LIGNE DE MIRE


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LIGNE DE MIRE

 

 

Après le virage de la rue des questions sur le chemin à suivre

à hauteur de butte se creusent les carrières

les champignonnières s’enfoncent en couches

Mises bout à bout les heures de vols changent la forme de la couleur du présent sans que celle d’hier y soit pour grand-chose. La mode cultive l’artificiel pour se faire bonne conscience vis à vis de son sens rétrograde rien ne change sur le fond si ce n’est un recul qui s’accélère. En écoutant ce que je me tais de prononcer j’arrive à mieux lire. Je m’enrichis par une peinture qui s’appauvrit au contact. Tant de place est donnée à ceux qui s’auto-proclament qu’à moins d’une approche psychomotrice de l’art au mental bétonné, la liste des défenestrés genre Nicolas de Staël serait en forte progression.

 

 

Carte postale

 

Mardi

Bien Cher Nicolas,
Le jour est ici presque comme la nuit
du Parc des Princes, mais le sol et le ciel sont
peu animés !
Je suis dans un drôle d’état.
J’aperçois quelquefois la folie à l’horizon
comme la cime rompue du mont Ventoux.
Ce n’est pas désagréable du tout, mais il faut
y aller…
Là le vent ne vous pousse pas !
Toute ma pensée affectueuse

R. C.

Paris, 26 avril 1952

Très cher René,
Je fais pour toi des petits paysages
des environs de Paris pour t’apporter un peu
de mes ciels d’ici et calmer mon inquiétude
à ton sujet ; ce n’est pas que je croie que cela
puisse t’être efficace, mais cela me rassure
un peu en pensant à toi, des couleurs plein
les mains, à ciel ouvert.
De tout coeur.

Nicolas

Ces deux lettres sont extraites de la Correspondance René Char/ Nicolas de Staël.

 

Au vu de la clientèle qui erre sur WordPress, il est clair qu’à moins de vouloir faire accroire, je ne vois rien qui justifie le non-lu par tous ses likes. Mais ne pas penser qu’on ne gagne qu’à rester modeste est incompatible avec un système fondé sur l’imposture et l’impuissance.

 

Niala-Loisobleu – 2 Février 2019

 

 

Stael_Char

6 réflexions sur “LIGNE DE MIRE

  1. Ratures vaines souvent sur le grand brouillon planétaire…En attendant, mon Alain, toi:

    Ne me laisse pas ignorer où tu seras
    Lis-moi le brouillon planétaire
    Est-ce que je te commis connaissant tes objets
    Les pétales de flamme de ta flamme et de son omphalos

    Ton odeur ton nom ton âge tes commissures

    Par tes capillaires, je bats, les tiges, faisceau de pouls,

    verge
    Ton élégance tes récits tes bas tes couleurs
    Talanguis la rose de quelqu’une le roman
    Tes bijoux tes bleus tes cils la montre
    La proximité est notre dimension
    Tes lobes ta voix tes lèvres tes lettres

    Ne me laisse pas ignorer où tu es
    Le rouleau gris ensable notre baie

    Compléments d’objets , Michel Deguy.

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  2. J’ai l’assise entière et non en tiers sur ta pythie mon cône, celui-là m’aime qui tient le grain au sel de vie.T’arrosant d’huiles essence ciel pour sauvegarder ta puissance fécondante mon omphalos, mécréant fait dévot de ton aussi boire est mauvais pour la santé je m’enivre de ton fumet du matin au seoir ma Barbara.

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