J’AI VU SES YEUX – JACQUES BERTIN


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J’AI VU SES YEUX – JACQUES BERTIN

 

j’ai vu ses yeux
Un bel étang de femme-saule perdue dans un espace étrange
Le songe lointain des contrées et ses lèvres d’oiseau mouillées
Si bien que du bout de mes doigts j’aurais voulu les essuyer

Comme au matin, une fontaine, son sourire d’enfant comblé
Plus clair que l’infante Isabelle et plus vif qu’un jet d’hirondelles
Que l’oriflamme du matin et le miroir d’une sirène
Le page blond du printemps et l’alauda des mutinés

Est-il permis d’être aussi blonde à en rendre jaloux les blés
De Beauce et de Brie rassemblés au bord du chemin de sa course ?
Et je les entends murmurer que Dieu les a abandonnés
Et moi, Dieu je lui en sais gré pour la beauté qu’il m’a donnée

Vivace comme un fil de anche si le vent lui a ordonné
Ou si le vent l’a ordonné à la tendresse abandonnée
Comme un bouquet d’herbes de rives, humide et tiède sans parler
Humide qui me rend humide, les yeux entre rire et pleurer

Et sa joie à pleines dents blanches c’est Chartres au matin ressuscitée
Naïve et farouche Gavroche, ma farouche avec le menton
Ma naïve avec ses fredaines, ma fleur de neige et d’eau
Mon clown-enfant, ma barbouillée, ma korrigane libérée
Ma blonde enfant, ma tant aimée

Je vais apprendre à me taire, je vais apprendre à écouter
Passer le vent entre ses lèvres et je vais devenir léger
Je vais devenir léger
Et puis de laiteuses tendresses, je vais apprendre à calmer ces craintes d’enfant effrayé
Qui a peur du noir et appelle. Et je vais devenir berger

 

DERNIERES COULEURS AVANT DE METTRE L’ATELIER AU LIT


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DERNIERES COULEURS

AVANT DE METTRE L’ATELIER AU LIT

 

D’ocres-verts et de jaunes-bistres coulent des formes que ta peau suscite

spalter tous poils dehors

au réceptacle rouge du feu de briques à joints blanc faisant four à cuire à la grande pelle

des coquelicots gardés dans l’état de leur blé tiennent l’ondulation droit dans les hanches

le regard au pivot des tournesols voisins – un cheval présent dans le sillon – au loin un clocher sonne

la voix lève à ses cordes cet appareillage

par ce mouvement rond qui balance en piqué

pendant que de la brèche que l’araire avance aux oiseaux marins monte le troublant parfum d’humus de cette terre ouverte à la pluie

à quai

relevé sur ses jambes le pilotis supporte le ciel , celui qui fait sa voûte à part du bruit, une respectueuse et totale présence corps à corps du silence à pleine bouche.

 

Niala-Loisobleu – 10/02/19

Avant que s’atteindre long et le large


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Avant que s’atteindre

long et le large

Rien en vue mis à part

les voiles obscurantistes

les étocs d’épaves

bancs de sables

otaries empaillées

boîtes de soupes à la baleine et ailes de requins

emballages d’eaux minées râles et plats jetables

tires-lyres

décor d’une île pour un long métrage Di Cappricio

tite  Annick gonflable

un pique Pucket

des longs manteaux d’exhibitionnistes

capotes érectiles

couches-culottes

tampons périodiques

pompes funèbres portatives usagées

glaires de not’air

algues vertes

………..

 

 

 

Ah

vider l’amer

le premier qui s’y colle aura une salle d’eh ben toute propre…

Niala-Loisobleu – 10/02/19

JE M’ADRESSE A TOI 


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JE M’ADRESSE A TOI

 

Ils nous avaient mis en à vie de tempête

ainsi se montre le seul édit fraternel

Tant pis je ne  veux garder de mes parents qu’une sincérité charnelle

au tribunal du monde l’impartialité n’existe pas

c’est moi qui choisis la couleur de mon bateau ainsi que le nom de ma barque

La tempête est le signe de vie que la planète vaccine en rappel

cutie demeure comme fenêtre inmurable au bras

Dans les arbres de mon lé la plus canalisable essence, amour c’est toi qui écluse

même en plein désert nous tenons devant nous le chien noir qui aboie pour la mer bleue

et dans la chaleur qui fait danser l’évaporation froide tu volutes d’une odeur si proche de tes pores que je ne marche plus qu’au flair de ta présence

encens permanent moteur du tapis

plein large

d’où tu tournes la couleur d’un ciel uni à la manivelle du chevalet…

Niala-Loisobleu – 10/02/19

FORT VENT


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FORT VENT

 

Autour de l’entrée principale d’insolites présences remuent par moments

à remarquer le gémissement de la barque sur sa chaîne d’appontement

l’oiseau regarde autour de lui avant de poser ses pattes

le dos courbé de l’herbe avise d’ouvrir prudemment les volets.

 

Rentrant j’ai trouvé ton image  loin de la cage des mauvais présages

j’ai souri laissant la chaleur de ta gorge descendre doucement dans la mienne

ce trouble de fort vent je l’ai largué de son amarre le cheval en secouant sa crinière m’a fait comprendre que le plancher tenait bon sur ses jambes

il m’est apparu que la température avait monté.

 

Niala-Loisobleu – 10/02/19