J’IRAIS PISSER SUR VOS RIENS


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(Peinture Willem De Kooning)

J’IRAIS PISSER SUR VOS RIENS

Tirer l’eau claire d’un croupi (espèce de marée cage ambiante)  à l’aide d’un pouvoir réfractaire luttant contre la vessie artificielle en lanterne

et garder à la côte un mouvement respiratoire à base de poumon à soie

si c’est utopique

alors la vie telle que c’est, ça serait purement létal du mensonge ?

Non je me pisserais pas dessus par défaut.

Niala-Loisobleu – 07/02/19

4 réflexions sur “J’IRAIS PISSER SUR VOS RIENS

    • Je ne crains ni l’idée ni la forme Charef, mais le fond surtout celui dans lequel le premier degré nous engloutit. Merci à toi.

      LES ÉCURIES D’AUGIAS

      L’ordre de choses honteux à Paris crève les yeux, défonce les oreilles.

      Chaque nuit, sans doute, dans les quartiers sombres où la circulation cesse quelques heures, l’on peut l’oublier. Mais dès le petit jour il s’impose physiquement par une
      précipitation, un tumulte, un ton si excessif, qu’il ne peut demeurer aucun doute sur sa monstruosité.

      Ces ruées de camions et d’autos, ces quartiers qui ne logent plus personne mais seulement des marchandises ou les dossiers des compagnies qui les transportent, ces rues où le miel de
      la production coule à flots, où il ne s’agit plus jamais d’autre chose, pour nos amis de lycée qui sautèrent à pieds joints de la philosophie et une fois pour toutes
      dans les huiles ou le camembert, cette autre sorte d’hommes qui ne sont connus que par leurs collections, ceux qui se tuent pour avoir été « ruinés », ces gouvernements
      d’affairistes et de marchands, passe encore, si l’on ne nous obligeait pas à y prendre part, si l’on ne nous y maintenait pas de force la tête, si tout cela ne parlait pas si fort, si
      cela n’était pas seul à parler. Hélas, pour comble d’horreur, à Vinlérieur de nous-mêmes, le même ordre sordide parle, parce que nous n’avons pas à notre
      disposition d’autres mots ni d’autres grands mots (ou phrases, c’est-à-dire d’autres idées) que ceux qu’un usage journalier dans ce monde grossier depuis l’éternité
      prostitue. Tout se passe pour nous comme pour des peintres qui n’auraient à leur disposition pour y tremper leurs pinceaux qu’un même immense pot où depuis la nuit des temps tous
      auraient eu à délayer leurs couleurs.

      … Mais déjà d’en avoir pris conscience l’on est à peu près sauvé, et il ne reste plus qu’à se crever d’imitations, de fards, de rubriques, de procédés,
      à arranger des fautes selon les principes du mauvais goût, enfin à tenter de faire apparaître l’idée en filigrane par des ruses d’éclairage au milieu de ce jeu
      épuisant d’abus mutuels. Il ne s’agit pas de nettoyer les écuries d’Augias, mais de les peindre à fresque au moyen de leur propre purin : travail émouvant et qui demande un
      cœur mieux accroché et plus de finesse et de persévérance qu’il n’en fut exigé d’Hercule pour son travail de simple et grossière moralité.

      Francis Ponge

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