguilles,

les bouts de bois, de laine.

L’un rompait les amarres.
L’écriture du boucher tranche le fil de la vie.
Rien ne demeure sec : la paume est l’aile d’une hirondelle de laine.
Rive.
Rivière.
Amour.

L’autre esquive le feu.
Cent mille nains crépitent.
Mon vaudou noir accueille le sang d’autrui.
J’enveloppe d’écorce fine les mains, les pieds trouvés.
Que de cals, que de phalanges !
L’arbre, entre les cuisses, lacère langues et tendons.

Jacques Izoard

 

 

 

Les yeux restés dans un arrêt en gare

un seul écho au radar

je n’ai eu dans mon insomnie que la certitude de ta présence

autre chose

qu’un clin d’oeil émoticone.

 

Niala-Loisobleu – 25/02/19