LA PETITE MER


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LA PETITE MER

 

Dans le goudron qui calfate

et le bois qui frémit d’avance

la souplesse de tes reins est le voile que j’affale

la cuisse ronde de tes plats-bords

vigoureuse et tauromachique soulève l’embrun mieux que l’évent qui propulse

surtout seins en proue

normande et vie king

le poil barbare au front de la corne du casque où le mont flèche

la ceinture du nombril bouclier

m’y voici

à cette craie d’Iroise

et j’y taille

de Caux

un Capitaine dans le sifflement des cormorans en ronde passé la porte ouverte par la marée – cheval tirant le goémon à mi-ventre

quand le bocage, bretelle tombée, apparaîtra la cabane éventrée lâchera ses laitières cigognes comme une rencontre confluente de mon marais touché à vol d’oiseau. Nous aurons le Char à bans attelé d’un lointain ibère en passe de nouveau printemps. Vas et porte petite mère jusqu’en la pierre aïeule.

 

Niala-Loisobleu – 21/02/19

 

D’UNE REMONTEE


FANES 014

D’UNE REMONTEE

 

Le rire de l’eau dans son tumulte courant

pas en corps de feuilles

il fait complètement nu

que le soleil passe facilement au travers

une seule  vérité dans chaque pore

j’écris des Campagnes dans la m’aime Epoque que la tienne

je ne te mords pas

mais remora je te ventouse pilote

C’est quand est-ce que le printemps de la rimaille se tait pour que la nature choisisse de sortir d’une poésie de marchand pour ouvrir sa pochette surprise, nous n’avons pas à vernir le luth mais à lutter pour la vie sauve, la guerre médaille de bronze hélas universelle. Mais l’homme trouve sans le savoir un sens surhumain  dans sa destruction. Il y a dans le sens le moins élevé un degré de vérité extrêmement élevé auquel s’arrêter à du bon

laisse sonder pour trouver la racine et la lumière.

Niala-Loisobleu – 21/02/19

 

BRONZE


006

BRONZE

 

Premiers bourgeons  toi l’aime ri te voici

au tapis plus debout qu’une clématite à qui on vient de filer son arrosée matinale

prise de sang

coiffeur

posent médicales

au revers d’une pâle contrefaçon de bonheur du jour

la bourre de cheval

approche que je tant semailles

 

Niala-Loisobleu – 21/02/19

 

Guerre gagnée
Mémoires honorées
Lion de pierre
De bronze
Au milieu des parcs l’été
Au milieu des parcs l’hiver

Au milieu des parcs

Trônent
Aigles aux ailes déployées
Ennemis terrassés
Passe une famille
Passe
S’éloigne
Puis disparaît
Dans le fond
Un pauvre sans nom
S’allège d’un sac
Pour fumer à l’aise
Remonte son froc
Son tabac a le goût du fer
Du fer croisé
Du tabac trouvé par terre
Glané
Fume en l’honneur de l’amitié
Remonte son froc
Fume à la nuit à venir
A où dormir
Guerre gagnée
Mémoires honorées
Lion de pierre
De bronze
Au milieu des parcs l’été
Des parcs l’hiver
Au milieu des parcs
Contre toute chose animée
Inanimée
Un souffle
Guerre gagnée
Mémoires honorées
Lion de pierre

Bertrand Belin