AUX BAVARDS QUI SAVENT RIEN LIRE DE LA POESIE


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AUX BAVARDS QUI SAVENT RIEN LIRE DE LA POESIE

 

 

Du ciel sur la paume

de
Muriel STUCKEL

Illustrations :
Baumel Hélène
(encres)• ISBN : 978-2-35128-116-1

• format : 21 x 15 cm

• pages : 128

• 19 encres d’Hélène Baumel

• préface de Pierre Dhainaut

Prix : 21.00 euros



Poème de la main sur la main, « Du ciel sur la paume » confie la parole de poésie à ce qui permet de la faire advenir sur la page. Du prélude au finale de cette composition en sept mouvements, c’est la main qui dit je, cherchant la note juste pour tracer sa « gestuelle vocale » jusqu’au silence ultime, pressenti.
« Le poème qui se demande quelle est la nécessité de ses mots, de leur origine, de leur trajectoire, le poème du poème, ne s’enferme pas pour autant en lui-même, laissant le lecteur à l’écart. Le nouveau livre de Muriel Stuckel en témoigne, qui nous révèle la mise au monde d’un poème ; elle est celle de l’auteur également, son ardeur est si grande qu’elle se communique, elle devient la nôtre. « Du ciel sur la paume » le rappelle : la poésie est au cœur de nos vies, quels que soient nos actes, ce qui sans cesse les élargit. Nous l’étouffons quand nous lui imposons des limites. Nous comprenons que nous ne serons jamais assez vigilants, généreux, offerts. »
Pierre Dhainaut


Partition paginale

sans pause ni soupir

les mots s’agitent

me brûlent les doigts

flambée de notes

blanches et noires crépitent

dans la substance de la page

partition abyssale

sans pause ni soupir

le poème flambe

gouffre de résonance


Muriel Stuckel est poète, critique, professeur de littérature en khâgne au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg. Outre des articles, des proses, des poèmes en revues, elle collabore à des livres collectifs et à des livres d’artistes. Aux éditions Voix d’encre, elle a publié en 2011 « Eurydice désormais » (peintures de Pierre-Marie Brisson, préface d’Hédi Kaddour) et en 2013 « L’insoupçonnée ou presque » (peintures de Laurent Reynès, préface de Bernard Noël, sélection du Prix Mallarmé 2014).

Hélène Baumel est artiste graveur, plusieurs fois lauréate de prix de gravures, expose très régulièrement en France et à l’étranger. Elle réalise aussi des livres d’artiste avec des poètes contemporains. Aux éditions Voix d’encre, elle a illustré les recueils de Max Alhau, « À la nuit montante », « Du bleu dans la mémoire » et a participé à l’anthologie « Écrire et peindre au-dessus de la nuit des mots ».





Voici quelques extraits d’un article d’Angèle Paoli publié dans la revue EUROPE (n°1046-1047-1048, juin-juillet-août 2016).

« Écrivains et poètes sont convoqués dans ce dernier recueil. Octavio Paz, Samuel Beckett, André Du Bouchet, Valère Novarina, Victor Hugo. Mais aussi Rilke, Paul Claudel, Yves Bonnefoy et Paul Auster. La main est le point de trame qui les réunit dans chacune des citations choisies. Tous sont des points cardinaux qui jalonnent l’écriture poétique de Muriel Stuckel. La poète pose leurs mots comme des étoiles qui guident ses propres interrogations, aspirations et recherches.

(…) Sur la page d’écriture, les mots sont « flocons », insaisissables, vaporeux. La poésie de Muriel Stuckel est aspiration à la légèreté.

(…) Envol des mots, envol des notes, envol des touches et des couleurs, mouvements vifs des masses qui s’extraient,surgissement des trois arbres. Avec, en alternance, des marque-pages-paysages qui ponctuent et traversent l’espace à la verticale. Écho intense des encres avec les mots.

(…) La poète convoite l’exactitude du point, ce moment essentiel et vibrant qui voit surgir le mot, en adéquation avec la pensée. Le rêve de l’aile est sans doute rêve icarien de l’envol, rêve mallarméen vers l’azur mais plus encore ici cet instant de la poésie prise dans le mouvement originel de sa naissance et de son éclosion. La paume de la main rejoint « la paume de l’espace ». La page-poème rejoint la partition musicale. De cette vision exaltée où les mots, plumes et ailes se répondent, s’échangent, se convoitent et se combinent, naît une gestuelle ample.

(…) La traversée poétique du recueil Du ciel sur la paume est riche et multiple. Foisonnante et belle. Il faut prendre le temps de s’approprier cette poésie d’une temporalité autre, imprégnée de symbolisme mallarméen. Muriel Stuckel puise sa force énergisante dans le creusement de l’indicible et son expression majeure dans un lyrisme affirmé et exigeant. Une prise de risque qui n’exclut nullement l’humain. Bien au contraire. L’expérience de la mort guide le poème vers son universalité. Celle d’une émotion contenue qui se partage dans un silence en si mineur. »


On pourra lire la note de lecture d’Olivier Massé, parue dans la revue DIÉRÈSE n° 68, été-automne 2016.

« Noces somptueuses / de la voix secrète / et de l’encre jaillissante ». La création, passage du ciel sur la paume, passage d’un monde muet à l’expression. Dans cet ouvrage de haute tenue, accompagnée des encres d’Hélène Baumel, l’auteure réalise sa création et rend sensible toute création. En effet, parcourant cette centaine de pages, nous assistons, lentement, minutieusement, à toutes les étapes de ce mouvement, de ce passage vers une autre existence. Mieux, nous les vivons, immergés dans un rythme dont l’on perçoit bien la respiration, grâce aux distiques et monostyches, souvent les pentamètres ou hexamètres de l’inspiration ou de l’expiration pudique, se saisissant elle-même. Ainsi, du néant à la lumière, tous les degrés les plus subtils affleurent, se manifestent, passent. Confiants en la maîtrise de la poétesse, tout en partageant sa prudence, nous saisissons « ces signes de l’insignifiance » comme une occasion exceptionnelle dans leur processus le plus subtil, « Spirales de l’obscur / ces parcelles de mots / que j’arrache / à la torture blanche de l’invisible // juste avant la pensée / et son risque d’embrasement ». Chaque page est ainsi pour son lecteur source de respiration, de méditation, de plongée. Car il s’agit de l’intime, du périlleux, de l’être fragmenté ou à peine visible, risquant l’erreur, l’emballement où il faudrait disparaître d’une autre manière, « se perdre s’abolir / se taire ». À la jonction de plusieurs mondes, enfin, « le poème s’échappe », et l’on poursuit, sans relâcher sa vigilance, en célébrant une joie fondamentale, celle de la beauté, de l’intuition dans son sens le plus réel, le plus secret aussi. L’on termine par cette célébration de la poésie, du ciel sur la paume, images simples et sensibles, reprises avec conviction, achevant la création avec valeur d’un « masque mortuaire ». Un dernier hommage, fait d’émotion et de grandeur, également, à Mizzi, l’amie musicienne disparue.


La note de lecture de Alain Fabre-Catalan, parue dans la « Revue Alsatienne de Littérature » n° 128, 2ème semestre 2017.


La note de lecture de Marilyne Bertoncini, parue sur le site recours au poème :

>http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/muriel-stuckel-du-ciel-sur-la-paume/marilyne-bertoncini]


La note de lecture de Sabine Huynh, parue sur le site terre à ciel :

https://www.terreaciel.net/Lus-un-jour-aimes-pour-toujours-9-par-Sabine-Huynh#.WW8sKhzvMcM


Une évocation par Fabio Scotto de « Du ciel sur la paume » dans son article « Qualche riflessione sulla poesia francese della mia generazione » sur le site de « Italian Poetry » :

http://www.italian-poetry.org/2018/02/poesia-francese-della-generazione-nata-tra-1940-e-1970/


Une lecture de Jacques Estager dans la revue « Les Carnets d’Eucharis » ( 2018) : « Pour les livres de Muriel Stuckel »



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12 réflexions sur “AUX BAVARDS QUI SAVENT RIEN LIRE DE LA POESIE

  1. En l’occurrence, ce que je peux constater sur mon blog est davantage une envie de se montrer à tout prix qu’un goût réel pour la poésie, ou alors le plus souvent restée à l’état scolaire…Ecole qui ferait bien de réapprendre que tout ne se vaut pas…
    Merci mon Alain…

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  2. Raison pour laquelle j’ai publié cet article, car il y a suffisamment de sites pour bavarder alors qu’on ne vienne pas se faire voir ici uniquement pour ça.
    Rien c’est rien, la poésie c’est TOUT, qu’on l’apprenne ou que l’on s’abstienne.

    Merci pour ce reblog utile, lui, ma Barbara.

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  3. « Cette émotion appelée poésie » (Pierre Reverdy)
    MICHEL COLLOT
    Reverdy est un des poètes qui a le plus fortement et le plus constamment lié la poésie à l’émotion, au point de les identifier l’une à l’autre dans le titre d’un de ses textes théoriques les plus célèbres, que j’ai choisi de reprendre à mon compte. Mais en même temps, il s’est toujours attaché à distinguer soigneusement « cette émotion appelée poésie » de celles que tout un chacun peut éprouver dans le cours de son existence. La poésie, à ses yeux, ne saurait se borner à exprimer ces dernières : elle vise à les transformer en « une émotion neuve et proprement poétique », de type esthétique et non plus psychologique : « Si l’œuvre produit alors une émotion, c’est une émotion purement artistique et non pas du même ordre que celle qui nous agite si un accident violent survient dans la rue sous nos yeux. »

    L’émotion poétique s’oppose donc à tout pathétique. Pourtant, la poésie de Reverdy semble bien faire place aux incidents et aux accidents de la rue ou de la vie, et à l’expression des affects parfois violents qui s’emparent de nos cœurs et de nos corps. Témoins ces vers qui terminent un poème des Ardoises du toit :

    À cause de la peur on referme la porte
    Cette émotion était trop forte
    La lueur qui baisse et remonte
    On dirait un sein qui bat4
    Je m’interrogerai sur cette apparente contradiction entre la théorie et la pratique de Reverdy, en m’appuyant sur sa conception du lyrisme, et en proposant une redéfinition de l’émotion poétique, qui tienne compte à la fois de sa différence et de sa dépendance vis-à-vis de l’expérience émotionnelle.

    Une émotion pure
    Depuis son premier essai consacré à « L’Émotion », qui remonte à 1917, jusqu’à la causerie radiophonique qui donne son titre à ma communication, et qui date de 1950, Reverdy semble avoir eu pour principal souci de se démarquer à la fois du romantisme qui fait de la poésie l’expression des sentiments personnels, et du naturalisme qui tire des effets pathétiques du spectacle de la vie sociale.

    Le propre de la modernité littéraire et artistique, dont Reverdy a été l’un des premiers et des plus brillants théoriciens, est d’accorder moins d’importance aux sujets qu’aux moyens d’expression. Le but de l’écrivain et de l’artiste moderne, est à ses yeux, « de créer, par une œuvre esthétique faite de ses propres moyens, une émotion particulière que les choses de la nature, à leur place, ne sont pas en mesure de provoquer en l’homme » :

    En effet, si les spectacles de la nature étaient capables de vous procurer cette émotion-là, vous n’iriez pas dans les musées, ni au concert, ni au théâtre, et vous ne liriez pas de livres. Vous resteriez où et comme vous êtes, dans la vie, dans la nature. Ce que vous allez chercher au théâtre, au musée, au concert et dans les livres, c’est une émotion que vous ne pouvez trouver que là — non pas une de ces émotions sans nombre, agréables ou pénibles, que vous dispense la vie, mais une émotion que l’art seul peut vous donner.
    6Plus que tout autre genre littéraire, la poésie doit « se dégager » des « sentiments » liés aux événements banals ou extraordinaires, dont le roman tire ses effets. Les « sentiments » du poète eux-mêmes ne sont que des « éléments » parmi d’autres de la création poétique, qui doivent être soumis à une élaboration artistique qui les met en forme et les transforme profondément. C’est à ce prix que l’on peut créer l’émotion, au lieu de se borner à l’exprimer :

    Il est faux de vouloir que l’émotion d’où l’œuvre est née soit identique à celle que l’œuvre fera naître à son tour. – L’une est un point de départ l’autre un résultat. […]

    Un artiste emploie, comme élément pur, le résultat d’une émotion née en lui ; pour tout autre l’art consiste à expliquer une émotion ressentie afin de la faire partager à autrui.

    De là ne peut sortir rien de neuf. C’est une représentation […]. – C’est un délayage inutile et vain, au lieu d’une création par concentration.
    L’émotion véritablement poétique, au sens étymologique du mot poiesis, suppose une authentique création, qui l’arrache à la sphère des affects passivement vécus, celle des Erlebnisse, pour la faire accéder à l’ordre de l’expression consciente et active, celle l’Erfahrung :

    La poésie n’est pas dans l’émotion qui nous étreint dans quelque circonstance donnée – car elle n’est pas une passion. Elle est même le contraire d’une passion. Elle est un acte. Elle n’est pas subie, elle est agie. Elle peut être dans l’expression particulière suscitée par une passion, une fois fixée dans l’œuvre qu’on appelle un poème et seulement dans l’émotion que cette œuvre pourra, à son tour, provoquer. […] Elle est un fait nouveau, certainement relié aux circonstances qui peuvent émouvoir le poète dans la nature, mais ce n’est que formé par les moyens dont dispose le poète que ce fait, chargé de poésie, viendra prendre la place qui lui revient dans la réalité.
    Les émotions éprouvées au cours de la vie ne sont qu’une matière première, que le poète doit refondre pour produire un effet entièrement nouveau, « toute émotion, pour être exprimée, doit être transformée » : « Il faut se garder de l’expression directe d’une émotion, d’un sentiment vécus. Il faut tout encaisser, tout recevoir, bien et mal, bon et mauvais – mettre à la fonte toute cette ferraille et, le jour où le besoin d’exprimer le fond est venu, ressortir un métal tout neuf, méconnaissable […]. »

    Cette transformation du matériau affectif s’apparente à une transmutation alchimique :

    Car le poète est un four à brûler le réel.
    De toutes les émotions brutes qu’il reçoit, il sort parfois un léger diamant d’une eau et d’un éclat incomparables. Voilà toute une vie comprimée dans quelques images et quelques phrases.
    Hostile à toute effusion sentimentale, Reverdy insiste sur le travail de condensation que suppose l’opération poétique :

    Aujourd’hui la puissance lyrique ne saurait se passer de concentration.
    Il ne s’agit pas d’exploiter une émotion initiale et de la délayer, mais, au contraire, de réaliser dans l’œuvre un faisceau d’émotions natives directement issues du fonds intime du poète et de livrer à l’esprit du lecteur cette force concentrée capable de provoquer en lui une émotion forte et d’alimenter une riche efflorescence de sentiments esthétiques.
    11Reverdy a une conception essentiellement dynamique et dialectique de l’émotion, qui est étymologiquement liée au mouvement ; elle donne au poète « l’élan nécessaire à sa création », mais elle doit disparaître comme telle pour renaître différente dans l’œuvre : « Ce n’est pas au départ que l’on peut juger la valeur poétique d’une émotion, mais à l’arrivée – quand elle a abouti à l’œuvre, alors que l’émotion primitive est, elle-même, annulée. »

    Il s’agit moins en fait d’une disparition que d’une épuration : « plus [l’]œuvre sera loin de [l’]émotion » initiale, écrit Reverdy, « plus elle en sera la transformation méconnaissable et plus elle aura atteint le plan où elle était […] destinée à s’épanouir et vivre, ce plan d’émotion libérée où se transfigure, s’illumine et s’épure l’opaque et lourde réalité ». Cette catharsis ou cette sublimation de l’émotion se confond pour Reverdy avec la poésie elle-même, qui a le pouvoir d’inverser le signe de l’affect qui lui a donné naissance, en tirant une jouissance esthétique des pires souffrances :

    Et ce passage de l’émotion brute, confusément sensible ou morale, au plan esthétique où, sans rien perdre de sa valeur humaine, s’élevant à l’échelle, elle s’allège de son poids de terre et de chair, s’épure et se libère de telle sorte qu’elle devient, de souffrance pesante du cœur, jouissance ineffable d’esprit, c’est ça la poésie.
    Cette purification, qui nous fait passer des affres du cœur au plaisir de l’esprit, n’est pas exempte de résonances spiritualistes, mais elle reste essentiellement, aux yeux de Reverdy, un effet de l’art, d’un art pur de toute référence et de toute influence, « où la conception domine l’imitation », et qui, tel le cubisme, « dépouill[e] l’objet de sa valeur sentimentale » pour produire une « émotion esthétique » « où le cœur n’a nul besoin d’être engagé ».

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          • Tous les jours tous les jours on fait croire aux mômes que leurs émotions sont de l’art…C’est terrifiant…Je travaille beaucoup contre cela dans l’atelier poésie et je me souviens que récemment un grand débat s’est engagé quand j’ai donné le vers de Guillevic: Viens sur le champ te consacrer caillou… Le premier réflexe des mômes étant: « c’est nul »..Il a fallu beaucoup beaucoup d’interventions de ma part pour qu’ils évoluent du jugement premier à la perplexité puis à l’acceptation puis à l’émotion réelle…

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  4. On porte l’émotion naturellement en soi. Notre société le redoutant plus que tout surveille toute source d’enseignement qui y accède par l’utilisation des véhicules y conduisant. Le pouvoir redoute l’émotion. Et il i a réussi depuis très longtemps à déstructurer l’enfant en le conduisant là où la violence sous toutes ses formes à une emprise sur lui. L’homme est anéanti en tant qu’humain, devenu un produit il n’a plus aucune direction responsable dans l’élevage et dans sa propre existence. Ce plus qu’un produit à son tour qui subit la loi du marché. Alors ton travail est assimilable à celui de soignant…une lutte inégale qui appelle un mental exceptionnel ….
    Je sais ta lutte et la soutiens..

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  5. je veux croire que c’est possible.Dans l’atelier plus qu’en classe. C’est pour cela que je le reconduirais pour sa 20ème année cet atelier (Bénévole puisqu’il me coûte davantage que les 150 euros que l’on me donne en fin d’année)…mais des quelques 350 mômes passés par-là, beaucoup devenus adultes lisent de la poésie et la liront durablement…Et puis j’y ai mêlé très souvent le peint, très très souvent…Alors oui, il le faut. Peut-être que ceux-là écouteront en silence profond…

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